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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 10:27
Un petit jouet mécanique - Marie Neuser

Depuis son plus jeune âge, Anna passe ses vacances d’été dans le Cap Corse. Ses parents ont acquis une maison en ruines, loin de tout. Maintenant adolescente, Anna supporte de moins en moins ces vacances familiales ponctuées de longs repas, de balades et d’allers retours à la plage. Elle rêve plutôt d’aller en Angleterre ou aux Etats-Unis pour aller à la rencontre de ses chanteurs rock’n’roll préférés et pour intégrer une école de dessin prestigieuse.
Néanmoins, ces vacances tranquilles vont être rendues mouvementées avec l’arrivée de sa grande sœur Hélène. A l’antipode de l’adolescente, les deux sœurs entretiennent une relation difficile et ne s’apprécient pas du tout. Mais Hélène ne débarque pas seule. Elle est accompagnée de son nourrisson. Très vite, l’adolescente tombe sous le charme de sa nièce. Mais surtout, elle remarque un comportement étrange entre elle et sa mère. Elle a l’impression qu’Hélène fait tout pour qu’il arrive quelque chose à l’enfant. Imagination délirante ou drame morbide ?

Après avoir traversé un moment de panne lecture, j’ai eu l’occasion d’avoir ce livre entre les mains. Lauréat du prix littéraire des lycéens et apprentis de PACA, j’avais particulièrement envie de découvrir les raisons de ce succès.
Une écriture simple, sans prétention, mais qui ne m’a pas laissée indifférente pour autant. Mairie Neuser prend le temps de poser l’action, le cadre. On s’imprègne très vite dans cette ambiance du Cap Corse. On imagine rapidement les paysages, l’environnement ce qui rend les choses très agréables. On comprend les réticences de l’adolescente vis-à-vis du lieu, mais on a quand même envie de se laisser tenter par ces vacances tranquilles dans une lieu qui a l’air fantastique. Bref, le cadre est très bien posé et l’auteure a su nous faire apprécier ce lieu.
Marie Neuser écrit également à la seconde personne du pluriel. C’est une façon de raconter les actions qui m’a assez étonnée au départ, mais petit à petit, j’ai apprécié la distance prise par l’auteure pour raconter ces faits.
Néanmoins, l’histoire m’a laissée de marbre. Anna décrite comme une adolescente morose et rebelle, mordue de littérature, de musique et de poésie n’est ni plus ni moins qu’une jeune fille ordinaire se posant des questions habituelles. En brossant un portrait presque stéréotypé de l’adolescente, j’ai trouvé que le charme de l’atmosphère créé perdait tout à coup de son intérêt. Le constat est le même pour sa grande sœur Hélène. Celle-ci est décrite comme une jeune femme superficielle, égocentrique créant finalement un personnage sans grand intérêt. Il m’a donc été difficile de m’intéresser de plus près à ces personnages.
Enfin, la quatrième de couverture est un peu trop bavarde et en dit un peu trop. On comprend très rapidement quelle sera la fin de cette histoire et comment celle-ci risque de se terminer. Il faut dire aussi qu’en assistant à la remise de prix, les lycéens et apprentis avaient mis en scène certaines scènes du livre ce qui m’a peut-être mis la puce à l’oreille…

Un petit jouet mécanique n’a donc pas été un coup de cœur et je dirais même qu’il n’a pas vraiment été à la hauteur de mes espérances, néanmoins, certains points du roman sont particulièrement intéressants et méritent particulièrement un détour.

« C'est à Acquargento que vous avez appris ce qu'étaient réellement les ténèbres, quand, le visage libre offert à la brise nocturne, vous avez l'impression qu'on vous a crevé les yeux. Le noir comme un tombeau, vous pourriez presque le toucher comme s'il avait des parois.»

L'écailler du sud, 160 pages, 2012

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 15:41

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Cloé Beauchamp est une femme à qui tout réussi : intelligente, belle, maîtresse d’un homme charmant… Elle est même en train d’accéder au poste de directeur de l’agence de communication dans laquelle elle travaille.

