Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 20:09

J'ai pu lire ce roman en patenariat avec les matchs de la rentrée de PriceMinister. Je les remercie donc.

J'avais beaucoup aimé la plume de Sofi Oksanen dans Purge, j'ai voulu me relancer dans un livre de cette auteure. Mais cette fois-ci, le bilan est assez mitigé... 

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51riaUMHE1L._SL500_AA300_.jpgDans les années 70, Katariina, une Estonienne, rencontre un jeune Finalandais, se marie avec lui et part vivre avec dans son pays. La jeune femme quitte alors sa famille et cache alors à tout le monde ses origines afin d'être acceptée, afin de taire les peurs et les souffrances vécues sous l'ère soviétique.

Plus tard, elle interdira à sa fille, Anna, de parler à qui que ce soit de ses origines Estoniennes, mais aussi à parler cette langue. Katarrina impose également à sa fille de se comporter comme "une vraie finlandaise". Mais ceci provoque un profond malaise en elle. Elle devient alors boulimique et anorexique, condamnée à compter les kilos, les calories, et à trouver les moyens les plus judicieux pour se faire vomir. Elle cherche alors à comprendre son passé, à comprendre ce qui a provoqué ce malaise.

 

On retrouve dans ce roman beaucoup de récurences avec Purge. Ce sont tous les deux des romans à la lecture difficile, marqués par l'histoire de l'Estonie et entrecoupés de flash back incessants. Et encore une fois, je me demande vraiment comment vous parler de ce livre, que dire de ce livre quasiment autobiographique.

 

Anna raconte son histoire à la première personne du singulier, mais utilise parfois aussi la troisième personne. Pour comprendre son passé, elle a recours à des flash-back qui nous aident à comprendre son histoire, ce qu'elle a vécu. Et puis, on apprend également l'histoire de sa mère, Katariina, qui est écrite à la troisième personne du singulier. On apprend également l'histoire de leur famille sous l'occupation soviétique, les dénonciations, la jalousie des autres familles...

Il n'est donc pas toujours facile de se repérer dans cet ensemble de personnages, de savoir de qui il est question dans telle ou telle partie du livre. Et puis, je dois l'avouer, ces flash back m'ont parfois vraiment agacée, et j'estime que certains n'étaient pas focément nécessaires à la compréhension de l'histoire... Au contraire même! Rien n'est linéaire. On passe des souvenirs de Katariina enfant, puis d'Anna enfant, puis de Katariina jeune mariée... Et puis, en plus de ces nombreux flash back, il y a aussi beaucoup, beaucoup de longueurs, de répétitions...

 

Cependant, l'histoire d'Anna m'a particulièrement touchée, intéressée parce qu'à certains moments je me suis reconnue en elle, lorsqu'elle raconte cette enfance envolée si vite, l'ingratitude des autres enfants... Et puis, j'ai été touchée par cette maladie atroce, qui cause beaucoup de mal. 

Lorsque l'auteure parle de la boulimaxerie (mélange de boulimie et d'anorexie), on ne peut douter de ses propos tant tout semble avoir été vécu, tant tout est bien décrit... On ne lit pas ceci avec légerté... Non, les propos de l'auteure sont durs, choquants, troublants, poignants aussi... Je dirais que c'est en partie pour cela que j'ai choisi ce livre. Parce que j'aime énormément la plume de cette auteure... Directe, tourturée, parfois aussi poétique.

 

 

En bref

J'ai été impressionnée par l'histoire d'Annna, par les ravages de sa maladie. Et je pourrais même dire que j'ai apprécié son histoire même si elle est douloureuse, triste, dure, ... Mais pour moi, ce roman a été réellement difficile à lire. Il reste cependant  intéressant puisqu'il raconte un pan de l'histoire qui n'est pas vraiment connu (enfin pour ma part!).

 

 

"Je voulais manger les tartines qu'il me préparait pour le matin et faire des baisers salés qui avaient un goût de mer et d'amour. Mais je ne voulais pas entendre ces éternelles questions, encore et toujours, elles venaient immanquablement rompre le charme, et après chaque vague de questions j'avais besoin d'assez de pain de mie et de marmelade pour trouver la force de retourner chez Hukka, d'assez de frites à la mayonnaise pour venir à bout de l'oppression dans ma poitrine, la dissourdre dans la crème fraiche."

 

 

Editions Stock (la Cosmopolite), 2011, 513 pages


 


 

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Par Marion - Publié dans : Rentrée littéraire 2011 - Communauté : A nous les livres!
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