Rentrée littéraire 2011

Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 17:49

Il y a quelque temps, Noukette proposait un superbe avis sur Enola game. Alors forcément, quand elle a décidé d’en faire un livre voyageur, je n’ai pas su résister. D’autant plus que la plupart des chroniques que j’ai pu lire sur la blogosphère donnaient des avis très positifs, voire même élogieux. Bref, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman.

 

http://www.chaplum.com/wp-content/uploads/2012/02/enola_game.pngAprès une catastrophe non énoncée clairement (Accident nucléaire ? Guerre mondiale ? Conflit civil ?), une petite fille de quatre ans et sa mère vivent recluses dans leur maison. Pour elles, il est impossible d’en sortir : des « cosmonautes » armés de mitraillettes sillonnent leur rue à bord de tanks en leur dictant de ne prendre l’air sous aucun prétexte. Régulièrement, ceux-ci  leur distribuent des vivres : nourriture et eau. A l’intérieur, c’est le néant : pas d’eau, pas d’électricité et bien sûr, il n’y a aucun moyen de communiquer avec le monde extérieur. Ce manque d’information est d’autant plus dur que la mère n’a aucune nouvelle de sa fille ainée et de son compagnon. Alors, il faut s’occuper car les journées sont longues. Mais surtout, la mère ne doit pas perdre la face devant sa petite fille, elle ne doit pas s’effondrer. Elle fait alors tout comme si « Enola Game » ou la « grande lumière » - manière dont la mère et la fille surnomme cet évènement - n’était qu’un jeu passager…

 

En ce moment, j’ai peu de temps pour moi, et notamment peu de temps pour lire, car mes partiels arrivent à grand pas. Mais aujourd’hui, j’avais besoin d’une petite pause. J’ai commencé à lire doucement ce livre, et ce, jusqu’à ne plus pouvoir en sortir. Car, oui, ce huit-clos est vraiment prenant. En fait, il prend à la gorge, il nous happe très profondément, nous entraîne dans une atmosphère angoissante, pesante. Et je pense que si ce récit m’a autant emportée, c’est parce qu’on ne sait pas vraiment quel genre de catastrophe la mère et la petite ont vécu. Et puis, la petite n’a que quatre ans et cela m’a, en fait, profondément bouleversée. Il lui reste tant de chose à découvrir, sa santé semble plus ou moins fragile, et finalement, je me suis surtout préoccupée du sort de l’enfant.

 

La mère, elle, est d’un courage infini, malgré ce qu’elle semble en penser. Elle s’efforce de tout faire pour rendre leur quotidien supportable, agréable même. Elle fait preuve d’énormément d’imagination pour que la petite ne manque de rien, ne s’ennuie pas. Pour cela, elle lui livre des souvenirs d’enfance, des souvenirs agréables qui semblent revenir comme des madeleines de Proust. Elle lui construit des tentes imaginaires, célèbre les quatre ans de la petite malgré la pénurie qui semble inévitable. La mère écrit aussi des histoires à la petite, elle qui n’avait jamais pris le temps d’écrire auparavant. Elle joue avec l’enfant à des jeux qu’elle-même n’a jamais aimés. Elle prend le temps de relire les livres qui l’ont profondément marquée, ces « éditions de poche tellement usées qu’elles ont une douceur veloutée ».

 

C’est également un récit qui offre une grande réflexion sur notre monde actuel : l’être humain ne semble prendre le temps de rien. Celui-ci ne semble pas se rendre vraiment compte de ce qui importe vraiment. La société de consommation nous incite à penser que ce que nous possédons crée notre bonheur, mais ceci n’est qu’illusoire. On voit également que notre vie est bien fragile, et que semble être suspendu à un fil invisible et qu’à tout moment tout peu basculer. Finalement, comme Christel Diehl le dit si bien, « que reste-t-il quand il ne reste rien ? ».

 

Et puis, l’histoire est d’autant plus belle parce que l’écriture de l’auteur est simplement fascinante. Chaque mot est pesé, choisi. Sa plume est très poétique, pleine de douceur, mais elle reste cependant assez hachée. L’auteure a un réel talent d’écriture, et son premier roman est une petite merveille.

 

Les avis de: Cajou, Stéphie, Clara, Noukette, ...

 

En bref

Une lecture poignante, émouvante, mais aussi pleine d’espoir dont on ne ressort pas indemne. l’écriture de l’auteure est juste sublime. Enola game est un roman à découvrir !

