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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 12:12

2013 approche à grands pas… Un (tout premier retour) petit retour sur mes lectures s’impose…

 

En 2012, j’ai eu l’occasion de livre 49 livres, tous chroniqués ici même et tous genres confondus… Un petit bilan, certes, mais dont je suis assez fière, car je me demande moi-même comment j’ai eu le temps de lire autant...

2012 marque également mon premier pas vers les BD, milieu qui m’était totalement inconnu… Je me suis d'ailleurs jointe à la BD du mercredi organisé par Mango... Même si je ne suis pas une lectrice très régulière, une petite BD de temps en temps est tout à fait appréciée... 

2012, c’est aussi l’année de création de notre petit club lecture à Lyon. Moments de détentes, moments de découvertes, moments de partage… Une aventure, qui je l'espère continuera un peu...

2012 c'est également l'évolution de ce blog avec la création d'une page facebook, mais aussi d'un compte twitter... Bref, pour moi 2012 aura été une année riche en développement notamment côté lecture...

 

En attendant, revenons sur ces livres qui ont marqué mon année 2012 (et là, le choix est difficile, très difficile !)

 

LE coup de cœur livre :

 

 

LE coup de cœur BD :

 http://photo.parismatch.com/media/9782723467834-l/5264487-1-fre-FR/9782723467834-L.jpg

 

 

Les chouettes découvertes :

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Des livres à vous donner des frissons :

http://www.decitre.fr/gi/48/9782253133148FS.gif

 

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Les claques :

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Les déceptions :

 

 

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Je vous souhaite une très belle année 2013, pleine de joie, de bonheur et bien sûr, de lectures...  

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Published by Marion - dans Blabla & bazar
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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 14:46

 

http://www.livraddict.com/covers/82/82285/couv32230349.jpgD’un jour à l’autre, Alfonse perd l’usage d’une partie de son corps. Il est foudroyé par un AVC et seule une infirme partie de son corps peut encore répondre, être encore utilisée. Il est condamné à vivre dans un fauteuil roulant, duquel il ne peut pas sortir. Il est ainsi contraint de vivre avec les autres, par les autres, car chaque tâche lui est devenue impossible à réaliser seul. Alors qu’il s’apprêtait à quitter sa femme Clarisse pour vivre avec sa maîtresse, Alfonse prend très vite conscience des choix qu’il aurait dû faire avant, car désormais, ils lui sont impossibles à réaliser…

 

 

Première grosse déception de la rentrée littéraire… Après tout, il en fallait bien une… Mais vraiment, j’ai eu vraiment beaucoup de mal à arriver à bout de ce roman… C’est d’ailleurs bien dommage parce que c’est pourtant le genre de livre qui aurait pu me plaire. Malgré un thème central très difficile à comprendre, à accepter, j’avais envie d’en savoir plus à ce sujet. J’été vraiment intriguée par le résumé très promettant proposé en quatrième de couverture et puis quand même ! L’auteure n’a que vingt-et-un ans ! Ça donne envie de fouiller, d’aller plus loin, de voir ce que ça donne…

J’ai été à la fois assez impressionnée par l’écriture et déçue… Entre la première et la troisième partie du livre, l’écriture change du tout au tout, si bien qu’on a l’impression d’assister à une écriture à deux mains.

La première et la seconde partie du roman sont écrites de manière très agressive, très hachée. On retrouve beaucoup de mots qui relèvent du langage familier, qui sont même parfois très vulgaires. Les phrases sont entrecoupées, violentes… Elles font mal, elles font froid dans le dos, et en même temps on ne peut pas s’empêcher de se poser des questions. Mais malgré cela, j’ai eu l’impression de me sentir agressée à chaque phrase, de recevoir un poignard dans le dos, ce qui m’a rendue vraiment mal à l’aise. C’est très étrange comme situation, mais j’ai eu l’impression de jouer un rôle de lecteur qui n’aurait pas dû être là, qui n’aurait pas dû lire ces phrases-là… J’ai encore une fois survolé les passages, je les ai lu de travers pour ne pas trop me sentir mal à l’aise… Et en même temps, je ne pouvais pas m’empêcher de penser aussi que si ce style-là a été adopté, c’est parce qu’il était totalement en adéquation avec les pensées du protagoniste, avec les sentiments du protagoniste. On peut penser que lui-même éprouve une très grande violence, qui ressort ainsi par la plume de l’auteure. C’est d’ailleurs là, je trouve, que réside le grand point fort de ce roman ; même si les passages sont terribles, j’ai eu l’impression que le protagoniste aurait très bien pu dire cela.

La troisième et la quatrième partie constitue sûrement une phase d’acceptation du personnage… Je me suis sentie un peu plus à l’aise, un peu plus dans ma place de lecteur… Oui, il y a toujours une grande agressivité, mais elle s’atténue, elle se fait moins pesante… Dans ces deux parties, par contre, on est face à une très grande violence faite au protagoniste qui se retrouve être à la limite du supportable… Les passages durant lesquels son frère oublie de le faire manger, le laisse uriner dessus, ne le change pas, le bat ont été vraiment difficile à lire. Le thème de la maltraitance sur les personnes handicapées est bien présent. Il est fort, il dénonce, il pointe du doigt un problème important dans nos sociétés… Oui, mais voilà, j’ai encore été gênée par cette grande violence, par cette agressivité visuelle imaginaire. J’ai été aussi gênée par les scènes sexuelles qui n’ont fait qu’amplifier mon malaise, ma gêne, puisque celles-ci sont proches du viol…

Le personnage central aurait pu me toucher ou m’émouvoir… Et pourtant, c’est le contraire qui se produit : j’ai l’impression d’avoir vécu une semaine de lecture avec un inconnu, d’en avoir su peu ou si peu sur lui. Finalement j’en arrive à penser qu’il s’agissait d’une esquisse de personne, d’être passée à côté de l’histoire d’Alfonse… C’est dommage et terrifiant à la fois !

Au-delà du thème central, Chloé Schmitt nous propose un également une réflexion sur notre monde puisqu’Alfonse est le spectateur de ce monde. Il assiste, sans pouvoir y participer à la violence, aux manigances, à la tendresse, aux tromperies, à l’alcoolisme, aux mensonges, au désespoir, à l’inquiétude, … Autant de thèmes qui m’ont amenée à voir notre monde sous un œil moins utopique, moins joli. Ici, ce n’est pas la beauté du monde qui est représentée, c’est plutôt sa laideur, sa manière de tomber toujours plus bas, la manière dont l’humanité se comporte, vit… Et finalement on est au pied du mur, on en vient à se poser une question terrible : est-ce qu’on est heureux en tant que personnes valides ?

