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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 11:07

Souvenez-vous, il y a un mois de cela, je vous parlais de cette seconde session de Livra'deux pour Pal'addict (voir ici) organisée par Livraddict. Marie Juliet avait ainsi choisi trois livres dans ma PAL donc celui-ci...

 

Je trouve difficilement le temps de lire en cette rentrée… Ma PAL s’allonge, mes envies de livres aussi, et j’ai plusieurs livres à lire impérativement (entre le club de lecture, dont je vous parlerais sûrement, les livres de cours, les challenges, et les lectures communes)…  Voici donc un petit bilan catastrophique de cette rentrée et la raison pour laquelle je ne suis plus trop présente en ce moment… J’ai donc mis quelques semaines à lire La ballade de Lila K, livre dont Sarah m’a parlé et pourtant, je l’ai trouvé extraordinaire (dans tous les sens du terme !).

 

http://www.livraddict.com/covers/67/67530/couv29639658.jpgA l’âge de six ans, Lila est brutalement enlevée par des hommes en noir des bras de sa mère. Elle est alors conduite dans un centre à mi-chemin entre l’asile psychiatrique et la prison, dans un univers ou chacun de ses gestes est filmé par des caméras dissimulées derrière de grands miroirs et ce, jusqu’à son émancipation. Cependant, lorsque la petite fille arrive au centre elle ets polytraumatisée. Son passé est lourd : elle a été victime de maltraitance et de mal nutrition durant des années. Elle refuse ainsi de s’alimenter, est asociale, ne supporte pas la lumière et les contacts physiques, pique des crises de nerf effroyables… Lila est obligée de prendre des anxiolytiques et d’être nourrie par sonde. Son cas est complexe. Elle est donc prise en charge par le docteur Kauffmann, un professeur renommé mais provocateur, voire même anarchiste qui deviendra son tuteur. Avec le docteur Kauffmann, Lila réapprend petit à petit à vivre, et va à la découverte du monde. Le professeur lui donne également le goût des livres, le goût de la lecture, malgré les très fortes interdictions du ministère. Nous sommes, en effet, dans une société futuriste dans laquelle les livres sont formellement interdits ; on pense que le livre serait nocif à la santé car il serait porteur de germes, et donc, qu’il ne faut pas les toucher. Le papier est remplacé par des grammabook, sorte de tablettes tactiles.

Pourtant, à son émancipation, Lila choisi de travailler dans une bibliothèque… Elle pense que cet établissement serait le seul moyen de retrouver sa mère. Aidée de Justinien - un être hybride et employé de la bibliothèque - ils vont braver les interdits et Lila sera ainsi mise sur le chemin de sa mère.

 

Je ressors de cette lecture à la fois enthousiaste, car j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce livre et bouleversée par cette triste histoire… J’ai trouvé cette histoire tout à fait originale, même si, au premier abord, on peut penser que ce thème est déjà vu et revu. En effet, l’auteur intègre une dimension historique et sociétaire à son œuvre, ce qui le rend très innovent. Certes, je me suis fortement intéressée à l’histoire de Lila, mais je me suis également posé beaucoup de question sur cette société futuriste (l’histoire se déroule aux alentours de 2100). On entre en effet dans une société où chacun de nos gestes sont filmés, contrôlés un peu comme dans la société de « Big Brother ».  L’alimentation, la sexualité, la santé, le travail, les animaux de compagnie… Tout, absolument tout, est passé au peigne fin… Cette dimension sociétaire et historique m’a fait froid dans le dos… Est-ce qu’on est si loin de cette société hypothétique ? Je me pose des questions sur cet avenir.

Bon, je dois bien vous l’avouer, j’ai été, au début, un peu gênée par le fait que je ne savais pas quand cette histoire se passait, ni où… Oui, ça peut paraitre bizarre de s’accrocher à un petit détail comme celui-ci, mais j’avais du mal à comprendre le décalage entre la société dans laquelle vit la petite Lila et la nôtre. Je me demandais si l’auteur réinventait la société d’aujourd’hui, s’il s’agissait d’une société futuriste, et même si tout ceci de déroulait sur la planète Terre… Ca m’a d’autant plus gênée que les premières dates apparaissent loin, très loin du début du roman… Mais finalement, je suis arrivée à passer outre ce détail, pour me concentrer sur l’essentiel de l’histoire. Et heureusement…  

J’ai également trouvé que l’auteure a réussit avec brio à ne pas rendre son livre trop plombant. Seuls quelques passages sont vraiment difficiles à accepter, à lire, notamment lorsque Lila nous fait part de son dossier personnel, puis de celui de sa mère, ou lorsque l’on découvre que Lila a été nourrie à la nourriture pour chats. Je dois avouer que ces passages m’ont un peu rebutée, fragilisée. A côté de cela, on arrive parfois à sourire, voire même à rire des aventures de Lila. Il faut dire que, en grandissant, Lila devient de plus en plus cynique, ironique, face à la société dans laquelle elle vit et face à ses interdits. Elle considère ce monde de manière détachée, sans vraiment comprendre la manière de vivre des gens qui l’entourent. Elle ne fait que les imiter pour avoir l’air « normal », mais finalement où se trouve la normalité dans cette société ?

Le personnage de Lila, qui m’a au début rebutée par sa froideur, m’a finalement conquise. Très vite, je me suis attachée à cet être singulier, dotée d’une grande intelligence. Il faut dire que Lila est très touchante par son histoire, par ses inquiétudes, par ses angoisses. Les personnages secondaires qui l’entoure et qui l’épaule sont également très attachants, et amène une nouvelle dimension à l’histoire…

 

 

En bref

La ballade de Lila K est une petite merveille… Malgré certains passages délicats, le récit m’a enchantée par son aspect historique et sociétaire, mais aussi par l’histoire de la jeune protagoniste… Une belle découverte à lire sans modération !