 

 

« Depuis quelques jours, des avions passent au-dessus de leurs têtes et font trembler les vitres. Des explosions retentissent. La mère évoque des feux d'artifice. La petite dit : ça dure longtemps, le Carnaval, cette année. »

 

 

Editions dialogues, 114 pages, 2012

Par Marion - Publié dans : Rentrée littéraire 2011 - Communauté : Membres de Livraddict
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Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 15:56

J'ai déjà montré mon enthousiasme face aux romans de cet auteurs. Alors bien sûr, il aura suffi d'un petit tour en ville entre copine, un jour de grand soleil, pour m'emparer de ce livre qui était surperbement mis en valeur. Une fois encore, l'auteur a su me transporter.

 

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782221122891.jpgEn 1943, la famille Carver fuient la guerre et emménagent dans un petit village au bord de la mer. Mais le jeune protagoniste, Max, n'est que très peu enchanté par cette nouvelle vie qui so'ffre à lui. Il va devoir quitter ses amis et l'une de ses craintes est de ne pas s'en refaire de si-tôt. Mais quelques jours après seulement, Max rencontre Roland, un jeune garçon à peine plus âgé que lui qui lui propose une petite visite du village en vélo. Ils se voient de plus en plus souvent.

La soeur de Max, Alicia,  quant à elle, semble tellement triste, que son petit frère lui propose de se joindre à eux. Très vite, tous les trois se lient d'amitier. 

Mais très vite, ils vont également découvrir que d'inquiétants évènements se succède. Leur nouvelle maison semble hantée. Puis, ils apprendront l'existence d'un certain Caïn, surnommé le Prince de la brume. Leur nouvelle vie ne sera pas si paisible qu'elle le semblait...

 

 

 

Hé bien, je dois dire qu'encore une fois, Carlos Ruiz Zafon a été à la hauteur de mes attentes! Il a su m'enchanter, m'emporter même dans son univers, un univers qui n'appartient qu'à lui seul. 

On reconnait tout de suite sa plume, son style et pourtant, Le prince de la brume est le premier roman de l'auteur. On entre dans une atmosphère angoissante, intriguante, troublante voire même flippante. Hé oui, encore une fois certains passages m'ont totalement effrayée, surtout les soirs où j'étais seule! Tout le long de ma lecture, j'ai été absordée par cette ambiance. Le suspens est à son comble tout le long du roman et les pages se sont tournées à grande vitesse. Malgré tout, j'ai trouvé que certaines parties de l'histoire étaient un peu prévisibles, mais ceci reste malgré tout un détail. 

Même si c'est un livre court, j'ai pris le temps de m'attacher aux personnages, à leur trait de caractère. On les voit se préciser, évoluer, prendre un chemin, entamer une nouvelle histoire et du coup, il peut être assez facile de s'identifier à eux. On peut comprendre les epreuves qu'ils vivent comme un déménagement, les premiers sentiments amoureux, la jalousie d'un frère, l'angoisse à la suite d'un accident... 

La plume de l'auteur est fluide, les mots sont simples mais bien choisis, comme à son habitude. L'écriture est enivrante, poétique parfois aussi, mais sans fioritures... Il y a quelques descriptions des lieux, qui permettent de remettre en contexte l'environnement des personnages, mais celles-ci sont concises et brèves. Quant aux personnages, on se contente d'une description brève qui concerne plutôt la psychologie de ceux-ci. C'est vraiment un livre sans longueur, qui va droit au but. 

 

Ce livre a été lu dans le cadre d'une lecture commune sur Livraddict

Les avis des participants de cette LC: Luna, Pomm, Mia, Lisalor

 

 

En bref

Carloz Ruiz Zafon a, de nouveau, réussi à m'emener dans un univers lointain, intriguant et imaginaire. Il s'agit là d'un livre prenant à l'écriture prometteuse. J'ai hâte de découvrir la suite!    

 

 

"Max avait lu un jour dans un des livres de son père que certaines images de l'enfance restent gravées dans l'album de l'esprit comme des photographies, comme des scènes auxquelles, quel que soit le temps écoulé, on revient toujours et que l'on oublie jamais. Max comprit le sens de cette affirmation la première fois qu'il vit la mer."

 

 

Robert Laffont, 2010 pages, 2012

Par Marion - Publié dans : Rentrée littéraire 2011 - Communauté : Livres
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Mercredi 21 mars 2012 3 21 /03 /Mars /2012 20:35

Cette bande dessinée me faisait de l'oeil depuis un petit moment et là, ho joie, elle était disponible (ou presque, j'ai dû la commandée)... Encore une fois, c'est une lecture très agréable, que j'ai beaucoup apprécié.