Mais ce doux équilibre va bientôt se briser… En rentrant d’une soirée, Cloé croise le chemin d’une Ombre. Cet homme habillé de noir semble la suivre dans la rue. Mais sous l’emprise de l’alcool, la jeune femme n’arrive pas à reconnaître la barrière entre imagination et réalité.

Et puis, son impression se confirme. Petit à petit, Cloé a l’impression de voir l’Ombre partout : chez elle, dans la rue, dans des parkings, etc. Elle a même l’impression qu’Elle cherche à la rendre folle. Cette sensation se confirme d’ailleurs lorsqu’elle va porter plainte au commissariat : personne ne la croit, tout le monde pense qu’elle a perdu la tête et qu’elle souffre d’un syndrome de paranoïa. Sa meilleure amie a elle-même des doutes et lui conseille d’aller consulter…

Tous doutent… Sauf Alexandre, commissaire de police qui tentera de mettre fin à son calvaire.

 

Découvert depuis peu de temps grâce à Violaine, je dois dire que ma rencontre avec Karine Giebel a été une franche réussite ! C’est avec Les morsures de l’ombre que tout a débuté. Une chronique qui ne sera certainement jamais partagée ici puisque ma lecture remonte à trop de temps. Elle restera malgré tout dans ma mémoire puisque, j’ai été bluffée par la tournure du livre où les rôles s’inversent… Aussi, j’ai décidé de découvrir un peu mieux cette auteure !

 

Deuxième découverte et l’enthousiasme est toujours au rendez-vous. L’auteure nous mène par le bout du nez et arrive à nous faire douter de tout. Difficile de déceler le vrai du faux… Impossible de découvrir la vérité avant d’avoir refermé le livre ! Le fin mot du livre nous laisse sans voix, perplexe.

L’auteure arrive également à créer un suspens terrible, à faire monter la pression d’un cran à chaque page. On a aussi des difficultés à refermer le livre… On se dit à chaque fois « allez encore dix pages », « encore un chapitre »… On s’endort en ce demandant quelle est la part de vérité dans tout cela, en se demandant si cette histoire ne pourrait pas nous arriver… On se retourne dans la rue, on entend des bruits partout dans son appartement… Bref, on se retrouve face à un vrai livre qui sait vous donner peur !

 

Finalement, je dirais que le seul point faible de cette lecture, c’est l’écriture. Quelques clichés et phrases plates qui ne viennent pas pourtant gâcher le plaisir de lecture…

 

Un bon polar qui sait vous donner la frousse et vous mener par le bout du nez !

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 21:40

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A 90 ans, Octave Lassalle se sent de moins en moins autonome et sait qu’il aurait besoin d’aide pour réaliser les tâches les plus simples. Ancien chirurgien, il a passé sa vie à se soucier des autres, à maintenir l’état de santé des autres. Son métier aura d’ailleurs été l’objet d’une blessure irréparable… Mais aujourd’hui, c’est lui qui a besoin d’autrui. Il passe alors une annonce et part à la recherche de quatre perles rares qui seront à la fois ses confidents, ses boussoles, ses canes de vieillesse. Il confie donc sa vie à Marc, Hélène, Yolande et Béatrice, quatre inconnus, qui ne feront que se croiser dans la grande maison qu’occupe le chirurgien. En effet, le vieil homme leur attribue des plages horaires bien précises, tant et si bien que tous ne se feront que se relayer, que se croiser. Il décèle dans ces quatre personnes une histoire singulière, faite de peines, de doutes. Au fil des pages, le lecteur découvre ces cinq personnages très différents… Un moyen peut-être de retrouver une paix intérieure…

 

Tourner quelques pages… Doucement. Prendre son temps. Et savoir immédiatement qu’on va être dans son élément, qu’on n’aura pas envie de quitter ces cinq protagonistes. Très vite, ça a été une évidence.