 

 

« Je croyais toujours en lui, à sa promesse. Ca m’aidait à tout supporter : la vie dans le Centre, et celle qui m’attendait à la sortie. Lorsque je me tenais au bord du toit, à regarder la ville qui grouillait à mes pieds, vaste et multiple, presque infinie, je mesurais combien ce monde me terrifiait, combien je lui étais étrangère. Et j’avais le vertige à la seule pensée qu’il md faudrait un jour rejoindre cette vie qui n’était pas pour moi. Jamais je n’aurais eu le courage de l’affronter, je crois, si je n’avais eu ancré dans la poitrine, comme une fleur coriace aux racines puissantes, l’espoir de retrouver ma mère au milieu de tout ça. »

 

 

Le livre de poche, 355 pages, 2012

 

 


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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 10:51

La part de l’autre, c’est un livre que j’ai lu lorsque je devais avoir quinze-seize ans, par pur hasard. De là, je peux en dire plusieurs choses… Déjà, ce livre m’a profondément marquée. En effet, j’avais encore des cours d’histoire-géo et ceci m’a permis d’en savoir un peu plus que les autres sur cette période, sur cet Hitler. Ensuite, il a été l’un de mes préférés pendant des années. Je l’ai partagé, et recommandé un nombre de fois assez impressionnant. Et puis, c’est avec ce livre que j’ai découvert EES, et donc c’est à partir de là que je suis devenue « une fan ».

Quelques années plus tard, j’en reparle avec mon entourage et je me rends compte que j’ai une envie folle de relire ce livre dont les souvenirs sont de plus en plus flous… Chose faite, mes sentiments pour La part de l’autre restent inchangés, malgré un esprit critique qui pointe le bout de son nez…

 

http://www.livraddict.com/covers/38/38552/couv27962396.gifEn 1908, Adolf Hitler tente le concours d’entrée aux Beaux art de Vienne, sans succès… Que se serait-il passé s’il n’avait pas été recalé ? Est-ce que cet infirme incident aurait changé le cours des choses ? Eric-Emmanuel Schmitt imagine alors la vie d’un Adolf H. hypothétique qui aurait été accepté par l’école, et qui se serait épanoui dans la peinture, qui aurait été entouré d’amis fidèle, de plusieurs amours. Et de l’autre côté, il nous narre la vraie vie d’Hitler, Homme frigide et violent, aimant la guerre et le pouvoir…

 

En retraçant la vie d’Adolf Hitler, nommé Hitler dans le livre et en inventant la présupposée vie d’Adolf H. s’il avait réussi le concours d’entrée aux Beaux-Arts de Vienne, Eric-Emmanuel Schmitt arrive à faire naitre une petite pépite littéraire qui ne laisse pas son lecteur indifférent. Avec une plume simple, et fluide, EES retrace le parcours de cet Homme qui a marqué l’Histoire.

Entre ces deux parties bien distinctes, celle sur la vraie vie d’Hitler m’a le plus intéressée… D’ailleurs, on peut le lire comme une biographie plus ou moins romancée, car elle a été lue par des historiens qui n’ont rien trouvé à dire sur le livre d’EES. En ce qui concerne la vie inventée à Hitler par l’auteur, je l’ai trouvée intéressante, elle fait poser de vraies questions, mais je lui ai trouvé certaines longueurs, certains détails fantaisistes parfois inutiles… Malgré tout, ceci n’enlève rien à l’œuvre formée… C’est un roman superbe, nécessaire, à mettre entre toutes les mains.

Je n’avais pas lu lors de ma première lecture la postface « Le journal de la part de l’autre ». La seconde fois, j’ai hésité, et finalement, je me suis lancée… C’est un cours journal qui retrace les doutes de l’entourage de l’auteur concernant l’écriture de ce livre, ses propres inquiétudes à lui, ses lectures, … J’ai trouvé ce cours journal très intéressant car il permet de comprendre les raisons qui ont poussées Eric-Emmanuel Schmitt à écrire un livre comme celui-ci, qui permet de comprendre comment il s’est organisé dans son travail… Et finalement, je trouve que cette partie un petit plus enrichissant à cette lecture…  

La part de l’autre reste pour moi un livre passionnant et dérangeant. Passionnant, parce qu’on en apprend des choses sans être ennuyé, lassé, épuisé d’entendre rabâcher des choses vues et revues comme c’est le cas dans certains cours d’histoire-géo. On apprend des choses qui vont au-delà des leçons, sans pour autant avoir sous nos yeux une biographie bête et méchante. J’ai ainsi été surprise de découvrir qu’Hitler s’est révélé antisémite après la défaite allemande lors de la Première Guerre Mondiale… Pour lui, la défaite a été causée par les Juifs. Avant cet Homme entretenait des rapports entièrement pacifistes avec les Juifs et ne comprenait pas les idées antisémites de son maitre : Wagner. On apprend également qu’Hitler a connu la misère, la vraie, avant d’accéder au pouvoir… C’est la guerre qui a sorti Hitler de la rue. Et là j’en arrive au côté dérangeant : on arrive parfois à éprouver une certaine compassion pour cet Hitler, à voir autre chose que le monstre sommeillant en lui… J’ai éprouvé une certaine pitié pour Hitler devenu SDF, pour cet Hitler incapable d’éprouver un quelconque sentiment, pour cet Hitler devenant fou, comme possédé… C’est dérangeant d’éprouver des sentiments comme ceux-ci pour quelqu’un qui a commis autant de mal. C’est dérangeant et inquiétant…

Et puis, je dois bien avouer qu’au début, cette vie inventée à Hitler ne m’a pas trop convaincue… Là encore, comment est-ce possible d’accepter qu’en Hitler il n’y ait pas que du mal ? Comment peut-on penser qu’Hitler aurait pu être quelqu’un de « normal », quelqu’un de bien, quelqu’un altruiste ? Au début, c’est dur d’accepter la version d’Eric-Emmanuel Schmitt… Et puis, petit à petit, en entrant pleinement dans le livre, j’ai accepté, j’ai compris, j’ai fini par y croire… Et finalement, je me suis dit « pourquoi pas ? ». Est-ce que notre vie n’est-elle pas déterminée de petits éléments déclencheurs qui font que l’on devient ce que l’on est ?

