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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 11:37

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« Un inventeur-dépressif rencontre une fille qui disparaît quand on l’embrasse. Alors qu’ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise d’un coup. Aidé par un détective à la retraite et un perroquet hors du commun, l’inventeur se lance alors à la recherche de celle qui "fait pousser des roses dans le trou d’obus qui lui sert de cœur". Ces deux grands brûlés de l’amour sauront-ils affronter leurs peurs pour vivre leur histoire ? Le plus petit baiser jamais recensé est un vrai faux polar romantique. Suite métaphorique de La Mécanique du cœur, ce roman teinté de mélancolie regorge de gourmandise explosive. Comme si Amélie Poulain dansait le rock’n'roll et croisait le Petit Prince avec un verre de whisky. » (quatrième de couverture)

 

 

Pas besoin d’en dire plus… La couverture et la quatrième de couverture vous laissent entrevoir dans quel univers vous entrez : celui du rêve où la poésie des mots se mêle avec un univers complètement déjanté, fou.

Quelques pages et le coup de cœur opère déjà. L’auteur nous livre ses histoires d’amour chaotiques, avec pudeur, sensibilité. Ses questionnements, ses peurs, ses pertes, ses découvertes, ses plus beaux moments d’amour sont retranscrits avec poésie, délicatesse et humour. L’écriture de Mathias Malzieu, cette histoire à la fois dingue, magique et belle vous donne des frissons et vous plonge dans cet univers tant aimé. Tout à coup, on a l’impression de retomber en enfance, de faire marcher à fond les ballons son imagination pour se représenter les quelques figures imaginaires qui sont utilisées. De la veste en bonbons nounours en passant par l’appartelier ou la wi-fille l’auteur ne cesse de nous surprendre, de nous faire rêver.

Quelques passages sont par ailleurs un rappel aux précédents livres de l’auteur : de Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi en passant par La mécanique du cœur, l’auteur nous replonge dans ses précédents ouvrages avec douceur. Tout à coup, l’envie de les relire est bien présente. Ses livres ont été pour certain une cure face au deuil, un bouillon de beauté, un livre de chevet qu’on ouvre de temps à autre rien que pour savourer quelques pages, quelques-uns de ces mots un peu trop bien assemblés.

Vous l’aurez compris, Le plus petit baisé recensé est un coup de cœur, un vrai… Se plonger dans cet univers, c’est accepter de retomber en enfance, d’entrer dans un univers magique, stupéfiant, enchanteur et doux à la fois… Merci Mathias Malzieu pour ce moment de lecture hors du commun !

 

Mes avis sur Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, La mécanique du coeur, Métamorphose en bord de ciel.

 

 

« Ce soir-là, je ne pus me résoudre à regagner mon appartelier. Besoin d’échapper à moi-même. Arrêter de penser.

Boire les étoiles au goulot était une technique pour bloquer la machine temporelle. Flouter le passé et le futur quelques heures pour se poser dans l’hyper-présent avec du whisky déguisé en Coca, du rhum caché dans les feuilles de menthe. Je voyais mes démons cavaler à travers les bulles, pieds au plancher comme l’hiver dernier. Je ne pensais qu’à une chose : retrouver un autre temps. Celui d’avant l’explosion de la centrale à rêves. »

 

Flammarion, 158 pages, 2013

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 17:58

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Guillaume de Fonclare nous raconte son combat contre la maladie. Une maladie qui le paralyse petit à petit. Malgré tout, il tente de retrouver une vie normale, s’obligeant à marcher chaque jour un peu plus loin.

En parallèle, il nous parle du suicide de son meilleur ami qu’il tente de s’expliquer en vain. Un matin, après avoir dit au revoir à ses filles en les déposant à l’école, Serge, s’est rendu, comme d’habitude à son travail. Là, il est monté au cinquième étage de l’immeuble, il a déposé soigneusement sa veste sur la chaise, est monté sur celle-ci et a sauté dans le vide. Cette mort, il ne se l’explique pas et cherche une explication. Pression au travail ? Souvenirs qui le hantaient ? Autant de questions auxquelles il tente de répondre à travers ce livre.

 

 

Dans tes pas avait été présenté à la Grande Librairie et j’avais eu envie de le découvrir. Souhait exaucé grâce à Moka et son bloganniversaire (Merci encore !).

Dans tes pas un roman décousu, retraçant à la fois un combat contre la maladie, et des explications, des suppositions du suicide de Serge. Aucun jugement n’est apporté… Juste des questions concernant la manière dont cet acte va être vécu par ses filles. Pourquoi ne pas s’être confié ? Pourquoi avoir pris tant de précautions en posant sa veste ? Pourquoi être monté au cinquième étage ? Tant de questions qui resteront en suspens… Avec pour seul but de rendre hommage à son ami.

 J’ai particulièrement apprécié l’écriture de l’auteur, hachée, presque musicale, malgré une grande douleur ressortant de l’ouvrage.

Dans tes pas est l’un de ces romans bouleversant dont on ne peut pas ressortir indemne, sans se poser aucune question, sans avoir la gorge nouée. Il ressort de ce roman une grande preuve d’amitié, une réelle douleur et une certaine réflexion sur la vie. A découvrir !

