Il y a quelque temps, Noukette proposait un superbe avis sur Enola game. Alors forcément, quand elle a décidé d’en faire un livre voyageur, je n’ai pas su résister. D’autant plus que la plupart des chroniques que j’ai pu lire sur la blogosphère donnaient des avis très positifs, voire même élogieux. Bref, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman.
Après
une catastrophe non énoncée clairement (Accident nucléaire ? Guerre mondiale ? Conflit civil ?), une petite fille de quatre ans et sa mère vivent recluses dans leur maison. Pour
elles, il est impossible d’en sortir : des « cosmonautes » armés de mitraillettes sillonnent leur rue à bord de tanks en leur dictant de ne prendre l’air sous aucun prétexte.
Régulièrement, ceux-ci leur distribuent des vivres : nourriture et eau. A l’intérieur, c’est le néant : pas d’eau, pas d’électricité et bien sûr, il n’y a aucun moyen de
communiquer avec le monde extérieur. Ce manque d’information est d’autant plus dur que la mère n’a aucune nouvelle de sa fille ainée et de son compagnon. Alors, il faut s’occuper car les journées
sont longues. Mais surtout, la mère ne doit pas perdre la face devant sa petite fille, elle ne doit pas s’effondrer. Elle fait alors tout comme si « Enola Game » ou la « grande
lumière » - manière dont la mère et la fille surnomme cet évènement - n’était qu’un jeu passager…
En ce moment, j’ai peu de temps pour moi, et notamment peu de temps pour lire, car mes partiels arrivent à grand pas. Mais aujourd’hui, j’avais besoin d’une petite pause. J’ai commencé à lire doucement ce livre, et ce, jusqu’à ne plus pouvoir en sortir. Car, oui, ce huit-clos est vraiment prenant. En fait, il prend à la gorge, il nous happe très profondément, nous entraîne dans une atmosphère angoissante, pesante. Et je pense que si ce récit m’a autant emportée, c’est parce qu’on ne sait pas vraiment quel genre de catastrophe la mère et la petite ont vécu. Et puis, la petite n’a que quatre ans et cela m’a, en fait, profondément bouleversée. Il lui reste tant de chose à découvrir, sa santé semble plus ou moins fragile, et finalement, je me suis surtout préoccupée du sort de l’enfant.
La mère, elle, est d’un courage infini, malgré ce qu’elle semble en penser. Elle s’efforce de tout faire pour rendre leur quotidien supportable, agréable même. Elle fait preuve d’énormément d’imagination pour que la petite ne manque de rien, ne s’ennuie pas. Pour cela, elle lui livre des souvenirs d’enfance, des souvenirs agréables qui semblent revenir comme des madeleines de Proust. Elle lui construit des tentes imaginaires, célèbre les quatre ans de la petite malgré la pénurie qui semble inévitable. La mère écrit aussi des histoires à la petite, elle qui n’avait jamais pris le temps d’écrire auparavant. Elle joue avec l’enfant à des jeux qu’elle-même n’a jamais aimés. Elle prend le temps de relire les livres qui l’ont profondément marquée, ces « éditions de poche tellement usées qu’elles ont une douceur veloutée ».
C’est également un récit qui offre une grande réflexion sur notre monde actuel : l’être humain ne semble prendre le temps de rien. Celui-ci ne semble pas se rendre vraiment compte de ce qui importe vraiment. La société de consommation nous incite à penser que ce que nous possédons crée notre bonheur, mais ceci n’est qu’illusoire. On voit également que notre vie est bien fragile, et que semble être suspendu à un fil invisible et qu’à tout moment tout peu basculer. Finalement, comme Christel Diehl le dit si bien, « que reste-t-il quand il ne reste rien ? ».
Et puis, l’histoire est d’autant plus belle parce que l’écriture de l’auteur est simplement fascinante. Chaque mot est pesé, choisi. Sa plume est très poétique, pleine de douceur, mais elle reste cependant assez hachée. L’auteure a un réel talent d’écriture, et son premier roman est une petite merveille.
Les avis de: Cajou, Stéphie, Clara, Noukette, ...
En bref
Une lecture poignante, émouvante, mais aussi pleine d’espoir dont on ne ressort pas indemne. l’écriture de l’auteure est juste sublime. Enola game est un roman à découvrir !
« Depuis quelques jours, des avions passent au-dessus de leurs têtes et font trembler les vitres. Des explosions retentissent. La mère évoque des feux d'artifice. La petite dit : ça dure longtemps, le Carnaval, cette année. »
Editions dialogues, 114 pages, 2012
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En 1943, la famille
Carver fuient la guerre et emménagent dans un petit village au bord de la mer. Mais le jeune protagoniste, Max, n'est que très peu enchanté par cette nouvelle vie qui so'ffre à lui. Il va devoir
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Polina Oulinov est une jeune russe. Elle débute la danse classique très tôt et souhaite faire de la danse son métier. A
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donc avec des amis et son petit ami dans un troupe indépendante menée par un metteur en scène réputé. Après une blessure assez importante à la cheville et après avoir rompu avec son petit ami,
Polina, perdue, part à Berlin... Ici, elle connaitra une nouvelle vie et arrivera enfin à arriver à son but ultime...
Le roman
s’ouvre sur l’enterrement de la mère de Ritwik Gosh. Le jeune homme a 24 ans, il vit à Calcutta, et après ce drame familial, il est bien décidé à quitter l’Inde pour découvrir et étudier en
Angleterre. Là-bas, il pense trouver une vie meilleure, mais au lieu de cela, il sombre dans une solitude et dans une misère profonde. Il se lance alors dans l’écriture d’un roman, racontant
comment Miss Gilby, une lady est venue enseigner l’anglais et les bonnes manières à l’épouse d’un riche notable bengali, Bimala.
"Je
voulais dire à mon grand père que je l'aimais, mais je n'y suis pas parvenu. J'ai si souvent été en retard sur les mots que j'aurais voulu dire. Je ne pourrais jamais faire marche arrière vers
cette tendresse. Sauf peut-être avec l'écrit, maintenant. Je peux le lui dire, là."