 

http://www.sceneario.com/Couverture_bd_9782203026131F1_POLINA.jpgPolina Oulinov est une jeune russe. Elle débute la danse classique très tôt et souhaite faire de la danse son métier. A six ans, elle passe donc une audition avec Monsieur Bojinsky, un professeur de danse très exigent et très stricte, dans uen école prestigieuse. Ayant remarqué son don pour la danse, il la prend sous son aile et il décide de donner à la jeune fille une place de solliste dans une interprétation qu'il a créé. Polina se retrouve alors coupée de ses amis. Mais quelques années plus tard, elle décidera de suivre des cours au Théâtre tout en continueant à suivre des cours particulier avec le professeur Bojinsky. Et puis, en grandissant, Polina aura envie de prendre le large.Elle part donc avec des amis et son petit ami dans un troupe indépendante menée par un metteur en scène réputé. Après une blessure assez importante à la cheville et après avoir rompu avec son petit ami, Polina, perdue, part à Berlin... Ici, elle connaitra une nouvelle vie et arrivera enfin à arriver à son but ultime...  

 

 

Cette bande dessinée m'a happée... J'ai aimé me plonger dans cet univers. J'ai englouti les 200 et quelques pages très vite... J'ai d'ailleurs eu parfois du mal à lâcher cette BD... Bref, j'ai passé un agréable moment avec cette lecture, mais elle ne sera pas, pour autant, un coup de coeur. Je crois que ce monde est peut-être tout simplement un peu trop éloigné du mien. Et puis, la danse n'est pas vraiment un milieux qui m'attire non plus... 

Malgré tout, l'histoire en elle-même m'a beaucoup intéressée. En effet, le lecteur a l'occasion de suivre l'évolution de Polina et ce, dès son plus jeune âge. On peut ainsi voir une certaine évolution dans le comportement de la danseuse: une certaine affirmation, une certaine détermination, elle se cherche,... On voit à quel point la danse tient un place importante dans la vie de la jeune fille, à quel point elle travaille dur pour y arriver... 

Les dessins, quant à eux, sont assez minimalistes. Tous sont entièrement noirs, gris et blancs, sans beaucoup de détails, de finesse. Ceci aurait pu me déplaire, mais cette BD et notamment les dessins dans lesquels Polina danse sont fabuleux. J'ai trouvé une réelle grace, beaucoup de sensualité, j'ai eu l'impression d'assister à un balet... 

 

 

En bref

Cette bande dessinée montre à la perfection le portrait d'une jeune danseuse. Le dessin reste le point fort de ce récit... 

 

http://idata.over-blog.com/1/83/30/54/BD-3/polina-05.jpg

 

Logo BD du mercredi de Mango 1

Chez Mango

 

KSTR, 2006 pages, 2012

 

Par Marion - Publié dans : Rentrée littéraire 2011 - Communauté : Livres
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Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 18:29

J’ai eu l’occasion de découvrir la littérature indienne il y a peu de temps avec Mother India et je dois dire que ce bref aperçu m’avait énormément plu. Depuis, quelques roman classés « littérature indienne » dorment dans ma PAL et en sortiront bientôt… Bref, lorsque j’ai découvert que livraddict proposait ce livre dans ses partenariats, j’ai craqué.

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv70196643.jpgLe roman s’ouvre sur l’enterrement de la mère de Ritwik Gosh. Le jeune homme a 24 ans, il vit à Calcutta, et après ce drame familial, il est bien décidé à quitter l’Inde pour découvrir et étudier en Angleterre. Là-bas, il pense trouver une vie meilleure, mais au lieu de cela, il sombre dans une solitude et dans une misère profonde. Il se lance alors dans l’écriture d’un roman, racontant comment Miss Gilby, une lady est venue enseigner l’anglais et les bonnes manières à l’épouse d’un riche notable bengali, Bimala.

Et puis, petit à petit le garçon va devenir clandestin. Il laisse expiré sont visa d’étudiant. Trouver un logement, un emploi, de quoi se nourrir devient chose difficile. Mais grâce à l’une de ses connaissances, Ritwik va trouver logement chez Anne Cameron, une octogénaire qui ne peut plus habiter seule. Il va alors l’aider à réaliser les gestes les plus simples, les gestes quotidiens. Entre eux, une relation un peu étrange et forte va naitre…

Pour survivre, le jeune homme sera contraint de vendre son corps. Il rencontre alors Zafar, un riche homme d’affaire qui va l’entretenir. Mais pourra-t-il accéder à la vie dont il aspire ?