 

 

«De toi , je n'ai rien appris du mystère de la vie, et celui de la mort s'est fait plus épais. Cependant, c'est le murmure de ta voix qui m'encourage à exister et à demeurer debout; malgré toutes les difficultés, et l'énigme de ta fin m'encourage à vivre pleinement; rien n'est assuré pour quiconque, joie, bonheur, tristesse ou désespérance.»

 

 

Editions Stock, 94 pages, 2013  

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 15:25

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Depuis 1986, le cirque des rêves se déplace à travers le monde sans que jamais personne ne sache à l’avance où il va aller, et combien de temps il va rester. Il apparait simplement un beau matin, au milieu d’un champ ou d’une ville, et disparait du jour au lendemain, sans aucune annonce et sans laisser de trace. Au sein de ce cirque très particulier, deux artistes, Marco et Célia, s’affrontent sans le savoir dans un duel dont ils ne connaissent pas les règles. Tout ce qu’ils savent, c’est que ce duel ne supportera qu’un seul vainqueur et que l’autre périra…

Mais les deux illusionnistes s’aiment comme il n’a jamais été possible d’aimer… Si bien que ce duel semble ne jamais obtenir de fin.

 

 

J’ai plus été intriguée par cette couverture enchanteresse, par cette tranche rouge et par ces pages collées, qui craquent comme celles d’un vieux roman que par le résumé même de l’histoire. Et pourtant, il n’y a pas que l’objet même du livre qui peut vous enchanter… Ce roman est tout simplement hybride, comparable à aucun autre, avec néanmoins un univers assez proche de celui de Tim Burton ou Mathias Malzieu.

Et pourtant… On ne peut pas dire que je sois forcément une fan de cirque… Mais ce cirque-là, il est incomparable… Plus qu’un cirque, c’est votre cirque, tel que vous pouviez ou vouliez l’imaginer sans jamais penser qu’il pourrait un jour prendre forme.  

Les nombreuses descriptions proposées par Erin Morgenstern m’ont permis de me promener sans peine dans ce cirque imaginaire, rempli de magie, d’odeur, d’absence de couleur (l’univers décrit est majoritairement noir et blanc). Au milieu de l’histoire, se glisse quelques chapitres purement descriptifs - à la seconde personne du singulier – de ce que contiennent les chapiteaux, ce qui permet d’imaginer un cadre global, sans pour autant se contraindre à celui-ci. Souvent, j’ai pu imaginer ce cirque des rêves au-delà des descriptions qui en sont faites en rajoutant des détails délicieusement oubliés.

L’intrigue en elle-même est plutôt originale, mais également très intrigante. Les illusionnistes s’interrogent, interrogent leur maître pour tenter de comprendre l’intérêt de ce duel. Mais l’intrigue ne se porte pas uniquement sur cela. Le cirque en lui-même suscite des questions, tout comme chacun des artistes se représentant au sein de la structure. D’un chapitre à l’autre, le lecteur est confronté aux histoires personnelles de chacun, à la mise en place de ce cirque, à la manière dont nos deux protagonistes ont été formés, entraînés.

J’ai particulièrement été émue par cette histoire d’amour forte, entraînant les protagonistes, mais aussi tous les autres acteurs du cirque dans une situation difficile.

Seul bémol de cette lecture : une chronologie hachée, non linéaire formant parfois un ensemble un peu brouillon. Pour ma part, j’ai souvent perdu mes repères, et j’ai souvent eu du mal à m’y retrouver. Le nombre de personnages étant important, il est également parfois difficile de s’y repérer aisément et de repérer précisément qui est qui et qui joue quel rôle.

Malgré ce point brumeux, je ne peux que vous conseiller d’ouvrir Le cirque des rêves pour savoir ce qu’il contient, pour comprendre à quel point l’univers développé est singulier et indescriptible...

 

 

« En t'éloignant du Cirque des rêves dans le jour qui se lève, tu te dis que tu étais plus éveillé lorsque tu étais dans l'enceinte du cirque.

Tu ne sais plus de quel côté de la grille est le rêve. »

 

 

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9/7

 

 

Editions Flammarion, 496 pages, 2012

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 18:20

 

 

http://www.cultura.com/ressources/products/1/4/1/7/6/8/1377809.jpgC’est l’été et la chaleur a envahie Dawnhal. La maison Tiffany travailler désormais sur les robes pour le bal d’été, mais à cause des caprices de Bianca, l’atelier est privé d’une couturière, ce qui oblige les autres à travailler d’autant plus. Par ailleurs, l’état de santé d’Elinor ne s’améliore pas. Cette dernière refuse toujours de s’alimenter et est de plus en plus faible. Les médecins préconisent une hospitalisation, mais la maison Tiffany ne peut se passer d’Elinor, seconde de Bianca…

En plus de cela, la mère de Bianca et Abel doit livrer en personnes des robes à Pékin afin d’y effectuer des retouches. Les deux enfants doivent alors gérer la maison seuls pour le bal d’été…

 

 

Souvenez-vous… Il y a quelques billets de cela, je faisais la rencontre de la série Elinor Jones (tomes 1 & 2 ici) que j’avais aimé pour ses décors, pour son histoire… Eh bien voilà la fin d’une aventure ! Aventure qui me laissera un gout amer !