 

 

En bref

Avec simplicité et fluidité, Eric-Emmanuel Schmitt retrace la vie d’Hitler et invente une vie hypothétique à cet Homme qui a marqué l’Histoire. Le tout forme un ensemble superbe, grandiose, nécessaire, à mettre entre toutes les mains…

 

 

« Qu'est-ce qu'un monstre ? Un homme qui fait le mal à répétition.

A-t-il conscience de faire le mal ? Non, la plupart du temps. Parfois oui, mais cette conscience ne le change pas. Car le monstre se justifie à ses yeux en se disant qu'il n'a jamais souhaité la mal. C'est juste un accident de parcours.

Alors que tant de mal se fait sur cette planète, personne n'aspire au mal. Nul n'est méchant volontairement, même le plus grand trompeur de promesses, le pire des assassins ou le dictateur le plus sanguinaire. Chacun croit agir bien, en tout cas en fonction de ce qu'il appelle le bien, et si ce bien s'avère ne pas être le bien des autres, s'il provoque douleur, chagrin et ruine, c'est par voie de conséquence, cela n'a pas été voulu. Tous les salauds ont les mains propres. »

 

 

Les avis de Céline, Lasardine, Un chocolat dans mon roman, ...

 

Le livre de poche, 503 pages, 2003

 


http://img.over-blog.com/300x300/5/37/06/74/schmitt_ee.jpg

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 16:45

http://www.priceminister.com/blog/wp-content/uploads/2012/08/Rentr%C3%A9e-Litt%C3%A9rraire-V2-logo.jpg

 

Comme l'an passé, PriceMinister propose ses fameux matchs de la rentrée littéraire... Et comme à chaque nouvelle rentrée littéraire, c'est le même casse-tête pour les lecteurs: Quel livre choisir?

Alors PriceMinister nous propose de recevoir un livre sur une sélection de douze en échange d'une petite chronique... Le tout, gratuitement.

Les douze titres en jeu sont les suivants: 


* Parfums, de Philippe Claudel

* Pour seul cortège, de Laurent Gaudé

* Barbe Bleue, d’Amélie Nothomb

* Oh…, de Philippe Dijan

* Une place à prendre, de J.K. Rowling

 * Home, de Toni Morrison

 *Les affreux, de Chloé Schmitt

 * L’amour sans le faire, de Serge Joncour

* Je vais passer pour un vieux con, de Philippe Delerm

 * Gains, de Richard Powers

* Un week-end en famille, de François Marchand

* Tigre Tigre !, de Margaux Fragaso

 

http://ih.constantcontact.com/fs075/1102590620721/img/16.jpg

 

Qu’est-ce qu’un match littéraire ?

PriceMinister vous propose de livrer votre avis sur l’un des ouvrages de la liste précédente : publiez votre critique sur votre blog, ils recueillent votre avis et établissent un classement par popularité et satisfaction. A vous de choisir quel auteur vous voulez soutenir dans cette rentrée littéraire!

 

Comment participer ?

Il suffit de vous rendre sur la page du blog de PriceMinister, en cliquant ici...

Si jamais vous participez à la suite de ce billet, n'hésitez pas à mentionner dans le mail que je suis votre marraine, en indiquant simplement le nom de mon blog... 

 

Pour ma part, j'ai choisi L'amour sans le faire, en ayant beaucoup hésité également pour le titre Pour seul cortège... Et vous quel livre allez vous choisir...?

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 17:57

Encore un petit livre dont je serais passée à côté sans la blogosphère, car pour ma part je n’en avais jamais entendu parler. Je l’ai découvert grâce au blog de Violette et je dois dire que le résumé m’a tout de suite attiré. Un coup de cœur assuré !

 

http://www.livraddict.com/covers/44/44414/couv69360886.jpgPhilippe vit avec sa femme Sandrine et sa fille Claire. Pour eux, la vie suit son cours, avec ses hauts et ses bas. Mais la relation que mène Philippe et Sandrine devient de plus en plus conflictuelle et très vite, la séparation pointe le bout de son nez. Sandrine laisse alors un délai d’un mois à son mari pour quitter le domicile conjugal. Malgré ses recherches, Philippe semble au bord du précipice. Avec un petit CDD de commercial en poche, il a du mal à trouver un appartement. Sandrine met alors son ex-mari à la porte et pour Philippe, il s’agit d’une longue descente aux enfers… Son permis de conduire lui est retiré pour cause d’infractions, son patron lui fait part de son mécontentement car Philippe n’arrive pas à remplir ses objectifs, son ex-femme refuse qu’il voit sa fille…. Et pour finir, lors d’une dispute entre lui et son patron, Philippe démissionne. Au début, ce dernier se contente de dormir dans des hôtels grâce à ses quelques économies, mais la situation devient vite instable : il n’a presque plus d’argent et finit à la rue. Là commence alors un dur calvaire, une spirale sans fond qui le tire toujours plus vers le bas. Il connait les difficultés à se nourrir, à trouver une place au chaud, à trouver un foyer, à résister à la tentation de l’alcool, à supporter le regard des gens... Il connait ainsi la galère de quelques milliers de personnes que sont les SDF. Jusqu’au jour où il rencontre Baudelaire, un chien qui le défend alors qu’il se fait agresser par d’autres sans abris. Il décide de le garder, de le nourrir. Baudelaire et lui se protègeront l’un l’autre. Grâce à son animal de compagnie, Philippe rencontre également Bébère et sa femme qui seront d’un immense soutien, d’une immense générosité… Bébère est un mordu de Baudelaire et prête l’un de ses ouvrages à Philippe. Ces poèmes lui parlent, lui donnent des idées. Il va alors faire la lecture aux utilisateurs des transports en commun. D’abord renfermés, ils finissent par éprouver un certain plaisir à écouter de beaux textes ? Philippe gagne de l’argent grâce à cela. Bébère et sa femme lui proposent également d’intégrer le Fleuron Saint-Jean, une péniche qui accueille les sans-abris, et qui leur propose une assistante sociale et un avocat. Philippe commence alors à voir le jour…

 

 