 

J’avoue avoir eu quelques difficultés à rentrer dans l’histoire. En effet, ce roman est plutôt complexe, et je pense que quelques notions historiques m’ont manquées pour comprendre pleinement la totalité du récit. L’indépendance indienne n’est pas quelque chose qu’on étudie à l’école (ou très peu), du coup, certaines notions m’étaient totalement inconnues. J’ai dû faire quelques recherches pour comprendre certains passages. Et puis, je me suis demandé, au début, comment ces deux histoires parallèles vont se rejoindre. Finalement, la réponse n’était pas bien loin.

Et puis, la seconde partie m’a passionnée… J’ai été happée et profondément touchée par l’histoire de Ritwik. En lisant le récit, j’avais envie d’aider ce jeune homme, j’ai éprouvé une très forte compassion. En effet, celui-ci a eu une enfance très complexe. Il a connu la pauvreté, il était entouré d’oncles paresseux qui refusaient de travailler, il a été battu par sa mère pendant plusieurs années… Il va donc tenter de mener une vie différente en Angleterre. Mais il est vite rattrapé par son passé, et le lecteur découvre des scènes de violences atroces causées par sa mère. Celles-ci sont parfois très dures, elles sont parfois difficiles à lire, mais elles semblent tout à fait réelles. Et puis, la seule issue pour le protagoniste c’est de raconter, pour tenter d’oublier…

L’histoire que Ritwik écrit m’a énormément plu. Je crois même qu’elle m’a plus passionnée que la de Ritwik en elle-même. Elle m’a permis de découvrir une Inde telle que je l’imagine, avec ses couleurs, ses mœurs, sa culture, mais aussi avec son histoire. En effet, c’est ici que l’on découvre les révolutions politiques qui ont menées à l’indépendance de l’Inde. Même si ces passages sont complexes, ils m’ont permis d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de ce pays. Le personnage de Miss Gilby est très intéressant. C’est une femme qui n’a pas froid aux yeux. Elle pense que l’indépendance de l’Inde est nécessaire, elle le clame haut et fort, quitte à se faire exclure de chaque club anglais. Bref, c’est une femme qui m’a plu parce qu’elle est forte, fière, et droite.

Enfin, l’écriture de Neel Mukherjee est fluide, et assez complexe. Elle m’a vraiment impressionnée et ce, dès le début. En effet, j’ai pu voir une très forte distinction entre la vie de Ritwik et l’histoire qu’il écrit. Cette distinction est telle qu’on dirait presque que deux personnes ont collaboré pour écrire ce roman. Lorsqu’il est question de l’histoire écrit par Ritwik, la plume se fait plus soutenue, plus poétique que lorsque l’auteur narre la vie de Ritwik. Bref, c’est une écriture qui m’a fait voyager…

 

 

Un grand merci à livraddict ainsi qu’aux éditions JC Lattès pour ce partenariat qui m’a permis de découvrir ce roman passionnant.

 

 

En bref

Ce roman évoque des thèmes durs tels que l’intégration, la misère, la violence, … mais il reste cependant passionnant. A découvrir !

 

 

 

« Les jours de pluie comme celui-ci, la nostalgie l’enveloppe tel un brouillard insidieux, elle se répand partout et il s’y noie jusqu’à perdre tout repère. »

 

 

 

JC Lattès, 424 pages, 2012

 

Par Marion - Publié dans : Rentrée littéraire 2011 - Communauté : Membres de Livraddict
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 10:30

Grande première! Je participe, avec ce roman, à ma première lecture commune avec Moka... (Bon ok vous allez peut-être me dire que j'en ai fait une avec Sarah, mais celle-ci était prévue avant)... Enfin bref... Toujours est-il que l'idée d'une LC me tentait beaucoup et que je suis ravie de pouvoir enfin en faire une! 

 

Depuis que je connais cet auteur, j'ai envie d'en lire toujours plus de lui... Parce que la Délicatesse a été un roman qui m'a complètement marqué, parce c'est un roman que j'ai aimé faire partagé et qui a redonné le gout de la lecture à mon Papa... 

Et puis, j'ai eu l'occasion d'aller à la fête du livre de Saint Etienne avec Sarah et j'ai recontré David Foenkinos avec qui j'ai pu discuter quelques instants et je dois vous dire que c'est quelqu'un de vraiment très sympa. 

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv60829186.gif"Je voulais dire à mon grand père que je l'aimais, mais je n'y suis pas parvenu. J'ai si souvent été en retard sur les mots que j'aurais voulu dire. Je ne pourrais jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l'écrit, maintenant. Je peux le lui dire, là." 