Ce livre est certainement le roman le plus abouti, le plus poignant et le plus marquant de l’auteure parmi l’ensemble des œuvres lues jusqu’alors. Et pour cause, c’est un réel coup de cœur que j’éprouve pour ce roman qui a traîné plus d’un an sur mes étagères. Un manque de temps, une appréhension sont les raisons de cette attente. Mais ceci est aussi mêlé d’une grande impatience. Car retrouver Jeanne Benameur c’est être presque certain du coup de cœur…

L’auteure façonne des personnages touchants, presque réels, avec leurs histoires, leur passé, leurs souvenirs… et en un sens, leurs blessures. Des personnages qu’on a envie de connaître toujours plus, qu’on a envie d’aider, de consoler. Des personnages finalement proche de nous tous, car en chacun on peut y déceler une part de nous-même et en tirer une certaine morale.

Jeanne Benameur touche aussi son lecteur grâce à une écriture poignante, ciselée, créant ainsi une véritable poésie au sein du texte.

 

Un roman à découvrir sans modération (si ce n’est pas déjà fait) !

 

 

« Sa librairie de prédilection.

Elle était restée longtemps là, passant d'un livre à l'autre, s'imprégnant peu à peu de l'atmosphère paisible et en même temps animée, souterrainement, par la quête de ceux qui ouvrent, feuillettent, cherchent le texte qui va leur faire signe, les accompagner quelques heures, quelques nuits, toute une vie peut-être. C'est un lieu où elle se sent bien. À l'abri et en même temps prête à toutes les aventures intérieures. Bordée. Elle est venue se glisser là comme entre les pages d'un livre aimé. Peut-être un sourire à échanger, quelques mots. Ce serait suffisant. Elle a besoin ce soir de s'appuyer à l'humanité discrète et forte de ceux qui lisent.»

 

 

Challenge-Jeanne-Benameur

 

Actes Sud, 280 pages, 2013

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 12:09

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Humbert Humbert, la trentaine, est un européen immigré aux Etats-Unis.

Professeur de littérature, il décide de s’installer dans la jolie maison de Charlotte Haze afin d’y trouver l’inspiration pour écrire son prochain roman. Mais la maîtresse de maison n’est pas seule : elle habite avec sa fille, Lolita, douze ans, à l’aube de l’adolescence.

Notre protagoniste, Humbert Humbert, qui déclare dès le début de l’ouvrage être irrémédiablement attiré par les « nymphettes », ces jeunes filles prêtes à devenir de jeunes femmes, tombe amoureux de Lolita, de sa fraicheur juvénile.

Prêt à tout pour vivre son amour, celui-ci épouse même la « grosse Haze » afin de rester prêt d’elle… Jusqu’au jour où, sa femme, découvre le pot-aux-roses et s’apprête à tout révéler. Victime d’un accident mortel, Humbert et Lolita s’embarquent dans un road trip à travers tout le territoire américain.

 

 

C’est la seconde fois en peu de temps que j’éprouve une réelle difficulté à vous faire partager ce que la lecture a suscité en moi. Il faut dire que Lolita n’est pas un ouvrage simple…

Le lecteur est confronté dès les premières pages à un homme pédophile qui vous explique sans aucune pudeur son attirance pour les jeunes filles. Par ailleurs, cet éclaircissement est fourni via un journal intime, permettant au lecteur d’être le voyeur de cette folie, du scandale.

C’est donc troublée que je ressors de cette lecture… Troublée et perdue parfois. A travers les pages, le lecteur s’égard, en oublie le vrai et le faux, donnant ainsi une sensation de vertige, de désarrois. Les premières pages choquent, narguent le lecteur qui ne sait plus trop s’il doit continuer ou stopper immédiatement cette lecture. Le protagoniste est d’ailleurs conscient de ce qu’il suscite et n’hésite pas à en jouer. Certains instants sont également d’une longueur parfois insupportable. J’ai parfois hésité à sauter quelque page afin de voir si une quelconque action allait revenir… Mais non, j’ai lu, doucement. Et d’ailleurs, la lenteur avec laquelle j’ai lu l’ouvrage est certainement symptomatique de tout cela…

Et pourtant… Et pourtant malgré ces bémols, c’est une lecture qui m’a plu et qui, j’en suis sûre restera longtemps gravée en moi. Parce que même si le lecteur ne peut qu’être offusqué par cette passion, il ressort de ce livre une véritable histoire d’amour, sûrement d’ailleurs unilatérale, mais aussi une véritable ironie et poésie dans le texte. Les mots, les expressions utilisées par l’auteur y sont riches, ainsi que ses descriptions.