J’avais été habituée à des décors et costumes splendides, à une histoire et à des dialogues bien construits… Et ce dernier tome n’est vraiment pas à la hauteur de mes attentes. Cette fin sonne faux, elle semble bâclée. Les dialogues sont comme creux, vides, avec peu d’importance.

Ajoutons à cela le fait que la couverture dévoile complètement la fin de cette série… On voit Elinor couchée, les yeux fermés, l’air paisible… Autant vous dire qu’on pense tout de suite qu’elle n’a pas survécu à son anorexie. La raison de son problème de santé est d’ailleurs enfin révélée dans ce dernier tome. On apprend qu’Elinor a la phobie de grossir puisque sa mère avait le corps complètement déformé à cause de ses multiples grossesses. Il était temps de comprendre, de savoir, mais tout ceci n’est abordé que très succinctement… A peine deux ou trois répliques suffisent pour apporter un élément de réponse. Très franchement, je pense qu’il aurait été nécessaire de consacrer un peu plus de temps à l’anorexie, élément assez central dans l’histoire et notamment dans ce dernier tome.

Les robes, surreprésentées dans les précédents tomes, ne sont ici que très peu visibles, c’est-à-dire tout juste deux ou trois planches… Là encore, c’est dommage puisque le peu que j’ai pu apercevoir étaient magnifiques, vives, pleines de couleurs et de vie…

Néanmoins, je garderai un bon souvenir des dessins de la série. Très girly, certes, mais bien fini, avec des couleurs franches, des décors, des costumes et des paysages à vous couper le souffle.

 

 

 

En bref

Une légère déception avec ce dernier tome qui aurait dû, à mon avis, être un peu plus détaillé… Un ou deux tomes supplémentaires auraient été agréables pour mieux comprendre le personnage d’Elinor Jones…  

 

 

 

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Top BD de Yaneck : 13/20

 

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8/7

 

 

 

Editions Soleil (Blackberry), 48 pages, 2012

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 20:55

 

http://www.livraddict.com/covers/95/95926/couv8647790.jpgParis : un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. « Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël », ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard...

Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité.

L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au cœur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale. Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous…

 

Une couverture intrigante et un résumé qui m’a fait très, très envie… J’ai sauté le pas du roman policier pour entrer dans L’heure des fous, un roman atypique, hybride. Au-delà d’une simple enquête policière l’auteur cherche à nous faire prendre conscience de l’ampleur parfois néfaste des grandes institutions et des médias et dénonce les problèmes de chômage et de misère croissant. La réflexion est intéressante, mais concerne, je pense, un lecteur averti, très averti. J’avoue m’être parfois avoir un peu perdu le fil du raisonnement et j’ai eu tendance à survoler ces passages un peu trop complexes. C’est dommage parce que je pense que tout ceci aurait pu vraiment m’intéresser…

Malgré cela, j’ai aimé ce roman moderne, contemporain dans lequel on retrouve de multiples références à des séries, des films, des évènements populaires (de la série Lost, en passant par les sudokus et les flash-mob)… Les personnages sont sympathiques, bien qu’un poil stéréotypés. On trouve le « grand baraqué », un peu simplet d’esprit, le commissaire qui ne ménage pas ses stagiaires, la grande blonde qui fait tourner la tête de tous les Hommes. Mais j’ai souri et ri en tournant les pages, parce que ces traits de caractère ont un côté amusant et rassurant.

L’enquête est aussi bien ficelée, pleine de suspens, d’humour… Le problème est qu’on oublie aussi très vite le côté fictionnel du roman, ce qui est vraiment perturbant. Il faut dire aussi que Nicolas Lebel intègre beaucoup de descriptions qui entraînent très vite le lecteur à la conquête de Paris, dans sa beauté comme dans sa misère. Ce dernier a par ailleurs une écriture fluide, naturelle, qui m’a beaucoup plu. J’ai aimé également ces chapitres globalement courts, qui alternent la vie personnelle d’un personnage et la suite de l’enquête.

Les multiples références aux Misérables m’ont vraiment passionnée, et j’ai eu envie d’ouvrir ce livre pour la première fois (inculte que je suis…).

J’en profite pour remercier les éditions Marabout pour l’envoie de ce roman.

 

 

En bref

Avec son premier roman, l’auteur nous entraîne au cœur de Paris pour y faire de sombres découvertes. Malgré quelques points négatifs, ce roman est à la fois bien écrit, bien ficelé, et captivant. 

 

 

Editions Marabout, 380 pages, 2013

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 10:00

 

http://img.over-blog.com/212x300/3/23/01/40/Bandes-dessinees/Un-leger-bruit-dans-le-moteur.jpgDans un petit village reculé, dans lequel les voitures et le facteur ne passent que très rarement, quelques familles vivent recluses sans le moindre contact avec le monde extérieur. Il y a bien un unique chemin qui mène à la « ville », mais les habitants n’y vont jamais. A l’intérieur de ce village, une série de meurtres est perpétrée. L’auteur de ces crimes est un petit garçon d’une dizaine d’année dont on ne connait pas le prénom. Après une brève présentation des villageois, faite par ce dernier, il va nous exposer son plan pour les tuer un à un. D’une simple idée dessinée sur un bout de papier, l’enfant va passer à l’action et va nous montrer comment il commet ces meurtres de sang-froid…

 

 

J’ai lu Un léger bruit dans le moteur la veille de mon bénévolat aux Quais du polar… Et je peux vous assurer que cette BD m’a mise dans l’ambiance (d’ailleurs, j’ai vu Monsieur Munoz qui fait de chouettes dédicaces !).