Non mais quel livre ! Je suis ressortie de cette lecture bouleversée et pleine d’espoir à la fois. Pleine d’espoir, car Un hiver avec Baudelaire propose une fin pleine de positif, d’optimisme, d’espoir, d’envie de s’en sortir. Je me demande aussi comment en parler avec des mots justes, et comment vous donner envie d’ouvrir ce livre… C’est un énorme coup de cœur, qui réchauffe l’âme…

La drôle de coïncidence est qu’il y a un mois de cela, je me suis posée la question de « Comment peut-on devenir ainsi ? ». Comment est-ce possible de n’avoir rien ni personne ? Et j’ai très vite compris comment il est possible de se retrouver sans foyer, sans famille, sans amis, sans rien… Un sentiment de honte malmène le personnage et l’empêche de demander de l’aide à sa famille. Son meilleur ami, quant à lui n’a pas le temps et le courage de s’occuper de son cas… Un bébé arrive et il ne faudrait pas perturber l’équilibre familial… Et surtout, une ex-femme qui semble ne pas soucier du sort de son ex-mari….Voilà on comprend comment c’est possible. C’est une fatalité réellement effrayante ! Je me suis aperçue que la vie dans la rue est bien plus dure que ce que je le pensais, bien plus dangereuse, bien plus tragique. C’est un livre qui a l’audace de faire prendre conscience à ses lecteurs les difficultés éprouvées par les SDF.

Peu de pages m’ont suffi pour entrer et être comme hypnotisée par le destin poignant de Philippe. Chaque émotion, chaque détail sont transmis avec une réalité à couper le souffle, avec des mots forts, justes. Au début, l’auteur use un vocabulaire assez neutre et puis, au fur et à mesure que la situation de Philippe se dégrade, au gré de la dépression qui guette le protagoniste, les mots sont de plus en plus durs, le vocabulaire de plus en plus dégradé, vulgaire, dur. On traverse les différents stades de la vie de Philippe : la fatalité, la colère, la dépression, l’optimisme, la résignation, le courage… Un hiver avec Baudelaire, c’est un mélange confus et organisé à la fois de sentiments, de couleurs plus ou moins sombre… C’est un livre a l’écriture poétique, fluide et dur à la fois.

Bien sûr, le personnage de Philippe est attachant, touchant, émouvant. On a parfois envie de lui donner notre force, de l’encourager à s’en sortir. On vit ses émotions, on a envie de l’aider. J’ai compris ses maux, ses émotions tant l’écriture est réaliste.

 

 

En bref

Un hiver avec Baudelaire est un livre réellement poignant, tellement beau, avec une force inouïe et une note d’optimisme importante. Un coup de cœur ! Si vous hésitez à l’acheter, je vais vous donner un point très positif : une partie des revenus perçus par l’auteur est reversée à la péniche du Fleuron Saint-Jean. 

 

 

"Le discours décline la même litanie de la misère : fin de droits, enfants à charge, invalidité, rester propre, dormir au chaud, manger, survivre. Souvent, la voix fatiguée et brisée ne parvient pas à s'élever au-dessus des crissements métalliques stridents des roues sur les rails et se dissout dans l'indifférence générale. D'autres, enfin, ont définitivement franchi le point de non-retour. Gueules burinées de bitume, grêlées rouge vin, mains calleuses et striées de crasse, élocution gluante, borborygmes verbaux incohérents, odeurs de sueur acide et de pieds fermentés qui agacent et imprègnent fortement l'air, encore après leur passage. Dans tous les cas, les réactions sont les mêmes : les regards se dérobent, fuient, plongent dans un livre ou un journal resté fermé jusque-là, le grésillement des baladeurs monte en régime, des demi-sourires crispés et embarrassés déforment les visages comme pour barricader une porte ou parer un coup de poing. Les plus tolérants et les moins exaspérés changent de wagon, soit avant de monter, lorsqu'ils identifient suffisamment vite le danger depuis le quai, soit à la station suivante si l'importun s'assoit ici ou là comme le parasite s'incruste sous la peau."

 

 

Le livre de poche, 278 pages, 2011

 

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 20:27

Je vous l’ai déjà dit : chaque livre écrit par EES est une sorte d’évènement à ne pas manquer pour moi ! Et ça a été le cas avec Les dix enfants que Madame Ming n’a jamais eus. Cependant, j’ai eu l’occasion de le recevoir de la part de Un chocolat dans mon roman qui organise le challenge Eric-Emmanuel Schmitt (voir ici) grâce à son concours réservé aux participants. Un petit bonheur dans ma boîte aux lettres, merci encore !

 

http://www.livraddict.com/covers/71/71998/couv39697525.gifLe narrateur de cet ouvrage est en voyage d’affaire en Chine. Sans attaches, célibataire et sans enfants, c’est un homme qui ne s’arrête jamais. L’une de ses technique pour signer des contrats avec ses négociants est de s’enfuir aux toilettes lorsque la situation se complique, afin d’enrager ses clients dans le but de les faire signer. C’est donc dans les sous-sols de l’hôtel où se déroule la négociation qu’il rencontre Madame Ming, dame pipi. Tous les deux engagent la conversation mais très vite, celle-ci débouche sur la famille, et plus particulièrement sur les enfants. Lorsque la femme lui raconte qu’elle a dix enfants, il n’en croit pas un seul mot ; tout le monde sait que la Chine a développé la politique de l’enfant unique ! D’autant plus que chacun de ses enfants semblent avoir un destin plus extraordinaire les uns des autres. A-t-elle réellement dix enfants ? Fabule-t-elle ? Tient-elle un centre d’adoption ? Est-elle une hors la loi ? Notre narrateur espère le découvrir !

 

Dans la lignée du cycle « Le cercle de l’invisible », Eric-Emmanuel Schmitt continue de nous envoûter avec des livres qui donnent au lecteur l’envie de se questionner un peu plus sur ce monde qui nous entoure dont le thème central est la spiritualité.