 

 

En bref

Malgré un résumé très prometteur, Chloé Schmitt n’a su me séduire que très peu avec son premier roman… L’ensemble m’a gêné, m’a mise mal à l’aise, notamment à cause d’une écriture violente, agressive… Le thème central ainsi que les thèmes qui en découlent sont intéressants, mais manquent un peu de profondeur à mon gout… Malgré tout, c’est un livre qu’il faut découvrir, je pense.

 

 

« Je voyais plus la mienne de vie, elle était loin derrière ses mots. Ca se coulait en mélange, phrases et rêveries, dans une grande plaine, un endroit qu’elle seule connaissait, quelque part où je pouvais de nouveau courir, sentir mes talons trembler sous mon corps, courir encore, sans apercevoir de fin, courir et avoir des ampoules comme des petites poches de bonheur prêtes à se déverser au prochain pas. » 

 

 

Albin Michel, 189 pages, 2012

 

 

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4/7

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 21:34

 

http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782330002572.jpgMarie un vingt-cinq ans… Un soir de fête, elle rencontre son grand amour, Pablo.  Entre eux, c’est le coup de foudre. Ils passent la nuit ensemble, et le lendemain, Marie se réveille avec douze années supplémentaires. Elle a trente-sept ans, elle ne souvient plus de rien, elle ne se souvient plus de ces douze années aux côtés de Pablo, elle ne sait pas qui sont ces enfants qui viennent lui sauter dans les bras le matin. C’est le trou noir,  c’est un cauchemar… Face à cette situation, Marie décide de ne rien dire à personne ; elle est angoissée à l’idée de se retrouver en hôpital psychiatrique, d’être traitée comme quelqu’un de dérangée psychologiquement. Elle-même sait qu’elle n’est pas folle. Il y a forcément une explication quelconque. Elle décide alors d’enquêter sur elle-même afin de découvrir pourquoi elle a perdu la mémoire, afin de découvrir qui elle est, qui ils sont… Aidée par ses amis, par des connaissances, par des proches, par ses propres écrits, Marie va comprendre l’engrenage qui l’a conduit à sa perte de mémoire. Mais comment garder la face devant une telle situation ?

 

J’ai passé un agréable moment avec ce livre, cependant, La vie d’une autre est loin d’être un coup de cœur. Disons que je m’attendais à autre chose : entre les avis d’autres bloggeurs plutôt enthousiastes et le film qui en a été adapté, j’avais une réelle envie de découvrir ce livre et j’en attendais beaucoup, beaucoup. C’est peut-être pour cette raison que j’ai été déçue, d’ailleurs.

J’ai trouvé ce roman particulièrement intéressant, et innovent. Je n’ai pas eu d’impression de déjà vu, comme c’est parfois le cas avec d’autres romans. Ici, tout était nouveauté : la question de l’amnésie n’est pas un sujet que j’ai lu ailleurs, ni ces multiples réflexions que nous offre l’auteure. Je ne m’attendais pas non plus à une telle chute. Disons que je m’attendais à quelque chose de plus commun, d’un peu moins romantique. J’ai également été bluffée par la manière dont l’auteure nous fait entrer dans la vie, dans les pensées de Marie. Très vite, je suis entrée dans la peau du personnage principal. Je me suis mise à sa place, et je me suis posée des questions semblables, j’ai éprouvé des inquiétudes similaires. Cependant, il y a certaines longueurs non négligeables dans ce roman qui sont telles que j’ai  fini par lire certains passages en diagonale. Oui, les questions que se posent Marie sont légitimes, intéressantes, et même nécessaires, mais toutes n’ont pas une grande importance pour l’histoire. Du coup, certains passages m’ont particulièrement ennuyée, voire même lassée…

Je trouve aussi que la réaction de Marie était parfois assez paradoxale. Comment a-t-elle pu rester aussi calme dans une telle situation ? Pourquoi Pablo ne s’est aperçu de rien alors que Marie lui posait des questions qui dépassaient toute logique, toute normalité ? Comment les simples rires de Marie face à des situations délicates pouvaient faire oublier à ses interlocuteurs de véritables problèmes ? J’avoue avoir été très déstabilisée par cela, par ces incohérences assez lourdes, assez étranges.

Derrière tout cela, j’ai aimé cette magnifique histoire d’amour racontée par l’auteure. Marie et Pablo ressemblent à l’un de ces couples à qui rien ne peut arriver. Leur amour est une chose incomparable, d’une force inouïe et j’avoue avoir parfois envié leur relation, leur plénitude. Je trouve que la réflexion que nous offre l’auteure est très intéressante et est, finalement, assez importante. La vie d’une autre nous propose de réfléchir sur l’amour, son évolution, les doutes que l’on peut rencontrer, les choix que l’on peut prendre.  L’auteur abord également des thèmes comme la maternité, les relations mère-enfant, le mariage, …  ce qui amène de belles réflexions.

 

 

En bref

Malgré un manque de cohérence (parfois) et de grosses longueurs dans la narration, ce livre nous offre de belles réflexions et notamment une magnifique description et réflexion sur l’amour, le sentiment amoureux et leur évolution. Le thème de l’amnésie est traité avec innovation, avec brio. A découvrir !

 

 

« Quel est le moment où se rompt le dialogue, où la vie à deux devient une lente agonie ? Je pense à Romain Gary dans Clair de femme : « Des problèmes de couple ? Quels problèmes de couple ? Il y a des problèmes ou il y a un couple. » Les romans sont pleins de ces amoureux fusionnels qui se loupent et ne s’aiment qu’en se détruisant et nous les lisons avec une avidité de noyés… Est-ce parce qu’ils nous ressemblent tant ? »

 

 


Babel, 341 pages, 2012

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 15:11

 

http://2.bp.blogspot.com/-iWJzRHjj_4E/UIvR6nZiCWI/AAAAAAAAASs/o1k1tM0Vmhs/s1600/UnePlace%C3%A0Prendre.jpgDepuis toujours, la cité des Champs fait tâche au sein de la très charmante ville de Pagford. En effet, elle regorge de gens drogués, qui volent, qui violent, qui sont en marges de la société. Et puis surtout, cette clinique de désintoxication en plein milieu de Pagford, c’est inadapté, c’est dégradant. Depuis toujours, donc, deux clans s’opposent férocement au sein de la ville : ceux qui défendent la cité des Champs et ceux qui souhaiteraient la voir définitivement rayé de la carte de Pagford. Bary Fairbrother est l’un de ceux qui défendent coûte que coûte la cité, car lui-même en est issu. Alors qu’il s’apprête à diner au restaurant avec sa femme Mary, pour fêter leur anniversaire de mariage, celui-ci décède brutalement d’une rupture d’anévrisme. Il laisse derrière lui une place au sein du Conseil paroissial de la ville, que Howard Mollison, son rival, serait ravi de voir relégué à son fiston adoré, Miles. Cependant, Miles n’est pas le seul à convoiter la place à prendre. Et le fantôme de Barry n’est pas prêt de se laisser faire…