 

Conseiller cette lecture se révèle être difficile… Autant être franche, je pense qu’il faut y être préparé, savoir à quoi s’attendre… Mais c’est une œuvre qui vaut le détour et je suis ravie d’avoir franchi le pas, d’avoir découvert ce classique de la littérature.

 

« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta. Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »

 

 

Folio, 552 pages, 2001

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 08:00

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1. Laver les ombres de Jeanne Benameur

 

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2. Le plus petit baiser jamais rencensé de Mathias Malzieu

 

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3. Le joueur d'échecs de Stefan Zweig

 

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4. Assez parlé d'amour d'Hervé Le Tellier

 

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5. Room d'Emma Donoghue

 

http://sarawastibus.files.wordpress.com/2010/08/tsongor.jpg

6. La mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé

 

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7. La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier

 

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8. Le cirque des rêves d'Erin Morgenstern

 

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9. La vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joël Dicker

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/61PlW5qO0nL._SL1148_.jpg

10.  Et puis, Paulette... de Barbara Constantine

 

 

 

J'en profite également pour vous souhaiter une très belle année 2014.

Qu'elle soit riche de bonheurs, joies et lectures... A très vite! 

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 06:00

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En 1944, alors que le Débarquement approche, Monzon et ses compagnons, membres du parti communiste, sont convaincus de pouvoir instaurer bientôt un gouvernement républicain à Viella, en Catalogne. Pas très loin de là vit Inès.

Restée seule à Madrid pendant la guerre civile, elle a épousé la cause républicaine, au grand dam de son frère, délégué provincial de la Phalange de Lerida, qui la tient à l’œil.

Inès écoute Radio Pyrénées en cachette et capte un jour l'annonce de l’Opération Reconquête. Pleine de courage, elle décide de rejoindre cette armée. Une vie aventureuse et un grand amour l'y attendent.

 

 

Vous l’avez peut-être remarqué, ce roman était dans la rubrique « en ce moment, je lis… » (sur la droite) depuis le milieu du mois d’août… Oui, j’aurai mis près d’un mois et demi à venir à bout de ce roman !

 

Déjà parce qu’il est dense : Almudena Grandes alterne entre fiction et réel. Les chapitres entre parenthèses représentent les moments réels, historiques du roman. Les autres chapitres nous racontent l’histoire d’Inès et des autres… Le tout en à peu près 1100 pages… 1100 pages riches, pointues. Car si le roman traite de la Seconde Guerre Mondiale, d’une manière générale, l’auteur nous propose également une réflexion sur le parti Communiste, sur la Phalange Espagnole, sur l’invasion du Val d’Aran … Des événements importants mais néanmoins méconnus de ma part. Ma lecture s’est donc agrémentée de recherches afin de mieux comprendre, de mieux cibler les propos de l’auteure. Et puis, avouons-le, le roman recèle d’immenses lenteurs, d’immenses descriptions qui n’amènent pas pour autant le lecteur sur des pistes de compréhension.

 

Bref, je vous rapporte ici un commentaire mitigé... Certains passages m’ont passionnée et notamment les pages de fiction. L’auteur nous raconte comment Inès a réussi à sortir des griffes de son frère pour s’investir dans le parti Communiste Espagnol, comment elle a réussi à se faire accepter des autres malgré son passé assez incertain. On a donc ici l’image de l’héroïne, la vraie ! Inès ne peut susciter, auprès des femmes, qu’admiration. Elle a ce côté combattant, déterminé, sûre d’elle, mais elle a aussi ce côté humain, fleur-bleue qui nous amène à aimer réellement ce personnage au grand cœur ! Ajoutons à cela que son histoire d’amour avec Galàn m’a fait chavirer parce que leur aventure est un combat mais la passion est belle et bien présente et ce, jusqu’à la fin du roman. Almudena Grandes nous offre une image du couple sublimé, proche, à la confiance inébranlable. Et ça fait du bien, c’est beau, c’est grand ! L’auteur nous offre également un regard sur ces espagnols exilés, loin de leur patrie, et sur la manière dont ils s’organisent dans leur pays d’accueil. La réflexion est intéressante et peut, au final, s’adapter à la situation générale des expatriés.