Même si La part de l’autre reste de loin mon livre préféré de cet auteur (je suis d’ailleurs en train de le relire), j’ai beaucoup aimé celui-ci malgré quelques réticences en entrant dans le livre. J’ai eu, en effet, l’impression d’entrer dans une énumération/description sur dix personnages dont on ne sait même pas s’ils sont réels ou pas. L’histoire tourne, au début, essentiellement là-dessus, ce qui m’a énormément déconcerté. Certes, le protagoniste se pose quelques questions intéressantes et pertinentes, mais ça s’arrête-là.

Et puis, petit à petit, l’auteur intègre dans le récit la vie du narrateur. On apprend alors qu’il la mène comme il l’entend, de manière quasi égoïste. Malgré tout, on peut apercevoir une certaine envie de changer de comportement, mais une peur importante prend le dessus. On apprend aussi qu’il voit une femme de temps à autre mais qu’il ne souhaite pas continuer cette relation car les engagements l’effrayent, qu’il n’a pas d’enfant, mais qu’ils les aiment cependant. J’ai aimé également « assister » aux questions que se pose le narrateur concernant la « vraie vie » de cette Madame Ming. Il pense au début que cette femme se fout de lui, s’énerve car il pense qu’elle le mène en bateau, puis accepte la situation car il se plait à parler avec la dame pipi. Pour moi, cette madame Ming apporte du rêve avec ses enfants aux destins uniques. Tous disposent de talents, de compétences loufoques, hors normes, inhabituelles.

Quant à Madame Ming, même si c’est une femme parfois agaçante par ses nombreux proverbes chinois alambiqués qu’il est parfois difficile de comprendre, je l’ai trouvée très attachante, parfois amusante. Elle nous montre avec philosophie sa manière de penser, de voir les choses. Elle les prend comme elles viennent, de manière fataliste et nous montre que dans chaque personne, il y a du bon et du mauvais. Et ceci, on le voit bien parmi les traits de caractère de ses dix enfants.

J’ai beaucoup aimé ce regard occidental porté sur le monde oriental et vice versa. EES pointe avec brio, sans critique la différence des cultures.

Comme à son habitude, Eric-Emmanuel Schmitt mêle philosophie, poésie et fluidité au sein de son œuvre et nous offre une jolie réflexion sur ces croyances qui donnent de l’espérance, de la force et une joie de vivre aux gens. C’est un roman sensible et empli de douceur…

 

 

En bref

J’ai passé un agréable moment avec ce petit conte qui nous en dit beaucoup sur la différence entre le monde oriental et occidental, même si le début m’a un peu ennuyé. A découvrir ! 

 

 

«  A la différence des Européens qui conservent des ruines gallo-romaines au coeur de leurs métropoles mais oublient Sénèque, qui visitent des cathédrales en délaissant le christianisme, les Chinois ne logent pas leur culture dans les pierres. Ici, le passé constituait le présent de l'esprit, pas une empreinte sur la roche. Le monument demeurait secondaire, d'abord comptait le coeur spirituel, gardé, transmis, vivant, incessamment jeune, plus solide que tout édifice. La sagesse résidait dans l'invisible, l'invisible qui s'avère éternel à travers ses infinies métamorphoses, tandis que le minéral s'effrite.  »

 

 

Les avis de Livrons-nous, Un chocolat dans mon roman, plume de cajou

 

 

Albin Michel, 115 pages, 2012

 

 

http://img.over-blog.com/300x300/5/37/06/74/schmitt_ee.jpg

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 19:30

http://img19.imageshack.us/img19/7835/challenge3.png

 

Souvenez vous... Il y a quelque temps de cela, je vous parlais de ce challenge organisé par Livraddict (voir ici) dont le principe est le suivant: alléger, et alléger encore notre PAL...

Cette fois-ci, nous avons jusqu'au 31 octobre pour terminer ce challenge. 

 

 

Pour cette seconde session, je suis donc en binôme avec Marie Juliet qui a choisi, pour moi, les trois livres suivants :

* La ballade de Lila K de Blandine Le Callet

* La vie devant soi d'Emile Ajar

* Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran d'Eric Emmanuel Schmitt

 

      http://www.images-chapitre.com/ima2/original/560/44008560_9868184.jpg      http://rosereglisse.files.wordpress.com/2011/01/laviedevantsoi.jpg      http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/6/7/6/9782210754676.jpg

 

Le choix a été dur, très dur car tous me tentaient... Mais mon choix s'est porté sur La ballade de Lila K de Blandine Le Callet... 

 

 

 

Dans sa PAL, j'ai choisi:

* Belle du Seigneur d'Albert Cohen (toujours...)

* Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

* Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus d'Eric-Emmanuel Schmitt

 

      http://www.livraddict.com/covers/14/14268/mincouv16610944.jpg      http://www.livraddict.com/blog/wp-content/uploads/2011/03/le-cercle-des-eplucheurs-171323_L.jpg      http://www.lebourlingueurdu.net/wp-content/uploads/2012/04/les-dix-enfants-que-madame-ming-n-a-jamais-eus-cover.jpg

 

Et Marie-Juliet a choisi Belle du Seigneur d'Albert Cohen... 

 

 

Rendez-vous d'ici le 31 octobre pour connaître nos avis... 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 14:22

Un peu de changement s’impose… En effet, les polars disposent d’une minuscule place dans ma bibliothèque, pourtant, il s’agit là de lectures que j’apprécie de temps à autre. En me promenant au hasard je suis tombée sur ce livre à la couverture intrigante. Le bilan de cette lecture est très positif.