 

J’ai longtemps hésité à lire ce livre à cause de ses nombreuses critiques peu élogieuses lues çà et là dans la presse. Et puis surtout, j’ai eu peur de ce roman imposant, peur d’être déçue parce qu’Harry Potter est quand même l’un des livres qui a bercé mon enfance… Et puis je me suis résigné. Après tout, ce livre m’était proposé dans « Les matchs de la rentrée littéraire chez PriceMinister » c’était une occasion de le lire, de me faire mon propre avis… Et je dois dire que je suis enchantée, enthousiasmée, conquise par ce nouveau roman écrit par J.K. Rowling. Bon certes, je ne trouve pas que ce soit un roman spécialement innovent. J’ai déjà eu l’impression de lire des romans à l’histoire plus ou moins similaire, mais, mais, mais, J.K. Rowling m’a conquise, et je pense que son immense talent d’écrivain et de conteuse y est pour quelque chose…

Une place à prendre est un livre qui regorge de détails, de descriptions, de comparaisons… Le tout amenant le lecteur dans un univers quasi-réel. On est tout de suite plongé dans cet univers plus ou moins sordide, dans l’espace dans lequel évoluent les personnages, ce qui est ma foi, plutôt plaisant (vous n’êtes pas sans savoir que j’apporte une grande attentions aux détails).

J’ai eu l’occasion (importante, je pense) de lire d’autres critiques avant d’ouvrir le livre, ce qui m’a permis de réaliser une petite fiche avec les personnages présents dans le roman. C’est vrai, le début est laborieux : il faut se battre avec une petite dizaine de personnages dont on s’immisce dans leur vie de manière brutale, inattendue. On n’a pas le temps de savoir qui ils sont que l’on est déjà en pleine crise sans réellement savoir pourquoi ni comment. Mais dès les premières pages, j’ai su que je serais bien, vraiment bien dans ce roman. Derrière la jolie description du village de Pagford, on se rend très vite compte que la réalité est tout autre. Sous leurs airs « BCBG », propre sur eux-mêmes, les habitants de Pargford cachent, en réalité de lourds secrets.  J.K. Rowling en profite alors pour soulever plusieurs thèmes délicats : les relations parents-enfants, le viol, la violence, la maltraitance, la drogue, les couts-bas. Le tout, dans une seule directive : arriver au pouvoir, montrer à l’autre ce que l’on vaut, montrer aussi la vérité sur l’Homme. Au final, il s’agit d’un roman de crise sociale, montrant la méchanceté, la petitesse de l’être humain. Je dois l’avouer, j’ai trouvé certaines scènes dures, vraiment difficiles à lire, à accepter. Certaines m’ont dégouté, répugné, enflammé, mis les larmes aux yeux. Je pense que l’auteur est parfois allé trop loin dans l’atrocité, dans la violence, dans la description des nombreux problèmes soulevés. Cependant, je pense que ces passages s’avèrent être parfois nécessaire pour comprendre, pour voir à quel point certaines personnes sont prêtes à tout. Je pense aussi, que malgré tout, certains passages peuvent s’avérer immensément, durement réalistes.

L’auteur a l’immense talent de créer des personnages proches de la réalité, et ainsi, j’ai eu une facilité déconcertante à m’attacher à eux. J’ai vécu avec ses personnages durant deux semaines j’ai suivi leur parcours, les tactiques, leurs coûts-bas avec attention. J’ai éprouvé une pitié profonde pour certain, une immense sympathie pour d’autres, certains m’ont également profondément irritée, cependant, je pense que tous resteront un moment gravé dans ma mémoire pendant quelque temps encore.

L’auteur a également le talent de créer un livre de presque 700 pages sans aucunes longueurs. Je ne me suis jamais ennuyée, j’ai toujours pris un immense plaisir à rouvrir ce roman, j’ai toujours été scotchée par les différentes péripéties des personnages. Quel roman !

 

 

En bref

Mise à part quelques scènes sordides et beaucoup trop violentes, je n’ai aucun autre reproche à faire à ce roman. Une place à prendre est un roman certes, peu innovent, cependant la plume de l’auteur est réellement envoûtante, précise. C’est un livre réellement bien écrit qui pointe du doigt les travers de notre société, les travers des villes embourgeoisées. En tous cas, Une place à prendre n’est pas le type de roman dont on ressort indemne. A découvrir …

 

 

« La grande erreur commise par quatre-vingt-dix pour cent des êtres humains, selon Fats, était d'avoir honte de ce qu'ils étaient ; de mentir, de vouloir à tout prix être quelqu'un d'autre. »

 

 

Les avis de Noukette, Stéphie, Plume de Cajou, Mango, l’Irrégulière, June, Soukee, Lou lit là (LC et autres participants)...

 

 

Grasset, 680 pages, 2012

 

 

Un grand merci à PriceMinister pour l’envoie de ce roman auquel j’attribue la note de 19/20.

(Plus d’informations sur le livre ici)

http://www.priceminister.com/blog/wp-content/uploads/2012/08/Rentr%C3%A9e-Litt%C3%A9rraire-V2-logo.jpg

 

 

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3/7

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 19:17

 

http://www.livraddict.com/covers/44/44796/couv57196336.jpgBienvenus aux Bombinettes, un petit village reculé dans lequel vivent 234 âmes. Au cœur de ce charmant village, la vie s’écoule paisiblement. D’ailleurs, en ce dimanche de mai ensoleillé, les habitants se préparent à accueillir les vendeurs de la foire annuelle. Monsieur le Maire, Raymond Orloff, est très occupé par tous les problèmes et les requêtes que lui soumettent ses citoyens : le « Bistrot du coin » s’est fait cambrioler son « I », Hortense, quant à elle souhaite monter un club de peinture, …  

Mais ce qui préoccupe le plus le Maire, c’est l’arrivée d’Amandine - une très belle et jeune fille - et de son Sexshop ambulant. C’est que le camion d’Amandine risquerait de troubler  les nombreuses et majoritaires personnes âgées vivant au Bombinettes…  Il tente alors de convaincre la jeune vendeuse de ne pas étaler des objets qui seraient jugés trop évocateurs… La jeune femme, soucieuse de garder sa place à la foire, lui offre alors un inoffensif canard en plastique, ce qui soulage ainsi Raymond. Mais les habitants ne voient pas l’arrivée d’Amandine d’un bon œil…

 

Il y a une éternité que je n’ai pas lue de BD (je cours après le temps tout le temps) et vraiment, ça m’avait manqué… D’autant plus que je redémarre (espérons-le pour de bon) avec une série fort sympathique… Pour être franche, je ne dirais pas qu’il s’agit de la BD de l’année, néanmoins, j’ai passé un très, très agréable moment en compagnie de celle-ci.