Une seule page a été tournée pour qu’une immense frayeur m’envahisse sans que je puisse pour autant lâcher cet album. Captivant et réellement terrifiant, cet album convient à un public averti, très averti et ce, malgré un dessin assez rond et enfantin. J’ai d’ailleurs réellement apprécié le trait de Jonathan Munoz (je crois même qu’il a été pour moi une vraie révélation). Le noir et blanc, ces tons bleutés, cette atmosphère sombre apportent un réel dynamisme au scénario. L’ambiance est angoissante, cauchemardesque, tout comme notre petit protagoniste. J’ai réellement apprécié cet album pour ce dessin, essentiellement.

L’histoire nous est racontée par ce petit gamin qui commet des meurtres à tour de bras, de manière complètement neutre, sans éprouver aucune émotion, aucune terreur… On entre très simplement dans la tête de l’enfant puisque c’est son vocabulaire à lui qui est utilisé, avec ses fautes de langage, d’orthographe… Malgré tout, le scénario est relativement bien fait puisque j’ai tendance à m’ennuyer lorsque le narrateur est un enfant, utilisant son propre langage… Or, là, je ne me suis pas lassée de ce vocabulaire. Je pense même qu’il est relativement nécessaire, puisqu’il apporte une certaine « légèreté » à l’histoire.

Cependant, cette histoire m’a dérangée et j’espère vite l’oublier (c’est tout à fait le genre de récit qui pourrait m’empêcher de dormir pendant trois mois). Au sein de ce village, qui d’apparence paraît si tranquille, toutes les dérives de l’homme sont mis en lumière : l’inceste, le viol, le racisme, la violence, la misère, le chômage, l’immoralité… Tout autant de thèmes qui nous montre que ce monde est sans issue, que forcément, une telle atmosphère ne peut conduire qu’à des enfants dégénérés. Et puis… Je me suis demandé « pourquoi ».Pourquoi ces gens vivent-ils reclus ? Pourquoi ne vont-ils jamais en ville ? Pourquoi ce gamin est-il devenu un tel monstre ? La réponse ne nous est que partiellement donnée… En tous cas, pour moi, elle est insuffisante. Finalement, je suis ressortie de cette lecture mal à l’aise, douteuse et dubitative avec l’impression que cette fin n’en est pas une, avec l’envie d’avoir une réponse claire, nette et précise. Je n’ai pas pu prendre cette lecture au second degré. J’ai subi cette violence sans pouvoir en rire, sans pouvoir me dire que tout ceci n’était qu’une vaste plaisanterie.

 

 

En bref

Malgré un dessin qui m’a laissé sans voix, je n’ai pas su apprécier cette histoire à sa juste valeur. La violence m’a sauté au visage, m’a fait froid dans le dos. Pour moi, ce sera une lecture à oublier… 

 

 

 

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Top BD de Yaneck : 11/20

 

 

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7/7

 

 

Editions Physalis, 120 pages, 2012

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 13:55

 

 

http://www.livraddict.com/covers/85/85083/couv73929026.jpg1814. Un navire français s’échoue, lors d’une tempête, au large des  côtes de Hartlepool, un petit village anglais. Le lendemain, les habitants découvrent les décombres du bateau sur la plage, ainsi qu’un unique naufragé. Ce dernier est un singe, et la mascotte du bateau. Il est habillé d’un uniforme de l’armée française, il porte un tricorne sur la tête alors, bien sûr, il ne peut qu’être qu’un français. En plus, il est poilu, petit, moche… ! La conclusion est sans appel ! Il faut dire que les habitants n’ont jamais vu un français et encore moins un singe…

Pensant qu’il s’agit d’une tentative d’espionnage de l’armée française, les villageois sont bien décidés à le capturer et à le faire parler.

 

 

 

 

Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre en ouvrant cet ouvrage. Oui, j’en avais entendu parler, oui, j’avais terriblement envie de le découvrir, et oui… Je savais que cette lecture sera certainement agréable et intéressante, mais je ne m’attendais pas à un tel petit bijou !

Voilà un ouvrage qui m’a à la fois plu et révoltée… Parce que même s’il ne s’agit que d’une bande-dessinée, on apprend aussi que cette histoire est en fait une légende… Et cette légende-là m’a fait froid dans le dos… Sans artifices, Wilfrid Lupano nous montre à quel point l’ignorance conduit à la bêtise et à la perte de l’être humain. Le racisme, la peur de l’autre, la dominance sont les thèmes phares de cet album qui fait réfléchir son lecteur. D’abord surprise par la tournure que prend l’histoire lorsque les habitants de Hartlepool pensent que la petite mascotte est en fait un français et un être humain, je me suis laissée très vite prendre au jeu. D’ailleurs, le fait de savoir que cet album est extrait d’une légende m’a d’autant plus intéressée.