 

http://www.livraddict.com/covers/76/76757/couv49079204.gifLors d’une promenade, Erica Falck, trentenaire et auteure de biographies, se fait interpelée par un voisin à l’air affolé. En effet, cet homme a découvert le cadavre d’Alexandra Wijkner dans une baignoire, les poignets tailladés, alors qu’il s’occupait d’entretenir sa demeure. Alexandra était la meilleure amie d’Erica lorsqu’elles étaient encore au collège, mais celle-ci s’est subitement volatilisée au milieu d’une année scolaire. Cette histoire la touche et la travaille énormément. Erica est persuadée qu’il ne s’agit pas d’un suicide, tout comme Patrik Hedström, l’amoureux transi de notre protagoniste. Les indices parlent d’eux-mêmes et prouvent que ce n’en est pas un : aucun objet tranchant n’a été trouvé proche du corps. Lors de l’enterrement d’Alex, elle rencontre alors les parents de son amie, qui lui demandent d’écrire un article sur leur fille. Mais très vite, Erica se rend compte qu’elle souhaite réaliser un projet tout autre : elle veut écrire son premier roman et ce thème semble être fait pour elle. Pour avancer, Erica cherche des indices, fouille dans le passé de son amie, et avance dans l’enquête, plus vite même que la police. Erica et Patrik s’entraident et progressent dans l’enquête ensemble…

 

Je suis vraiment une amatrice de polars, mais j’ai quand même trouvé un réel plaisir à lire ce roman… Je dois même dire que j’ai trouvé ça génial, superbement bien mené, car durant tout le long du livre, je me suis demandée et redemandée qui était le meurtrier et pourquoi… Et puis la fin m’a énormément plu elle aussi, car elle est très surprenante, intrigante. C’est une véritable chute dont je ne me serais jamais douté…

Je n’ai eu aucun mal à entrer dans l’histoire. Quelques pages ont suffit pour que je comprenne que ce livre serait, très certainement, une très bonne lecture… Et puis bien sûr, j’ai été totalement happée par l’histoire… Entre fausses pistes, rebondissements, nouveaux meurtres, relations spéciales,… tout y est pour que l’histoire devienne prenante. Ajoutons à cela le fait que Camilla Läckberg dispose d’une écriture très fluide, très simple à lire, parsemée par-ci, par-là d’humour.

Même si l’essentiel de l’histoire tourne autour de l’histoire du meurtre d’Alex, j’ai énormément apprécié la périphérie de l’histoire : Erica et son flirt avec Patrik, l’histoire d’Anna - la sœur d’Erica -, la vie de l’entourage d’Alex, … Ceci m’a permis de m’attacher aux personnages, de trouver une certaine proximité avec eux, de comprendre aisément ce qu’ils vivent, ce qu’ils pensent… Bon, j’avoue que ceci crée certaines longueurs, mais permet aussi une petite pause dans tout cet univers proche du gore. Je me suis attachée aux personnages, et notamment à Anders, un peintre alcoolique. Son histoire m’a touchée à haut point et j’ai eu beaucoup d’estime pour ce personnage haut en couleur…. Ce livre m’a aussi, sous certains aspects (n’oublions pas qu’il s’agit d’un policier), assez amusée. Même si on tombe un peu dans la caricature à la Desperate, avec une Erica qui se pose des questions sur son poids, sur la manière dont elle doit s’habiller lorsqu’elle a rendez-vous avec Patrik,… Finalement, ce sont des personnages « normaux », avec leurs problèmes qui ressemblent de près aux nôtres…

 

 

En bref

Entre humour, intrigues, suspens, fausses pistes, et découvertes macabres, La princesse des glaces fut pour moi un très bon moment de lecture. J’espère que la suite sera tout aussi prometteuse ! 

 

 

« Il regarda ses mains. Comme il les haïssait, ses mains. Elles véhiculaient la beauté et la mort avec une incompatibilité qu'il avait dû apprendre à côtoyer. Seulement quand il l'avait caressée, elle, ses mains avaient été bonnes. Sa peau à lui contre sa peau à elle avait repoussé tout le mal, avait obligé le mal à se retirer pour un moment. En même temps, ils avaient réciproquement nourri la corruption cachée qu'ils portaient en tous deux. Amour et mort, haine et vie. Des contraires qui avaient fait d'eux des papillons de nuit décrivant des cercles de plus en plus près de la flamme. Elle avait été la première à brûler. »

 

 

 

Les avis de Livrons-nous, perdre une plume et Mrs Pepys.

 

 

Babel noir, 509 pages, 2012

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Published by Marion - dans Romans
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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 19:32

Cette BD m’a attirée l’œil un sacré nombre de fois, mais je suis toujours passée à côté à cause d’un prix… un peu trop élevé. A chaque passage dans une librairie, je l’ai feuilletée, j’ai admiré ces dessins en noir & blanc à l’aquarelle et je me disais que cette BD, ça devait être quelque chose. C’est comme d’habitude dans ma petite bibliothèque de quartier que j’ai pu l’obtenir, à mon plus grand plaisir… Hé oui, car Les Ignorants est un coup de cœur, une merveille littéraire, un roman initiatique à mettre entre toutes les mains…

 

http://www.livraddict.com/covers/57/57949/couv9452639.jpgUn beau jour, Etienne, dessinateur de Bandes dessinées, propose à son ami Richard, viticulteur, un pari un peu fou. Etienne veut dessinée un livre sur lui, sur son métier. Une micro-seconde de réflexion et Richard accepte le défi. Devenir le protagoniste d’une Bande Dessinée ? Après tout pourquoi pas ? Etienne va donc travailler bénévolement sur l’exploitation viticole de Richard, participer aux vendanges, assister à l’élaboration du vin… Le tout, avec son carnet et son crayon à la main. Bref, l’auteur se transforme en vigneron l’espace d’une année. En échange, Richard sera initié à la bande dessinée. Ainsi, son ami va lui proposer diverses lectures qui seront des coups de cœur ou de grosses déceptions sur lesquelles il s’endormira après de longues journées de travail… Il rencontrera également des artistes dont il a lu les titres afin de lui poser ses questions. Il participera à des festivals et ira lui-même choisir ses Bandes Dessinées. Chacun apprend le métier de l’autre, découvre ses avantages et ses inconvénients, et finalement, ces deux mondes qui semblent si différents sont plein de ressemblances…

 

Je suis littéralement tombée sous le charme de cette Bande Dessinée… Je l’ai refermée avec un soupir de satisfaction, en regardant la couverture avec une affection certaine… J’ai tout de suite fait tourner le titre de cette BD à mon entourage, parce que, non, il ne faut pas passer à côté de cet ouvrage… D’ailleurs, j’envisage de l’acheter pour le partager plus amplement… Tout, absolument tout dans ce livre m’a plu…