J’ai trouvé l’histoire agréable, intéressante, très fraîche et plutôt originale. Finalement, je pense qu’il s’agit d’une BD plutôt novatrice puisqu’elle soulève, de manière humoristique, plusieurs thématiques entremêlées. J’ai passé un bon moment avec ce premier tome car j’ai trouvé le ton de l’auteur assez amusant. L’histoire et les dialogues m’ont également fait sourire. Mais au-delà de cela, cette BD dévoile également de manière plus ou moins humoristique et plus ou moins détournée les « problèmes » des milieux ruraux. Turf souligne avec humour les attitudes parfois « arriérées » des campagnes, que j’ai moi-même du mal à accepter parfois. L’une des petites anecdotes qui m’a beaucoup fait rire c’est que, dans les campagnes, on ne fait pas appel à la gendarmerie ou aux pompiers, mais à Monsieur le Maire (et ceci s’avère être vrai !). On voit aussi que la nouveauté, notamment lorsqu’elle se révèle être assez « olé-olé », est mal perçue. Et puis surtout, Turf pointe gentiment du doigt les « conflits » de génération entre cette jeune Amandine et les personnes âgées qui regardent d’un mauvais œil l’arrivée d’un sexshop au sein de leur foire, se déroulant dans leur village. Bref, j’ai trouvé que c’était une manière assez intéressante de traiter ce sujet…

J’ai apprécié les deux personnages principaux : celui d’Amandine pour sa fraîcheur, son innocence, sa naïveté… J’ai trouvé qu’il s’agissait d’une jeune femme assez moderne, plutôt bien dans ses baskets, même si, avouons-le, elle s’avère être parfois assez farfelue. Monsieur le Maire est également un personnage très amusant et très intéressant. Cependant, je trouve, que, d’une manière générale, les personnages restent largement stéréotypés. On trouve ainsi le Maire très imbu de sa propre personne, la petite vieille et le petit vieux qui se préoccupent des bonnes mœurs, un gérant de bistrot toujours prêt à donner de bons conseils… Bref, tout ceci se rapproche un peu du cliché, mais sans trop d’excès.

Quant aux dessins, je dois avouer que je ne suis pas vraiment fan, notamment de tous les dessins représentant les personnages… Je les ai trouvés un peu trop vu, un peu trop carrés… Cependant, j’ai beaucoup aimé (j’ai même été impressionnée !) les dessins représentant des plans plus larges comme la première planche représentant la commune de Bombinette, ou tous les dessins montrant l’intérieur de la maison d’Amandine. Ces dessins-là regorgent d’une multitude de détails permettant au lecteur de bien s’imprégner de cette ambiance rurale, de bien se situer dans l’action. Ce sont également des dessins très réalistes, très fouillés, parfois même très perfectionnistes… Mais j’adore ! Les couleurs utilisées sont très acidulées, vives, joyeuses, énergiques, voire même parfois « girly », mais c’est également l’un des choses que j’ai apprécié dans cette BD. L’auteur n’a pas peur d’accentuer les couleurs, de donner du pep’s à toutes ces images et finalement, je trouve que ces couleurs font contraste avec le thème abordé… Le côté « vieillot » du village aurait pu être représenté avec des couleurs termes, pourtant c’est une énergie immense qui ressort de ce premier opus, tout comme la vivacité d’Amandine.

 

 

En bref

Magasin sexuel propose, derrière son titre évocateur, une légère moquerie et une caricature des habitants provenant de la campagne, sans pour autant tomber dans stéréotype radical et sans appel. Les couleurs et les plans larges sont remarquables par leur vivacité. Cependant, je me demande ce que peut donner la suite… 

 

http://www.yozone.fr/IMG/jpg/magasin_sexuel_1_1.jpg

 

http://mudry.org/bds/Thumbs/Planches/MagasinSexuel_pl.jpg

 

 

BD-du-mercredi

Chez Mango

 

 

Delcourt, 64 pages, 2011

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 23:01

 

http://www.livraddict.com/covers/83/83811/couv16401326.jpgAprès dix ans de silence, d’absence et de rancœur, Franck se décide enfin à tourner la page et à retourner dans la ferme familiale. Auparavant, il décide d’appeler, afin de prévenir ses parents de son retour prochain. Mais la surprise s’avère être de taille, lorsque curieusement, c’est un petit garçon qui décroche. Il s’appelle Alexandre, comme son petit frère décédé il y a une dizaine d’années. Franck se pose alors quelques questions : qui est ce petit garçon ? Ses parents n’auraient-ils pas déménagé ? Où sont-ils ?... Il décide cependant d’aller voir ce qu’il se passe.

En parallèle, Louise, décide elle aussi de retourner dans la maison de ses beaux parents afin d’y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise ne s’étaient vus qu’une seule fois, lors de l’enterrement d’Alexandre. Cette fois-là, ils ne s’étaient pas parlé. Et pourtant, en ce voyant cette seconde fois, une sorte d’osmose nait entre ces deux personnages. Ils ont la faculté de se comprennent sans réellement se confier, sans réellement se parler…

 

Il va m’être difficile de parler de ce roman et pourtant, je l’ai vraiment aimé… Seulement voilà, je me retrouve devant la « page blanche » avec finalement très peu de choses à dire à part peut-être qu’il faut le lire pour savoir… Mais essayons…

Le roman est lent, mais bizarrement, ça ne m'a pas déplu… L’auteur prend le temps de créer un cadre, de guider son lecteur, de lui faire part du décor dans lequel évolueront les personnages… L’auteur nous fait, par ailleurs, une sorte d’ode à la nature, car une très grande partie du roman nous décrit des paysages champêtres. Tout au long de ma lecture, j’ai pu ainsi prendre le temps de percevoir les sentiments des personnages, leur manière de voir les choses, entrer dans leur tête,… Même s’il ne se passe pas grand-chose, j’ai aimé ce roman qui se déroule tout en finesse, en lenteur et en poésie. J’ai eu la réelle impression d’être bercée par les mots, de voir ce décor, de comprendre les sentiments, les inquiétudes, les situations des deux protagonistes.  Finalement, on pourrait presque dire qu’il s’agit d’une histoire banale et sans action mais la plume de Serge Joncour est vraiment magnifique. J’ai d’ailleurs pour fâcheuse habitude de corner les pages pour me souvenir des passages que j’ai aimé, pour garder une trace de ces belles phrases. Hé bien là, le livre est corné, archi corné même. L’écriture de l’auteur est assez simple, sans fioritures, sans grandes phrases, et pourtant je trouve les mots bien choisis et bien assemblés. Le tout forme un ensemble très agréable à lire et donne un texte vraiment très beau et très poétique.