Cette BD reste quand même surprenant par les multiples émotions qu’il a suscité. Je suis passée des larmes (ou presque larmes) au rire, de la surprise à l’incompréhension. J’ai pris certains passages au second degré, parce que je ne voulais pas retenir que le côté négatif de cette sombre fable, d’autres m’ont terriblement choquée et bouleversée.

Les dessins et les couleurs utilisées collent parfaitement au scénario. On est très vite plongé dans cette ambiance maritime, et grisâtre que l’on imagine assez de la Grande-Bretagne. J’ai également aimé les dessins des personnages qui semblent très animés, très dynamiques.

 

 

 

En bref

Le singe de Hartlepool est une réelle découverte et un petit coup de cœur bien mérité. L’auteur dépeint la bêtise humaine et nous fait revenir aux légendes sombres qui ont marqué l’histoire humaine. Le dessin dynamique et animé, ainsi que les couleurs très réalistes sont une réelle réussite… A découvrir !

 

 

 

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Les avis de Noukette et La sardine.

 

 

 

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Top BD de Yaneck : 19/20

 

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6/7

 

 

 

Une grand merci à PriceMinister qui m'a permis de connaître cet album grâce à l'opération la BD fait son festival.

http://www.priceminister.com/blog/wp-content/uploads/2013/01/Header_LP_BDb.jpg

 

 

 

Editions Delcourt, 94 pages, 2012

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 14:23

 

http://www.livraddict.com/covers/85/85727/couv41112953.jpgA 26 ans, Marcus Goldman est un jeune écrivain à succès. Son premier livre a connu un immense triomphe dans toute l’Amérique. Mais après deux années passées sans rien écrire, Marcus est confronté à la terrible angoisse de la page blanche alors qu’il doit remettre son livre à son éditeur d’ici quelques mois… 

Paniqué, angoissé, il décide alors de rejoindre son vieil ami et ancien professeur d’université Harry Quebert, lui-même grand écrivain à succès et certainement l’un des plus reconnu du XXe siècle. Harry, c’est l’Homme qui a tout appris à Marcus sur l’écriture. Il lui a donné 31 conseils qu’il juge infaillibles pour devenir un grand écrivain. Harry dispose d’une belle maison au bord de la mer à Aurora, maison dans laquelle il a écrit « Les origines du mal », l’un des livres les plus lus et les plus vendus en Amérique. Le cadre semble propice à Marcus pour écrire son nouveau roman. Mais là encore, rien ne vient… Un jour, il se retrouve seul dans la maison de son vieil ami et cherche à comprendre comment celui-ci a pu trouver l’inspiration, comment il a fait pour écrire SON grand roman, comment il a pu devenir l’un des auteurs les plus lus d’Amérique… Il tombe alors sur une boîte contenant des articles et des photos de Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, disparue il y a près de 33 ans sans qu’on n’ait jamais retrouvé sa trace… Intrigué, Marcus demande des explications à son ami, mais celui-ci le laissera dans l’ignorance. 

Jugeant que ce séjour à Aurora n’a pas été la solution à son problème, Marcus rentre à New York, désespéré. Quelques semaines plus tard,  alors que Marcus tente de tenir tête à son éditeur qui le menace de poursuites judiciaires pour ne pas avoir livré son roman, il reçoit un appel d’Harry, l’air atterré. En effet, alors qu’il faisait planter des hortensias dans son jardin, les ouvriers ont trouvé la présence d’ossements. Après vérifications, il s’avère que ces os sont ceux de la jeune Nola Kellergan. Harry est ainsi immédiatement accusé d’avoir assassiné la jeune fille, d’autant plus qu’on découvre avec le corps un sac contenant le manuscrit des « Origines du mal ». Harry avoue avoir eu une liaison avec la jeune femme durant l’été 1975, mais jure ne pas l’avoir tuée. Marcus, convaincu de l’innocence de son ami, quitte tout et part enquêter sur l’affaire Harry Quebert à Aurora.

De rebondissements en rebondissements, Marcus Goldman réussira-t-il à découvrir ce qu’il s’est passé en août 1975 ? 

 

 

Attirée par le bandeau rouge « Prix Goncourt des lycéens », j’ai découvert un livre dont je ne connaissais pas l’existence… Le résumé proposé m’a tout de suite donné envie d’en savoir plus… Bref, j’ai craqué très, très vite…

J’ai adoré ce roman, vraiment. Dès les premières pages, j’ai compris que j’allais l’aimer… J’ai aussi vite vu son caractère hypnotique qui ne donne plus envie de le lâcher. Ce livre est rempli de rebondissements qui font qu’on n’a tout simplement pas envie de le quitter sans avoir connu la fin. Chaque nouvelle page nous donne une multitude d’informations qui font avancer  Marcus dans son enquête et chaque nouvelle page nous apprend une nouvelle encore plus terrifiante que les précédentes. J’ai trouvé l’histoire très, très bien menée. En effet, on assiste à une sorte de roman dans le roman qui donne un effet très réel à tout cela. D’ailleurs, j’en suis parfois venue à me demander où finissait la réalité dans ce livre.