 

A côté de cet aspect-là, l’auteure nous offre des chapitres plus historiques, marqués sur des faits avérés. Et c’est ces chapitres-là qui m’ont réellement gênée. L’écriture change complètement, se fait beaucoup plus lente, beaucoup moins éparpillée. On perd un peu le côté narratif de l’histoire pour tomber dans un quasi-documentaire historique. Je me ainsi suis réellement ennuyée lors de ces passages, tant et si bien que j’ai décidé de les survoler, puis de ne plus du tout les lire !

 

Une lecture qui aurait pu être intéressante sous certains aspects, mais qui m’a cependant déçue par d’autres… Néanmoins, Inès et la joie reste un roman intéressant, ambitieux, fort, sentimental, culinaire et politique !

 

« Même si nous n'avions cessé de le tenter chaque seconde de toutes les heures que contiennent trente-six années, nous n'avons jamais pu renverser Franco. En revanche, à partir de ce jour, nous avons réussi à rester vivants, après avoir tué une partie de nous-mêmes. »


 

Le livre de poche, 1056 pages, 2013

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 12:19

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Momo vit chez Madame Rosa depuis son plus jeune âge. Madame Rosa, c’est cette ancienne prostituée qui accueille chez elle des enfants de prostituées en toute illégalité. Mais Madame Rosa se fait vieille et elle a de plus en plus de mal à assumer son rôle, à grimper ces six étages pour rentrer chez elle… Alors le jeune Momo l’aide le plus possible. Il l’aide à remonter les courses, il appelle les amis de sa mère adoptive afin qu’elle ne se sente pas seule, il appelle le médecin quand l’état de Madame Rosa se détériore… Seulement, voilà… Madame Rosa est guettée par Alzheimer et le médecin pense qu’il faudrait vraiment qu’elle aille dans un centre spécialisé. La vieille femme, elle, s’oppose à cela. Elle veut mourir ici, dans son appartement. Alors Momo va l’aider à se cacher dans cette cave, avec ses souvenirs afin qu’elle puisse mourir en paix…  

 

C’est une forte histoire d’amour entre une vielle femme et un enfant qui se battent pour la vie, où plusieurs thèmes sont abordés succinctement malgré un ton, au premier abord, très léger. Racisme, vieillesse, construction de soi, drogue, prostitution, mixité sociale sont des thèmes récurrents de ce roman. Des thèmes qui semblent aujourd’hui toujours d’actualité et pourtant ce roman a été écrit dans les années 70. Une histoire aux thèmes magnifiques, intéressants et pourtant, le charme n’a pas opéré.

Les premières pages ont été laborieuses ; j’ai eu du mal à entrer dans ce roman, à m’accoutumer à l’écriture de l’auteur. Car le texte est la voix de Momo, dix ans, avec ses maladresses de langage, ses phrases naïves, ses tournures alambiquées, ses mots inventés ou détournés. Avec ce choix, il a été difficile pour moi d’apprécier à juste mesure cette lecture, d’éprouver une quelconque émotion, de m’attacher aux personnages. Petit à petit, en m’accrochant, j’ai réussi à m’habituer, j’ai ri de ces maladresses mais cette réticence ne m’a jamais vraiment quittée.

Finalement, c’est principalement la fin qui m’a réellement marquée et touchée. Momo prend son rôle de fils adoptif à cœur et se coupe en quatre pour réaliser les souhaits de sa mère adoptive. Une fin magnifique qui fait réfléchir, qui fait grandir notre jeune narrateur…

Un livre à l'avis mitigé, mais qui vaut quand même le détour pour les thèmes abordés.