L’amour sans le faire, c’est une histoire simple et décousue à la fois, où l’on assiste à la rencontre de deux êtres perdus, à la dérive. Les deux personnages semblent épuisés par leur mode de vie, par leur lieu d’habitation, par la vie, d’une manière générale. J’ai d’ailleurs eu parfois l’impression d’avoir affaire aux personnages de Les heures souterraines de Delphine de  Vigan. J’ai eu l’impression d’assister au même naufrage d’êtres humains…

Ces personnages m’ont d’ailleurs beaucoup émue. Je ne peux pas dire qu’un personnage m’a plus plu qu’un autre car tous ont une psychologie à la fois complexe et intéressante. J’ai trouvé que chaque personnage apporte un petit peu de fraîcheur au roman. Louise par sa finesse et sa pudeur. Franck par son côté « ours », par cette carapace qu’il endosse. Et le petit Alexandre pour sa fraîcheur, sa joie de vivre. En chacun des personnages, j’y ai trouvé une force assez incroyable alors que, pourtant, tous se sentent et se voient comme faibles…

 

 

En bref

Serge Joncour nous offre un beau moment de lecture avec L’amour sans le faire. L’histoire est simple, voire même banale, mais l’histoire est très pleine de tendresse, les personnages sont accessibles, « humains ». La plume de l’auteur, quant à elle, est vraiment sublime.

 

 

« Ne pas pouvoir s’aimer, c’est peut-être encore plus fort que de s’aimer vraiment, peut-être vaut-il mieux s’en tenir à ça, à cette très haute idée qu’on se fait de l’autre sans tout en connaître, en rester à cette passion non encore franchie, à cet amour non réalisé mais ressenti jusqu’au plus intime, s’aimer en ne faisant que se le dire, s’en plaindre ou s’en désoler, s’aimer à cette distance où les bras ne se rejoignent pas, sinon à une peine du bout des doigts pour une caresse, une tête posée sur les genoux, une distance qui permet tout de même de chuchoter, mais pas de cri, pas de souffle, pas d’éternité, on s’aime et on s’en tient là, l’amour sans y toucher, l’amour chacun le garde pour soi, comme on garde à soi sa douleur, une douleur ça ne se partage pas, une douleur ça ne se transmet pas par le corps, on n’enveloppe pas l’autre dans sa douleur comme le submerge de son ardeur. C’est profondément à soi une douleur. L’amour comme une douleur, une douleur qui ne doit pas faire mal. »

 

 

Les avis de Laeti, histoire de livres, ...

 

 

Flammarion, 320 pages, 2012

 

 

J’en profite pour remercier PriceMinister pour l’envoi de ce roman auquel j’attribue la note de 17 (en savoir plus sur le roman).

http://www.priceminister.com/blog/wp-content/uploads/2012/08/Rentr%C3%A9e-Litt%C3%A9rraire-V2-logo.jpg

 

 

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2/7

 

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 16:02

 

http://p3.storage.canalblog.com/35/85/552745/68211112_p.jpgBagneux, début de l’année 2006…

Après plusieurs kidnappings ratés, Yacef et sa bande parviennent enfin à réussir leur premier rapt. Aguiché par une jeune fille plutôt sexy, la victime se laisse lentement entraîné vers un piège dont il n’en sortira pas vivant. La victime s’appelle Elie, il est jeune et il est choisi parce qu’il est Juif. Le fait d’être juif, pour Yacef signifie forcément être riche, et, au pire, même si la cible n’est pas riche, la communauté juive est unie et peut s’entraider pour payer une rançon. Cependant, le chef de la bande se trompe et se laisse aveugler par des idées profondément stéréotypées. Elie n’est pas riche. Il vient d’une famille plutôt modeste et lui-même est vendeur de téléphones mobiles.

Le kidnapping d’Elie qui devait durer initialement trois jours durera en fait trois semaines. Trois semaines de torture, d’humiliation s’ensuivront pour Elie durant lesquelles Yacef espérera tirer désespérément quelques euros. En vain.

 

Pour ma part, l’histoire du « gang des barbares » m’était totalement inconnue. Il faut dire que lors des faits, je n’avais que quatorze ans, âge auquel je ne s’intéressais pas vraiment à l’actualité. En débutant la lecture de ce livre, je ne savais donc que très vaguement de quoi il en retournait. J’ai eu l’occasion de rencontrer Morgan Sportes à la fête du livre de Saint Etienne l’an passé, au cours de laquelle j’ai pu entendre l’auteur nous décrire son roman, nous décrire les failles de notre société. Mais je dois dire que je ne m’attendais pas à cela. Et là, c’est le choc… Le choc car la violence, la haine, le dégout, le racisme m’ont sauté aux yeux. Je suis ressortie de cette lecture l’esprit ailleurs, le cœur retourné, complètement chamboulée.

Il faut dire que l’auteur nous narre platement ce qu’il s’est passé au début de l’année 2006 avec un ton quasi journalistique. C’est d’ailleurs ce ton neutre et cru à la fois qui m’a gênée au début de ma lecture. Cru parce que, malgré tout, Morgan Sportès ne lésine pas sur les détails. L’auteur n’apporte pas vraiment de jugement concernant les personnages, les faits (et pourtant il y aurait de quoi !). Il se contente de quelques petites vannes, de quelques petites remarques, de quelques hypothèses qui en disent parfois beaucoup concernant les failles du plan de Yacef, concernant cette bande de bras cassé.