L’écriture de l’auteur est simple, peut-être même trop simple. C’est peut-être l’un des points qui m’a le plus gêné dans ce roman. Les dialogues concernant l’amour sont parfois creux. On assiste ainsi à un déballage de « Nola Chérie » ou « Harry chéri » qui m’ont un peu fait sourire et qui m’ont aussi fait grincer des dents… D’ailleurs, j’ai trouvé le personnage de Nola assez caricaturé : elle est souvent décrite comme une jeune fille naïve, insouciante. Ses gestes m’ont parfois agacée. Durant notre lecture, l’auteur nous invite à lire des extraits des « Origines du mal » écrit par Harry Quebert, grand roman que l’Amérique n’est jamais connu durant le XXe siècle, et pourtant, j’ai trouvé l’écriture très simple, très fade… Bref, je ne trouve pas que l’écriture soit vraiment le point fort de ce roman.

Les personnages sont nombreux, mais il n’est pas difficile de s’y retrouver, ce qui est, je pense une grande force de ce roman. A chaque nouveau chapitre, on en apprend un peu plus sur le passé de chacun d’entre eux, sur leur vision d’Harry, de Nola. Et puis, sans que l’on s’en rende compte, chacun des personnages apporte quelque chose d’essentiel à l’histoire, et ainsi, chacun devient à son tour un protagoniste potentiel, un suspect potentiel.

La fin m’a complètement sidérée, surprise. Bien sûr, tout au long de ma lecture, je faisais mes propres hypothèses, pensant que le tueur de Nola était untel ou untel, mais jamais je ne me serais attendue à quelque chose de ce genre, à une fin aussi surprenante (et saugrenue). Il faut dire que Joël Dicker a un don pour brouiller les pistes, pour aller de rebondissements en rebondissements.

J’ai apprécié les multiples réflexions que suscite ce livre. Le lecteur est amené à réfléchir sur la littérature, sur les médias, sur l’écriture. On en apprend beaucoup sur le monde de l’édition, sur la manière dont les auteurs peuvent nous manipuler en faisant écrire leur livre par d’autres. Les 31 conseils d’Harry m’ont fait réfléchir sur la manière dont on devient écrivain, sur la manière dont se passe le moment de l’écriture… Au-delà d’un simple roman, on trouve de véritables pistes de réflexion sur le monde d’aujourd’hui.

 

 

En bref

Même si l’écriture de ce roman ne m’a pas transcendée, j’ai passé un très, très bon moment de lecture avec ce roman. Les personnages sont biens brossés, l’histoire m’a hypnotisée, le récit est bien dressé… La vérité sur l’affaire Harry Quebert est un livre que je conseillerais sans hésitation !

 

 

 

« Un bon livre, Marcus, ne se mesure pas à ses derniers mots uniquement, mais à l’effet collectif de tous les mots qui les ont précédés. Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d’un sentiment puissant ; pendant un instant, il ne doit plus penser qu’à tout ce qu’il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer. Un bon livre, Marcus, est un livre que l’on regrette d’avoir terminé »

(C’est le cas !)

 

 

 

 

Editions l'âge d'hommes, 665 pages, 2012

 

 

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 14:46

 

http://www.livraddict.com/covers/82/82285/couv32230349.jpgD’un jour à l’autre, Alfonse perd l’usage d’une partie de son corps. Il est foudroyé par un AVC et seule une infirme partie de son corps peut encore répondre, être encore utilisée. Il est condamné à vivre dans un fauteuil roulant, duquel il ne peut pas sortir. Il est ainsi contraint de vivre avec les autres, par les autres, car chaque tâche lui est devenue impossible à réaliser seul. Alors qu’il s’apprêtait à quitter sa femme Clarisse pour vivre avec sa maîtresse, Alfonse prend très vite conscience des choix qu’il aurait dû faire avant, car désormais, ils lui sont impossibles à réaliser…

 

 

Première grosse déception de la rentrée littéraire… Après tout, il en fallait bien une… Mais vraiment, j’ai eu vraiment beaucoup de mal à arriver à bout de ce roman… C’est d’ailleurs bien dommage parce que c’est pourtant le genre de livre qui aurait pu me plaire. Malgré un thème central très difficile à comprendre, à accepter, j’avais envie d’en savoir plus à ce sujet. J’été vraiment intriguée par le résumé très promettant proposé en quatrième de couverture et puis quand même ! L’auteure n’a que vingt-et-un ans ! Ça donne envie de fouiller, d’aller plus loin, de voir ce que ça donne…

J’ai été à la fois assez impressionnée par l’écriture et déçue… Entre la première et la troisième partie du livre, l’écriture change du tout au tout, si bien qu’on a l’impression d’assister à une écriture à deux mains.