J’ai aimé cette façon de découvrir deux mondes qui semblent radicalement opposés, mais qui ont pourtant de grandes ressemblances. Chacun affectionne à sa manière son œuvre, sa vigne. Chacun sait apprécier le vin, l’œuvre d’un autre, lister les ressemblances des uns et des autres. Et même si c’est une sorte de témoignage ou documentaire, RIEN n’en ennuyant ! D’ailleurs, au premier abord, l’épaisseur de ce livre m’a complètement effrayée… mais après quelques pages seulement, je me suis sentie absorbée, et je ne l’ai lâchée qu’au milieu pour la reprendre le lendemain, avidement. Rien n’est ennuyant car tout est raconté à la manière d’anecdotes (une petite bourde par-ci, la rencontre d’un auteur par-là, les chansons de Brassens lors des vendanges…) au fil des saisons…

C’est un témoignage qui permet d’en apprendre plus sur deux métiers qui sont pour eux de véritables passions… On apprend de manière fluide, sans vraiment se rendre compte de ce que nous apporte cette BD. Ce n’est qu’une fois refermée qu’on prend conscience de la dureté du métier de vigneron, mais j’ai eu envie d’en savoir plus….

Les Ignorants, c’est aussi une profusion de repères culturels divers et variés… On trouve à la fois l’évocation de Brassens, de Maus, mais aussi de Rabaté… On trouve également de grands noms de cépages, dont certains nous laissent un certain souvenir dans la bouche…

C’est aussi une BD qui propose une très, très belle amitié, de beaux échanges, une jolie leçon de vie, un désir immédiat de déguster une bonne bouteille de vin... Et puis les personnages sont assez touchants, notamment Richard… Sous cette allure bourrue, c’est un homme plein de vie, amoureux de son travail, exigeant et borné…

Et puis, on ne peut pas passer à côté de ces dessins absolument fabuleux… On trouve de gros plans qui montrent un petit détail sur la vigne, des paysages qui donnent envie de découvrir ou de redécouvrir la France, le tout en noir & blanc, mais avec une finesse… Je pense que l’utilisation de l’aquarelle fait tout, donne encore plus de charme au dessin…

 

 

En bref

Les Ignorants, c’est un témoignage à mettre en toutes les mains… On apprend, on découvre deux mondes opposés, de manière passionnante ! 

 

 

http://1.bp.blogspot.com/-i4zSyJnjgMU/TrgYhm1M-kI/AAAAAAAAAJY/fJ9dIeP8e74/s1600/les-ignorants_davodeau_futuropolis.jpg

 

 

http://www.cairn.info/loadimg.php?FILE=PP/PP_028/PP_028_0069/fullPP_id9782804165215_pu2011-03s_sa07_art07_img001.jpg

(Pour le plaisir des yeux...)

 

 

BD-du-mercredi

Chez Mango

 

 

Futuropolis, 268 pages, 2011

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 20:59

Souvenez-vous… Il y a quelque temps je vous faisais l’éloge de Magasin Général, tome 1 (voir ici). Fort heureusement, cette chouette BD dispose d’une suite (et longue en plus !). Du coup, j’ai voulu poursuivre cette lecture et me replonger dans le petit village de Notre-Dame-Des-Lacs… Un régal !

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv19326099.gifUn soir de décembre Serge tombe en panne de moto à Notre-Dame-des-Lacs. Marie, qui vit seule depuis le décès de son mari vient au secours de cet homme en lui proposant, dans un premier temps de quoi se restaurer, et puis l’hospitalité. Seulement, la réparation de la moto prend plus de temps que prévu et Marie subit alors les commérages des gens du village qui voient cette « relation » d’un mauvais œil. C’est qu’elle est veuve depuis peu… Au fil du temps, Marie apprend à connaître son hôte qui est un ancien soldat. Après la guerre il a décidé de mener sa vie comme il l’entend. Petits boulots, voyages, rencontres seront les mots d’ordre de la nouvelle vie de Serge. Et Marie rêve devant cette vie qui n’a pas été la sienne…

 

 

Cela fait plusieurs semaines que je n’ai pas participé à la BD du mercredi. Faute de temps ? Oui, mais pas que… Toujours est-il que ce petit rendez-vous hebdomadaire m’a manqué et j’ai eu envie de m’y remettre mais pas avec n’importe quelle BD !

A nouveau, je tombe sous le charme de cette  BD qui fait voyager à la fois dans un temps révolu, mais aussi dans un pays qui m’est inconnu. Encore une fois, j’ai apprécié découvrir la vie québécoise des années 20, découvrir ce climat qui semble bien froid, cette vie rurale qui semble lointaine, mais qui rappelle certains films… Il faut dire aussi que les dessins sont assez représentatifs, bien détaillés et nous servent un décor qui frise la perfection tant les détails sont foisonnant. Bref, on est tout de suite dans l’ambiance, ambiance que j’avais appréciée avec le premier tome de cette série. Et puis, Loisel & Tripp rajoutent à cela un langage de type patois, avec des expressions curieuses, mais simples à comprendre, ces expressions qui font sourire, et qui nous emmènent loin, très loin.

Ajoutons à cela le fait que les personnages sont attachants si bien qu’on a très vite envie de connaître la suite, d’entrer un peu plus dans les détails de ces vies qui m’ont semblées si différentes. Ces braves gens savent se montrer  la fois chaleureuse, amusant, poétique, mélancolique… Le magasin général mêle différents sentiments, mais ce n’est pas non sans un certain plaisir.

Malgré cela, je dois quand même ajouter un petit bémol à ce second tome, car j’ai trouvé l’histoire un peu plus fade. En effet, le premier tome m’avait happée par son histoire. On voyait une ascension comportementale, morale chez Marie. Et puis, j’ai eu envie de connaitre sa vie, son histoire, de suivre cette mélancolie. J’avais aimé voir le projet du curé avec l’un des habitants du village… Le second, je l’ai trouvé un peu plus mou, très centré sur Marie, si bien qu’on oublie un peu les autres habitants de Notre-Dame-des-Lacs… Un petit quelque chose manquait pour ajouter un peu de peps à cette BD, cependant, on ne peut pas dire que je sois déçue par cela. J’ai quand même envie de lire le troisième tome, et le quatrième, et le cinquième…

 

 

En bref

Même si j’ai une petite préférence pour le premier tome de cette série, ce second opus reste une réussite qui fait voyager, qui fait sourire et qui émeut… A lire ! 