J’ai été sidérée par tant de choses dans ce livre… Tout d’abord, je me suis demandée pourquoi. Pourquoi personne n’a osé parler alors que nombre de personnes étaient au courant (famille, amis, membres de la bande, …) ? Même les geôliers qui ont surveillé Elie étaient contre le chef de leur gang, contre sa façon d’agir. Nombre d’entre eux ont pris pitié, ont veillé le plus possible sur leur victime, ont souhaité arrêter sans jamais se rebeller, sans jamais se dénoncer, dénoncer ce qu’il se passait dans cet appartement, dans cette cave. J’ai été également choquée par le manque de conscience, le manque de maturité des personnages représentés dans ce livre. Les filles, servant d’appât, se contente de faire « leur travail » sans se demander pourquoi attirer une cible dans une ruelle obscure sans passant. Toutes ne se font que des suppositions fausses concernant le but de cette action. Tous les membres du gang des barbares semblent sous l’emprise de Yacef, semblent avoir peur de leur chef… J’ai été sidérée par la manière dont les membres acceptent « leur mission ». Cette mission semble être une sorte de fatalité, une sorte de banalité à effectuer sans qu’aucun d’entre eux ne pensent vraiment à une quelconque morale. J’ai été assez surprise de voir également que nombre d’entre eux ont des parents salariés, des frères et sœurs qui font des études alors que les membres de ce gang ne cherchent qu’à se faire de l’argent facile, de l’argent sale, quitte à risquer leur peau, et la peau de leur famille. Et puis surtout, j’ai été réellement choquée par le personnage de Yacef qui semble ne pas se rendre compte de la violence, de la gravité de ses actes. Il semble prendre cela à la légère, semble être fier de ce qu’il a fait. Il déclarera d’ailleurs au procès lorsque la présidente de la cours d’assises de Paris lui demandera de décliner son identité, sa date et son lieu de naissance « Je suis née à Sainte-Geneviève-des-Bois le 13 février 2006 » (endroit et jour où Elie fût brûlé vif).  Assez bizarrement, j’ai éprouvé une certaine pitié pour ces jeunes déboussolés, désorientés, sans morale, sans éthique, sous influence des uns et des autres. La rupture social est grande, nous saute immédiatement aux yeux…

C’est un livre que j’ai lu en apnée, hypnotisée par ses mots, par sa violence. C’est un livre qui nous montre les failles de notre système actuel, de notre monde actuel.  Je me suis également beaucoup interrogée sur la place des religions dans notre monde. Il faut dire que ce livre démontre plus ou moins que les conflits de religions sont toujours bien présents, bien réels…

 

 

 

En bref

Dérangeant, terrifiant mais passionnant, Tout, tout de suite est un livre qui fait froid dans le dos et nous jette en pleine figure la violence de nos sociétés actuelles…

 

 

« Que devient Elie dans cette affaire ? Une chose. Un objet de négoce. Entre l'Etat et un petit voyou. Une sorte de fétiche aussi, sur lequel Yacef, pour passer sa rage, frappe et s'acharne. Une poupée de magie noire qu'on crible d'épingles. Un trésor encore, enterré au fond d'une cave. Un capital dont le récent "propriétaire" enrage de ne pouvoir tirer profit. Cette "marchandise", en effet, ne trouve pas à se "vendre". Sa cote baisse donc. Mais, avec cette cote, c'est la cote même de Yacef qui s'écroule : à ses yeux à lui, comme à ceux des types de sa bande. Lui, le caïd, ne serait-il qu'un charlot ? Ceux de Bobigny, déjà, le laissent choir. (...) Yacef est un général sans armée, ou presque. Il avait suscité toutes sortes de rêves. Ces rêves s'écroulent, comme ceux de la Perrette du pot au lait : le pot au lait en l'occurrence est un jeune homme de 23 ans, crevant de froid, pieds et poings liés, nu, au fond d'une cave obscure. »

 

 

 

Les avis de Stéphie, Soukee, lasardine, ...

 

Fayard, 379 pages, 2012

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 15:03

 

http://www.livraddict.com/covers/13/13655/couv24129396.jpgLe commandant Salvatore Pirraci navigue depuis une vingtaine d’année aux larges des côtes de l’Italie, afin d’y intercepter les bateaux contenant des voyageurs clandestins se dirigeant vers l’île de Lampedusa. Cependant, ce travail le pèse de plus en plus. Il ne supporte plus cette vie, de briser des rêves de plusieurs millions de personnes.

Un beau jour, en ville, il sent une présence, quelque chose qui le fixe sans relâche. Il découvre alors que cette présence est celle d’une femme. Elle l’a suivi jusqu’à chez lui parce qu’il faut qu’elle lui parle, il faut qu’elle lui demande quelque chose. Cette femme, il l’a sauvé du naufrage du bateau le Vittoria quelques années plus tôt. Durant cette traversée chaotique, elle a perdu son bébé. Ce dernier est mort de soif et pour éviter un risque de contamination, elle a dû le jeter par-dessus bord. Si elle a gardé une raison de vivre, c’est parce qu’elle souhaite aujourd’hui plus que jamais se venger des passeurs qui l’ont trahie et qu’elle a finalement réussi à identifier. Elle souhaite retourner en Moyen-Orient et mettre fin à leurs jours. Si elle a besoin du commandant, c’est parce qu’elle est à la recherche d’une arme pour effectuer son ultime vengeance. Face à cette force, le commandant ne peut qu’accepter. Mais cette détermination l’angoisse. Cette rencontre provoque un déclic : il faut qu’il change de vie.

En même temps, Soleiman et Jamal, deux frères soudanais, sont en train de faire leurs adieux à ceux qu’ils connaissent. Ils quittent enfin leur pays, espérant trouver leur bonheur ailleurs, en Europe. Mais la tâche s’avère être beaucoup plus complexe que ce qu’ils avaient prévu.

 

J’avais aimé, adoré le Soleil des Scorta du même auteur.  J’avais été bluffée par cette écriture qui sait transporter, cette écriture foisonnante, et pleine de détails. J’ai eu envie d’aller plus loin avec cet auteur, alors j’ai acheté plusieurs livres de lui espérant être encore émerveillée… Et le pari est plutôt réussi… Je pense que je peux désormais affirmer que Laurent Gaudé est « une valeur sûre ». Même si j’avoue avoir préféré de loin Le soleil des Scorta, j’ai beaucoup aimé Eldorado.

Eldorado évoque, comme vous avez pu le voir, un thème très courant, très tendance dans les médias en ce moment : celui de l’immigration. Très tendance car le nombre de voyages clandestins provenant de l’Afrique vers l’Europe ne diminuent pas, et ce, malgré les risques pris par ces immigrants. Le risque de mourir durant le transport est bien présent, le risque de perdre son identité et sa culture en parvenant à ses fins est réel. Et malgré le fait que ce livre soit très court, on en apprend beaucoup sur les raisons de ces voyages clandestins, sur la manière dont tout cela se passe en amont et en aval. Et finalement, c’est un livre qui m’a fait réellement réfléchir sur mon propre sort, qui amène de grandes réflexions.

C’est un livre qui m’a complètement sonnée. J’ai été parfois surprise et décontenancée de découvrir de telles atrocités, de lires ces phrases qui vous prennent aux tripes. Et pourtant, même s’il s’agit bel et bien d’un roman, je suis sûre que la réalité n’est pas si loin que cela et que Laurent Gaudé n’en fait pas des tonnes sur le sort qui leur est réservé. Vous l’aurez compris, le thème m’a profondément touchée et une chose est sûre, on ne ressort pas indemne de ce roman.