La première et la seconde partie du roman sont écrites de manière très agressive, très hachée. On retrouve beaucoup de mots qui relèvent du langage familier, qui sont même parfois très vulgaires. Les phrases sont entrecoupées, violentes… Elles font mal, elles font froid dans le dos, et en même temps on ne peut pas s’empêcher de se poser des questions. Mais malgré cela, j’ai eu l’impression de me sentir agressée à chaque phrase, de recevoir un poignard dans le dos, ce qui m’a rendue vraiment mal à l’aise. C’est très étrange comme situation, mais j’ai eu l’impression de jouer un rôle de lecteur qui n’aurait pas dû être là, qui n’aurait pas dû lire ces phrases-là… J’ai encore une fois survolé les passages, je les ai lu de travers pour ne pas trop me sentir mal à l’aise… Et en même temps, je ne pouvais pas m’empêcher de penser aussi que si ce style-là a été adopté, c’est parce qu’il était totalement en adéquation avec les pensées du protagoniste, avec les sentiments du protagoniste. On peut penser que lui-même éprouve une très grande violence, qui ressort ainsi par la plume de l’auteure. C’est d’ailleurs là, je trouve, que réside le grand point fort de ce roman ; même si les passages sont terribles, j’ai eu l’impression que le protagoniste aurait très bien pu dire cela.

La troisième et la quatrième partie constitue sûrement une phase d’acceptation du personnage… Je me suis sentie un peu plus à l’aise, un peu plus dans ma place de lecteur… Oui, il y a toujours une grande agressivité, mais elle s’atténue, elle se fait moins pesante… Dans ces deux parties, par contre, on est face à une très grande violence faite au protagoniste qui se retrouve être à la limite du supportable… Les passages durant lesquels son frère oublie de le faire manger, le laisse uriner dessus, ne le change pas, le bat ont été vraiment difficile à lire. Le thème de la maltraitance sur les personnes handicapées est bien présent. Il est fort, il dénonce, il pointe du doigt un problème important dans nos sociétés… Oui, mais voilà, j’ai encore été gênée par cette grande violence, par cette agressivité visuelle imaginaire. J’ai été aussi gênée par les scènes sexuelles qui n’ont fait qu’amplifier mon malaise, ma gêne, puisque celles-ci sont proches du viol…

Le personnage central aurait pu me toucher ou m’émouvoir… Et pourtant, c’est le contraire qui se produit : j’ai l’impression d’avoir vécu une semaine de lecture avec un inconnu, d’en avoir su peu ou si peu sur lui. Finalement j’en arrive à penser qu’il s’agissait d’une esquisse de personne, d’être passée à côté de l’histoire d’Alfonse… C’est dommage et terrifiant à la fois !

Au-delà du thème central, Chloé Schmitt nous propose un également une réflexion sur notre monde puisqu’Alfonse est le spectateur de ce monde. Il assiste, sans pouvoir y participer à la violence, aux manigances, à la tendresse, aux tromperies, à l’alcoolisme, aux mensonges, au désespoir, à l’inquiétude, … Autant de thèmes qui m’ont amenée à voir notre monde sous un œil moins utopique, moins joli. Ici, ce n’est pas la beauté du monde qui est représentée, c’est plutôt sa laideur, sa manière de tomber toujours plus bas, la manière dont l’humanité se comporte, vit… Et finalement on est au pied du mur, on en vient à se poser une question terrible : est-ce qu’on est heureux en tant que personnes valides ?

 

 

En bref

Malgré un résumé très prometteur, Chloé Schmitt n’a su me séduire que très peu avec son premier roman… L’ensemble m’a gêné, m’a mise mal à l’aise, notamment à cause d’une écriture violente, agressive… Le thème central ainsi que les thèmes qui en découlent sont intéressants, mais manquent un peu de profondeur à mon gout… Malgré tout, c’est un livre qu’il faut découvrir, je pense.

 

 

« Je voyais plus la mienne de vie, elle était loin derrière ses mots. Ca se coulait en mélange, phrases et rêveries, dans une grande plaine, un endroit qu’elle seule connaissait, quelque part où je pouvais de nouveau courir, sentir mes talons trembler sous mon corps, courir encore, sans apercevoir de fin, courir et avoir des ampoules comme des petites poches de bonheur prêtes à se déverser au prochain pas. » 

 

 

Albin Michel, 189 pages, 2012

 

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 15:11

 

http://2.bp.blogspot.com/-iWJzRHjj_4E/UIvR6nZiCWI/AAAAAAAAASs/o1k1tM0Vmhs/s1600/UnePlace%C3%A0Prendre.jpgDepuis toujours, la cité des Champs fait tâche au sein de la très charmante ville de Pagford. En effet, elle regorge de gens drogués, qui volent, qui violent, qui sont en marges de la société. Et puis surtout, cette clinique de désintoxication en plein milieu de Pagford, c’est inadapté, c’est dégradant. Depuis toujours, donc, deux clans s’opposent férocement au sein de la ville : ceux qui défendent la cité des Champs et ceux qui souhaiteraient la voir définitivement rayé de la carte de Pagford. Bary Fairbrother est l’un de ceux qui défendent coûte que coûte la cité, car lui-même en est issu. Alors qu’il s’apprête à diner au restaurant avec sa femme Mary, pour fêter leur anniversaire de mariage, celui-ci décède brutalement d’une rupture d’anévrisme. Il laisse derrière lui une place au sein du Conseil paroissial de la ville, que Howard Mollison, son rival, serait ravi de voir relégué à son fiston adoré, Miles. Cependant, Miles n’est pas le seul à convoiter la place à prendre. Et le fantôme de Barry n’est pas prêt de se laisser faire…