Dans ce roman qu'on pourrait qualifier d'autobiographique, David Foenkinos nous offre une jolie réflexion sur sa famille, sur les épreuves qu'ils ont traversé tous ensemble,... Il dresse alors le portrait d'un père qui n'arrive pas à exprimer son amour, d'une mère dépressive suite à sa retraite, d'une grand mère en maison de retraite, hantée par ses souvenirs, qui finit par s'enfuir à la recherche de son passé. Il dresse également son propre portrait, nous livre ses réflexions sur l'amour, sur cette envie d'écrire qui l'habite... 

 

Très franchement, ce livre est très loin des deux autres livres que j'ai pu lire de l'auteur, parce que c'est un roman moins drôle, moins léger, et je dirais même plus sombre que ceux que j'ai lu précédemment.On ne retrouve pas ces petites notes en bas de pages qui m'ont souvent fait mourir de rire, mais on retrouve cette écriture incroyablement envoutante, incroyablement douce et délicate.

Ce livre malgré tout est un véritable coup de coeur... C'est une petite pépite, un livre qui donne envie de vivre, de dire au gens qui nous entourent à quel point ils comptent pour nous... 

 

David Foenkinos évoque une série de souvenirs qui débute avec la mort de son grand-père... Mais les ces souvenirs, se sont les siens, ceux de ses proches, ceux des personnes qu'il rencontre sur son chemin. On retrouve cette fois ci de très très courts chapitres où l'on retrouve des pensées de Gaudi, de l'homme de la station d'autoroute, de Coppola, ... Et ces petits chapitres constituent parfois une parenthèse de rire dans cette évocation de souvenirs souvent graves, un peu cruels.

 

Dès les premières pages je me suis reconnue dans cette douleur de perdre un être proche, qui plus est son grand-père...  Je me suis aussi retrouvée dans cette évocation de souvenirs plus ou moins bêtes mais qui nous ont tellement amusés, qui nous ont fait tellement rire, tel qu'un spectacle de Guignole... J'ai également reconnu ces questions que l'on se pose lorsque l'on décide d'envoyer un membre de sa famille en maison de retraite... Doit-on garder la maison, est-ce vraiment la solution, à qui convient le mieux cette solution, ... ?

 

D'ailleurs, lorsque Foenkinos évoque la vie dans les maisons de retraites, son ton est tout à fait sinistre, mais il semble tellement vrai... Les menus présentés à la perfection pour tenter de donner envie, la peinture blanche, les horraires strictes, ... Heureusement, et il faut le dire, c'est le plus grand talent de l'auteur, il sait malgré tout mettre quelques pointes d'humour dans tout ce décor morne... Il évoque par exemple un tableau représentant une vache si moche qu'il sait redonner le sourire... Oui c'est farfelu, mais j'adore!  

 

Je me suis attachée à ces personnages, à leurs qualités, à leurs défauts, mais je crois que le personnage le plus touchant est de loin la grand-mère de l'auteur. Cette femme qui vit dans ses souvenirs, qui cherchent à revivre ces derniers instants de bonheur dans cetteécole. Cette femme qui ne souhaite pas partir de chez elle pour aller vivre en maison de retraite parce que ce serait laisser derrière elle trop de bons moments derrière elle...Oui, c'est un personnage qui m'a profondément touchée.

 

Quelques petites choses m'ont néanmoins un peu chagrinée: je me suis demandée tout le long du livre si on pouvait qualifier ce livre d'autobiographique ou de fiction? Je crois que je pencherais plutôt sur la première solution sans en être complètement sûr... Des avis sur la question? Et puis, aujourd'hui, avec le recul, je me rends compte que c'est un roman qui ne m'a laissé beaucoup de souvenir et je trouve que c'est un peu dommage...

 

En bref

L'auteur nous plonge donc dans un univers délicieux, doux, et un peu sombre. L'auteur dispose d'une plume hors du commun. C'est un livre qui se termine avec une fin assez peu prévisible, mais qui donne un peu de baume au coeur... A lire, à relire, à faire partager. 

 

 

"Au coeur de la nuit, Eléonore appuya sur l'interrupteur. Elle voulait voir l'homme qui lui vaait tant manqué. Peut-être allait-elle prononcer des mots de rancoeur ou de douleur? Mais non, elle avait simplement dit: "Mon amour, tu es si beau." " 

 

 

Editions Gallimard, 2011, 266 pages

 

 

 

Et parce que je ne résiste pas à la tentation de vous montrer ce bel autographe...

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4/7

Par Marion - Publié dans : Rentrée littéraire 2011 - Communauté : Livres
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