Je me suis attachée aux personnages, j’ai été émue par leurs aventures. Mais le personnage qui m’a le plus marqué restera cette femme que le commandant Pirraci accepte d’aider. Son sort m’a coupé le souffle, m’a brisée, d’une certaine manière, dès les premières pages de lecture. Il faut dire que son récit est réellement poignant. De plus, l’auteur raconte cet épisode de sa vie d’une manière très détaillée, très réelle, le tout avec une écriture réellement extraordinaire… J’ai été époustouflée par son sort, par cette force de et cette envie de vivre…

J’ai retrouvé cette écriture riche, pleine de détails, rempli de couleurs diverses et variées. L’auteur nous narre une histoire de manière fluide, avec humanité et poésie. Plusieurs fois j’ai réussi à voir cette Italie que l’auteur décrit si bien. J’ai eu cette douce impression de voyager, même si le voyage n’est pas toujours agréable et paisible.

Cependant, je trouve quelques défauts à ce roman : par sa petite taille, des détails manquent, des détails, qui, pourtant, aurait pu rendre la lecture d’autant plus appréciable. J’ai déploré le fait qu’on n’en sache pas plus sur les raisons pour lesquelles Soleiman et Jamal décident de quitter leur pays. On comprend qu’il s’agit d’un besoin, d’un besoin urgent même. Mais pourquoi ? L’auteur prend peut-être le parti pris de laisser soin aux lecteurs d’imaginer les raisons de cette immigration, mais je pense que j’aurais peut-être préféré un cadrage net, précis…

 

 

En bref

Eldorado est un roman magnifique, rempli d’une force incroyable et qui, pourtant, ne laisse pas vraiment de place à l’espoir. Il s’agit d’un roman coup de poing dont on ne ressort pas indemne. A mettre entre toutes les mains !

 

 

« Je me suis trompé. Aucune frontière n'est facile à franchir. Il faut forcément abandonner quelque chose derrière soi. Nous avons cru pouvoir passer sans sentir la moindre difficulté, mais il faut s'arracher la peau pour quitter son pays. Et qu'il n'y ait ni fils barbelés ni poste frontière n'y change rien. J'ai laissé mon frère derrière moi, comme une chaussure que l'on perd dans la course. Aucune frontière ne vous laisse passer sereinement. Elles blessent toutes. »

 

 

 

J'ai lu, 220 pages, 2009

 

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Published by Marion - dans Romans
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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 11:04

 

http://www.livraddict.com/covers/84/84076/couv582252.jpgLorenzo a quatorze ans, mais ne semble pas rentrer dans le moule. En effet, il n’est pas un garçon normal, il n’est pas un garçon comme les autres. Lorenzo est un garçon solitaire, qui refuse de s’approcher des autres depuis toujours, mais cette situation lui convient parfaitement. Ses parents, quant à eux, sont désespérés par cette situation et espèrent avec force, qu’un jour Lorenzo ramènera l’un de ses camarades de classe à la maison. Ses parents ont tout tenté mais rien n’y fait. Lorenzo est contraint d’aller chez un psychologue pour essayer de résoudre son problème… Lui, ce qu’il veut, c’est avoir la paix. Il se réfugie alors de manière très régulière chez sa grand-mère Laura pour faire croire à ses parents qu’il a une vie sociale…

Un jour,  il entend le petit groupe d’Alessia, la plus belle fille du lycée,  parler d’une petite virée d’une semaine à la montagne… En rentrant, il décide de dire à sa mère qu’il a été invité. Cette dernière est folle de joie. Elle s’enferme même dans la salle de bains quelque instant pour pleurer un bon coup… Lui qui pensait faire une bonne blague à sa mère se retrouve coincé et ne peut plus revenir en arrière… Son seul recours, c’est de s’enfermer dans la cave de l’appartement familiale pendant une semaine. Il part alors avec un sac rempli de provisions diverses et variées : des gaufrettes, des boîtes de conserve, des romans de Stephen King, sa Playstation, … Seulement voilà, Lorenzo n’avait pas planifié que sa demi-sœur Olivia débarquerait... La tranquillité de Lorenzo sera alors mise à rude épreuve…

 

Au premier abord, j’ai été dérangée par cette écriture un peu trop simple, un peu trop limpide, à ce manque de détails, à cette écriture un peu pudique, un peu trop dynamique aussi. Oui ça fait beaucoup, mais je crois que je ne m’attendais pas vraiment à cela en ouvrant ce livre… En fait, j’ai eu l’impression d’entrer tout de suite au cœur de l’histoire sans avoir eu le temps de vraiment me sentir bien dans le roman, sans vraiment comprendre ni connaitre les personnages… Finalement, je crois que j’aurais aimé découvrir cette atmosphère familiale un peu plus lentement, connaitre cette famille de manière plus progressive…

Et puis, petit à petit je me suis mise à avoir une certaine envie de connaitre la suite, de comprendre ce petit Lorenzo qui s’est révélé être un bonhomme tout à fait attachant. Très vite, son histoire m’a d’ailleurs énormément touchée, m’a émue… Finalement, il m’aura fallu quelques appréhensions et quelques pages de lecture pour aimer ce livre, pour avoir une envie folle de le lire dès que le temps me le permettait, et pour le dévorer à ma façon. J’ai été touchée par cette histoire qui nous raconte les difficultés d’un adolescent à aller vers les autres, à sa manière de faire croire que tout va bien, que cette situation est celle qu’il désirait… On revient sur le retour difficile d’un bonhomme qui se cherche, qui cherche à se construire sous le regard difficile et pas toujours très avenant des autres. Et puis, l’histoire devient encore plus prenante, m’a un peu plus prise aux trippes lorsqu’Olivia débarque et gâche sa semaine de tranquillité. Sa demi-sœur est elle aussi paumée, et pourtant, tous deux forment un couple de personnages mal assortis… Alors que Lorenzo ne demande qu’à être seul, Olivia, elle cherche un refuge, une aide, un soutien… J’ai eu des frissons dès lors qu’Olivia est apparue dans cette histoire, et ce jusqu’à la fin de ce roman… L’auteur nous transmet alors une profusion de sentiments divers et variés allant de la rage, à l’inquiétude, à l’incompréhension, à l’amour, … Mais tous les deux, grâce à cette rencontre soudaine et incongrue vont grandir, changer et s’avouer des choses qu’ils n’auraient jamais dit à personne.

Je m’attendais plus ou moins à cette fin-là, mais quand même, je suis ressortie de cette lecture bouleversée, chamboulée, l’esprit ailleurs…  

Au final, la seule chose que l’on peut déplorer à ce roman, c’est le fait qu’il soit court, cruellement court… J’aurais aimé continuer un petit bout de chemin avec ces personnages, savoir ce qu’il y a eu après l’épisode de la cave… Bref, avoir une suite.