 

 

« Elle ne voulait pas entendre parler de l'hôpital ou ils vous font mourir jusqu'au bout au lieu de vous faire une piqure. Elle disait qu'en France on était contre la mort douce et qu'on vous forçait à vivre tant que vous étiez encore capable d'en baver. »

 

 

Editions Folio, 274 pages, 1982

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 11:32

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Durant la Seconde Guerre Mondiale, le narrateur embarque sur un bateau reliant New-York à Buenos-Aires. En discutant avec l’un des passagers, ce dernier apprend que Czentovic, célèbre joueur d’échecs est à bord. Le narrateur éprouve une violente envie de le rencontrer et de l’analyser car on dit qu’il a une psychologie très particulière et très intéressante. Pour provoquer une rencontre, le narrateur commence, avec d’autres passagers, à jouer aux échecs. Czentovic passant par-là dispute une première partie avec eux. C’est alors qu’apparaît M. B.. Ce dernier souffle les coups à jouer et se révèle être d’excellent conseil. Czentovic voudra alors jouer une partie seul contre ce mystérieux joueur qui prétend ne pas avoir joué depuis vingt ans. Comment a-t-il obtenu un tel niveau ? Pourquoi ne pas avoir disputé d’autres parties depuis tant d’années… ?

 

 

Après avoir découvert l’écriture riche et foisonnante de Stefan Zweig dans Le voyage dans le passé, j’ai petit à petit acheté plusieurs livres de l’auteur. Et puis, après avoir effectué mon stage de troisième année dans une ludothèque et après avoir tant entendu parler du Joueur d’échecs, livre jugé comme référence au sein de la structure je n’ai pas su résister à la tentation… Et j’ai vraiment bien fait !

Zweig pousse deux intrigues en un seul livre : dans un premier temps, il nous parle de Czentovic et de la façon dont il a appris à jouer aux échecs. Jugé un peu simplet, et pas vraiment doué pour l’école, le garçon a appris à jouer en regardant les autres. Et tout à coup, l’histoire bascule et se concentre sur ce M. B.. C’est l’occasion pour le lecteur de découvrir deux vies, deux manières totalement opposées d’apprendre à jouer à ce jeu. Puisque M. B. a appris à jouer dans des circonstances tragiques. Prisonnier des nazis, il a vécu l’enfermement psychologique. Après avoir dérobé un livre contenant 150 parties d’échecs, ce dernier en a fait une véritable passion, une véritable obsession. Dans un livre d’une centaine de pages, Zweig analyse avec précision la psychologie tourmentée d’un joueur d’échecs. Il en profite également pour glisser aux lecteurs quelques mots sur la Seconde Guerre Mondiale et sur les techniques de dénonciations inventées par les nazis.

Le tout forme très vite un récit et un témoignage passionnant, riche et dense. J’ai été captivée par cette histoire qui aurait pu, au premier abord, m’ennuyer puisque je ne suis tout simplement pas fan d’échecs. Pourtant, le récit se concentre énormément sur la psychologie des personnages et finalement, le côté très théorique des échecs passe au second plan. L’auteur aborde la folie sous deux formes différentes : la folie du jeu et la folie humaine, toutes les deux passionnantes.

Quant au style de l’auteur, j’ai su retrouver dès les premières pages un style est très fluide, sans lenteurs, tant apprécié dans Le voyage dans le passé. Le vocabulaire est dense, riche et terriblement précis !

 

A découvrir, vraiment !