 

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/zoom_planche_bd/5/3/1/9782203370135_1.jpg

 

 

BD-du-mercredi

Chez Mango

 

 

 

Casterman, 72 pages, 2010

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 18:15

J’avais aimé le premier tome de cette trilogie (voir ici), il fallait donc que je découvre la suite… Et cette dernière m’a surprise, mais m’a aussi un peu déçue même si j’ai aimé cette lecture.

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv49687967.jpgBen et Sheere, deux jumeaux, n’ont pas eu la vie facile. Dès leur naissance ils ont été séparés car tous deux courent un très grand danger. En effet, un homme a juré de les retrouver et de les tuer dès qu’ils auront atteint l'âge de seize ans. Cet homme, c’est Jawahal.

Sheere a donc passé son enfance à fuir ce meurtrier avec sa grand-mère, Aryami. Elles ont parcouru de nombreuses villes, sous l’emprise de cette menace. De ce fait, Sheere n’a jamais eu d’amis, n’a pu s’attacher à quelqu’un d’autre qu’à sa grand-mère. Ben, quant à lui, a été placé dans un orphelinat. Au sein de cette institution il s’est lié d’amitié avec six autres enfants du même âge et a ainsi créé la Chowdar Society, un club très privé dont les règles sont les missions sont les suivantes : « garantir à chacun de ses membres l’aide, la protection et le soutien inconditionnels des autres, quelles que soient les circonstances, le danger ou l’adversité » et « partager les connaissances acquises par chacun d’entre nous et les mettre à disposition de tous ». Cette fraternité se retrouve le soir pour des réunions collectives dans le Palais de minuit. Le jour de leurs seize ans, Ben et Sheere sont enfin réunis, mais ces retrouvailles seront de courte durée car Jawahal est de retour et compte bien réaliser son vœux : les tuer. S’en suit alors des recherches ainsi qu’une longue course poursuite contre leur ennemi. Mais qu’est-ce que ce Jawahal souhaite vraiment ?

 

 

Cet auteur m’a toujours emmenée loin, loin, dans un univers inconnu, effroyable, diabolique, intriguant. Encore une fois, le pari est réussi mais dans une moindre mesure (commencerais-je à me lacer de Carlos Ruiz Zafòn ?). J’ai trouvé que ce second tome manquait un peu de détails qui permettraient au lecteur de se plonger pleinement dans ce livre, de se fondre entièrement dans l’univers proposé. Contrairement aux autres livres de Carlos Ruiz Zafon, j’ai eu du mal à cerner les lieux dans lesquels l’action se déroule, ainsi que les images que l’auteur souhaitait surement nous montrer. C’est dommage, mais en même temps, mon imagination à fonctionner plein pot. Il faut dire aussi que, pour une fois, l’action ne se déroule pas en Espagne, ni plus exactement à Barcelone, mais à Calcutta, en Inde. C’est sûr, le dépaysement est certain, j’ai voyagé, mais je crois que je préfère quand même lorsque l’auteur nous parle de sa ville natale, ville qui m’attire énormément, surtout lorsque Carlos Ruiz Zafon en parle…

J’ai trouvé l’histoire un chouia moins bien que dans le premier tome ou dans les autres livres de cet auteur. Pour moi, l’histoire est un peu tirée par les cheveux, un peu trop étrange à mon goût. Et puis, je n’ai rien retrouvé du premier tome. Certes, je le savais car j’ai lu la quatrième de couverture, mais j’ai eu du mal à comprendre la logique de l’auteur. Pourquoi une trilogie ? A cela, je rajoute également le fait que je n’ai ressenti aucune émotion en ce qui concerne les personnages, car j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à eux, à m’identifier à eux. Je crois que j’ai été un peu gênée par ces deux protagonistes loin d’être banals, avec leur vie décousue et sans attache… Et puis, et puis, je me suis très vite perdue entre les différents membres de la Chowdar Society, car même si une présentation très carrée nous est proposée au début de ce roman, chacun a une qualité propre à lui. Je crois que je peux malgré tout passer sur ce point et remettre cela sur le fait que je n’ai pas lu de manière très régulière ces temps-ci.

Bon malgré tous ces points négatifs, on peut en trouver quelques-uns très positifs, à commencer par la fin qui m’a surprise, et conquise à la fois. Ce final m’a bluffée, m’a agréablement surprise. J’ai été réellement emportée par cette fin haute en couleurs. L’auteur a aussi le mérite d’écrire un excipit bref, mais bien construit. J’ai aimé connaître le fin mot de cette histoire, savoir ce qu’il allait advenir réellement des personnages, de leur amitié. Je ne suis pas restée sur ma faim, je n’ai pas eu besoin d’imaginer quelque chose de spécial. Tout ce qui doit être dit a été dit. Comme d’habitude, j’ai aimé l’écriture de l’auteur, à la fois poétique, et simple. Le tout forme quelque chose de cohérant, bien mené.

 

 

En bref

J’ai apprécié cette lecture, mais ce second tome de la trilogie de la brume m’a un peu plus déçue que le premier. Le manque de détail ne m’a pas transportée comme d’habitude. Malgré tout, ce second opus est à découvrir !

 

 

« Ca n'a rien d'adorable d'être seule, dans son enfance ou dans sa vieillesse. Des années durant, je me suis demandé comment étaient les autres enfants, s'ils faisaient les mêmes cauchemars que moi, s'ils se sentaient aussi malheureux que moi. Celui qui prétend que l'enfance est le temps le plus heureux de la vie est un menteur ou un imbécile. »

 

 

Ce roman était (censé être) une lecture commune avec Pomm, Mia, Luna et Clem.

 

 

Robert Laffont, 305 pages, 2012

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