 

En bref

Moi et toi est un huit clos prenant réunissant deux personnages que tout opposent. De ce roman, il en ressort une force inouïe et un amour incroyable qui permettront aux personnages de grandir et de faire fuir leurs vieux démons. C’est un roman magnifique, qui nous donne une belle leçon de vie. 

 

 

«  Ces quatre-là étaient différents des autres. Ils s’occupaient de leurs oignons et on comprenait qu’ils étaient amis pour la vie. On aurait dit qu’ils avaient autour d’eux une bulle invisible dans laquelle personne ne pouvait entrer à moins qu’ils ne l’acceptent. »

 

 

Les avis de Noukette et Plume de Cajou

 

 

Robert Laffont, 150 pages, 2012

 

 

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 15:01

J’avais aimé le premier tome, et le second tome aussi… Je ne pouvais pas passer à côté du troisième tome... Il faut dire que ces deux premiers opus m’ont hypnotisée, et m’ont fait, il faut bien l’avouer, découvrir un univers de lecture très différent du mien… Toutes ces histoires de fantômes, d’êtres extraordinaires ne sont pas vraiment ma tasse de thé en temps normal… Pourtant, j’adhère entièrement au style de Carlos Ruiz Zafòn. Bref, à son habitude, l’auteur a su m’enchanter.

 

http://www.livraddict.com/covers/70/70042/couv8489831.jpgEn 1937, Simone Sauvelle perd son mari à la suite d’une maladie et se retrouve veuve sans un sou en poche. Pleine de dettes, Simone tente de survivre et de faire vivre sa famille composée de Irène, sa grande fille de quinze ans et de Dorian, son jeune fils… Jusqu’au jour où l’un des amis de son mari lui propose de partir en Normandie pour occuper un poste de secrétaire chez Lazarus Jann, un brillant inventeur de jouets. Ce dernier vit à Cravenmoore, une immense propriété, dans laquelle il vit reclus avec sa femme Alexandra, gravement malade depuis vingt ans. Cravenmoore est aussi le lieu dans lequel prend forme toutes ses inventions, tous ses automates… Cette demeure se révèle donc à la fois fascinante et effrayante car chaque recoin de la maison héberge une marionnette, une figurine créée par Lazarus. Cependant, la famille Sauvelle tombe très vite sous le charme de leur employeur à la gentillesse et à l’attention extrême. La petite famille semble très vite retrouve rune vie paisible et tranquille en Normandie…

Irène rencontre alors Hannah, une employée de Lazarus Jann du même âge qu’elle qui lui présente ainsi son cousin Ismaël. Ce dernier et Irène tombent amoureux et débutent une relation pleine de complicité… Mais Hannah disparait brutalement à la suite d’un assassinat. Ismaël et Irène mènent l’enquête et découvrent qu’elle a surement été tuée par quelque chose d’horrible et inimaginable car de gros coups de griffes sont retrouvés un peu partout autour du corps. En parallèle, Dorian perçoit la présence d’une ombre maléfique qui rôde autour de leur petite habitation… Et si leur existence était en train de basculer ?

 

A nouveau, j’ai aimé me replonger dans l’univers si particulier de cet auteur… Je dois même ajouter à cela que ce tome est certainement celui que j’ai le plus apprécié de cette trilogie. Encore une fois, Carlos Ruiz Zafòn m’a fait passer un excellent moment de lecture avec une multitude de rebondissements et avec des personnages hauts en couleurs.

En effet, ce troisième opus s’avère être très dynamique ; les pages se sont tournées rapidement avec l’envie de connaitre le fin mot de cette histoire. Outre les éléments étranges qui se déroulent autour des personnages centraux, on retrouve aussi des éléments périphériques qui apportent un petit plus non négligeable à l’histoire. Je pense par exemple à la rencontre entre Ismaël et Irène, ou encore à la mort du mari de Simone Sauvelle, ou encore à la rencontre avec Lazarus Jann. Tout ceci permet de former un cadre net, dynamique et forme une histoire bien construite, bien détaillée, bien finie… Les personnages soient un peu plus mûrs, un peu plus âgés, ce qui rend l’histoire un peu plus crédible. On comprend alors comment des adolescents peuvent partir à la recherche d’ombre, peuvent chercher à affronter des êtres effrayants. L’histoire d’amour entre Ismaël et Irène est, je trouve, un peu mieux construite, un peu moins bâclée, beaucoup plus romantique aussi que dans les tomes précédents. Les personnages, quant à eux, sans être vraiment attachants sont mieux finis, mieux décrits moralement. De manière générale, ce troisième livre est très abouti, très bien fignolé, beaucoup mieux traité en profondeur, contrairement aux deux autres où il manquait parfois quelques détails permettant une compréhension et une narration plus fluide…  

Le cadre proposé par l’auteur est également intéressant et rend l’histoire un peu plus intrigante que les fois précédentes (et pourtant l’auteur avait fait preuve d’ingéniosité concernant les lieux dans lesquels l’action se déroulait…). En effet, j’ai trouvé que l’auteur prenait un peu plus le temps de décrire l’environnement des protagonistes. Ces descriptions sont plutôt bien élaborées et m’ont ainsi permises de m’immerger entièrement dans cette Normandie d’avant-guerre. Finalement, j’ai eu l’impression d’y être, de comprendre ces descriptions, sans être jamais allée dans cette région, ce qui est très agréable. Voilà, Carlos Ruiz Zafòn a un réel don pour faire voyager son lecteur, et ce, quelque soit l’endroit dans lequel se déroule l’action.

Finalement, j’en arrive presque à penser que ce troisième tome est plus un roman adulte que les deux précédents. En effet, l’histoire est plus complète, plus traitée en profondeur, mais surtout, j’ai éprouvé une profonde terreur en lisant ce troisième opus…

 

 

En bref

Les lumières de septembre est certainement le livre le plus abouti de la trilogie de la brume, et pour cette raison, il est celui que j’ai préféré. L’auteur nous fait entrer dans un univers hors du commun, mais qui s’avère finalement très vite terrifiant. C’est une série avec lequel j’ai passé un très bon moment de lecture, mais qui cependant, ne me restera pas très longtemps en mémoire.

 

 

 « Depuis cette nuit-là, j'ai su qu'un jour, peu importait quand, notre heure viendrait. Que, quelque part au loin, les lumières de septembre brilleraient pour nous et que, cette fois, il n'y aurait plus d'ombres sur notre chemin. Cette fois, ce serait pour toujours. »

 

 

Ce livre a été lu dans le cadre d’une lecture commune organisée sur Livraddict avec Pomm et Luna.

 

 

Robert Laffont, 260 pages, 2012

 

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