 

J’ai longtemps hésité à lire ce livre à cause de ses nombreuses critiques peu élogieuses lues çà et là dans la presse. Et puis surtout, j’ai eu peur de ce roman imposant, peur d’être déçue parce qu’Harry Potter est quand même l’un des livres qui a bercé mon enfance… Et puis je me suis résigné. Après tout, ce livre m’était proposé dans « Les matchs de la rentrée littéraire chez PriceMinister » c’était une occasion de le lire, de me faire mon propre avis… Et je dois dire que je suis enchantée, enthousiasmée, conquise par ce nouveau roman écrit par J.K. Rowling. Bon certes, je ne trouve pas que ce soit un roman spécialement innovent. J’ai déjà eu l’impression de lire des romans à l’histoire plus ou moins similaire, mais, mais, mais, J.K. Rowling m’a conquise, et je pense que son immense talent d’écrivain et de conteuse y est pour quelque chose…

Une place à prendre est un livre qui regorge de détails, de descriptions, de comparaisons… Le tout amenant le lecteur dans un univers quasi-réel. On est tout de suite plongé dans cet univers plus ou moins sordide, dans l’espace dans lequel évoluent les personnages, ce qui est ma foi, plutôt plaisant (vous n’êtes pas sans savoir que j’apporte une grande attentions aux détails).

J’ai eu l’occasion (importante, je pense) de lire d’autres critiques avant d’ouvrir le livre, ce qui m’a permis de réaliser une petite fiche avec les personnages présents dans le roman. C’est vrai, le début est laborieux : il faut se battre avec une petite dizaine de personnages dont on s’immisce dans leur vie de manière brutale, inattendue. On n’a pas le temps de savoir qui ils sont que l’on est déjà en pleine crise sans réellement savoir pourquoi ni comment. Mais dès les premières pages, j’ai su que je serais bien, vraiment bien dans ce roman. Derrière la jolie description du village de Pagford, on se rend très vite compte que la réalité est tout autre. Sous leurs airs « BCBG », propre sur eux-mêmes, les habitants de Pargford cachent, en réalité de lourds secrets.  J.K. Rowling en profite alors pour soulever plusieurs thèmes délicats : les relations parents-enfants, le viol, la violence, la maltraitance, la drogue, les couts-bas. Le tout, dans une seule directive : arriver au pouvoir, montrer à l’autre ce que l’on vaut, montrer aussi la vérité sur l’Homme. Au final, il s’agit d’un roman de crise sociale, montrant la méchanceté, la petitesse de l’être humain. Je dois l’avouer, j’ai trouvé certaines scènes dures, vraiment difficiles à lire, à accepter. Certaines m’ont dégouté, répugné, enflammé, mis les larmes aux yeux. Je pense que l’auteur est parfois allé trop loin dans l’atrocité, dans la violence, dans la description des nombreux problèmes soulevés. Cependant, je pense que ces passages s’avèrent être parfois nécessaire pour comprendre, pour voir à quel point certaines personnes sont prêtes à tout. Je pense aussi, que malgré tout, certains passages peuvent s’avérer immensément, durement réalistes.

L’auteur a l’immense talent de créer des personnages proches de la réalité, et ainsi, j’ai eu une facilité déconcertante à m’attacher à eux. J’ai vécu avec ses personnages durant deux semaines j’ai suivi leur parcours, les tactiques, leurs coûts-bas avec attention. J’ai éprouvé une pitié profonde pour certain, une immense sympathie pour d’autres, certains m’ont également profondément irritée, cependant, je pense que tous resteront un moment gravé dans ma mémoire pendant quelque temps encore.

L’auteur a également le talent de créer un livre de presque 700 pages sans aucunes longueurs. Je ne me suis jamais ennuyée, j’ai toujours pris un immense plaisir à rouvrir ce roman, j’ai toujours été scotchée par les différentes péripéties des personnages. Quel roman !

 

 

En bref

Mise à part quelques scènes sordides et beaucoup trop violentes, je n’ai aucun autre reproche à faire à ce roman. Une place à prendre est un roman certes, peu innovent, cependant la plume de l’auteur est réellement envoûtante, précise. C’est un livre réellement bien écrit qui pointe du doigt les travers de notre société, les travers des villes embourgeoisées. En tous cas, Une place à prendre n’est pas le type de roman dont on ressort indemne. A découvrir …

 

 

« La grande erreur commise par quatre-vingt-dix pour cent des êtres humains, selon Fats, était d'avoir honte de ce qu'ils étaient ; de mentir, de vouloir à tout prix être quelqu'un d'autre. »

 

 

Les avis de Noukette, Stéphie, Plume de Cajou, Mango, l’Irrégulière, June, Soukee, Lou lit là (LC et autres participants)...

 

 

Grasset, 680 pages, 2012

 

 

Un grand merci à PriceMinister pour l’envoie de ce roman auquel j’attribue la note de 19/20.

(Plus d’informations sur le livre ici)

http://www.priceminister.com/blog/wp-content/uploads/2012/08/Rentr%C3%A9e-Litt%C3%A9rraire-V2-logo.jpg

 

 

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