 

 

 « Je m’approchai et crus reconnaître à la forme rectangulaire de cette bosse ce que recelait cette poche un peu gonflée : un livre ! Mes genoux se mirent à trembler : un LIVRE ! Pendant quatre mois, je n’en avais pas tenu un entre mes mains, et la simple idée dans livre dans lequel on puisse voir un suite de mots, des lignes, des pages et des feuilles, un livre où l’on puisse lire des pensées différentes, nouvelles, inconnues, distrayantes, pour les suivre et se le mettre dans la tête, avait quelque chose de grisant et d’étourdissant à la fois. »

 

 

Le livre de poche, 125 pages, 2010

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 20:01

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« Après avoir tué le monarque dément Aerys II Targaryen, Robert Baratheon est devenu le nouveau souverain du royaume des Sept Couronnes. Tandis qu'en son domaine de Winterfell, son fidèle ami le Duc Edward Stark rend paisiblement la justice. Mais un jour, le roi Robert lui rend visite, porteur de sombres nouvelles : le trône est en péril. Stark, qui s'est toujours tenu éloigné des affaires du pouvoir, doit alors abandonner les terres du Nord pour rejoindre la cour et ses intrigues. L'heure est grave, d'autant qu'au-delà du mur qui protège le royaume depuis des siècles, d'étranges créatures rôdent... » (source Livraddict)

 

 

Difficile de résumer un roman aussi dense que le Trône de Fer… Après avoir découvert et dévoré la première saison télévisée, j’ai eu envie d’aller un peu plus loin et de lire la première intégrale… C’est vrai, il m’a fallu du temps pour franchir le cap, et j’ai demandé à plusieurs amis ce qu’ils avaient pensé du livre afin de me lancer dans cette longue et grande lecture.

Le constat : la série est la copie conforme du roman ; très peu de passages sont coupés, mais la grande différence entre les deux est que le roman permet de comprendre un peu plus en profondeur les relations qu’entretiennent les personnages… Néanmoins, si vous avez vu la première saison et que vous souhaitez découvrir la suite, passez directement à la seconde intégrale ! Vous ne perdrez pas de passages importants vous permettant de comprendre le roman. En effet, je m’attendais à découvrir des non-dits de la série, or ça n’a pas été le cas, et j’ai donc parfois eu l’impression de perdre mon temps, d’autant plus que les images de la série n’étaient pas très loin dans ma mémoire.

 

Ceci dit, j’ai réellement apprécié la lecture de ce roman, même si parfois j’ai trouvé qu’il y avait certaines longueurs : l’auteur s’attarde parfois sur des descriptions des lieux, des tenues, des champs de batailles qui font qu’on aimerait parfois que le rythme s’accélère. Le roman manque également cruellement d’aération : on passe d’une chose à l’autre sans aérer le texte, ce qui le rend parfois indigeste. Malgré tout, ces chemins sinueux nous permettent parfois de mieux comprendre, d’appréhender l’histoire, l’époque à laquelle celle-ci se déroule.

Les personnages sont nombreux et il est parfois difficile de s’y repérer. C’est d’ailleurs pourquoi je pense qu’un petit crochet par la série ne fait pas de mal et permet d’avoir bien en tête les principaux personnages qui composent l’histoire. George R. R. Martin nous offre à ce propos une carte avec les différents lieux dans lesquelles les actions se déroulent ainsi qu’un arbre généalogique parfois très utile pour bien suivre les propos de celui-ci. L’auteur nous propose également le principe du « un chapitre = un personnage », ce qui amène un grand suspens, et une simplicité dans la narration. Ces chapitres permettent également d’apprendre à connaître les principaux personnages de la saga et de s’attacher à eux (ou pas). Très vite, le lecteur est pris d’admiration pour tel ou tel personnage, pour tel trait de caractère… Néanmoins, pour avoir lu la suite, j’ai aussi très vite compris qu’il ne servait à rien de s’attacher à eux puisque les guerres causent très vite des ravages dans les principales familles.

 

J’ai particulièrement aimé le style de l’auteur (bien que celui-ci ait été traduit) et je dirais même que je l’ai trouvé assez original puisqu’on est à mi-chemin entre un style un peu vieillot et un style très contemporain. Tout en restant assez fluide, l’auteur a réussi à m’entraîner dans un univers pourtant bien loin du mien. Bien que parfois classé en fantasy, je n’ai pas du tout été gênée par ce côté-là de l’histoire (bon, c’est vrai, la fantasy apparaît très peu dans la première intégrale).

 

Le Trône de Fer, même si vous l’avez peut-être remarqué sa lecture a été longue est un livre qui m’a vraiment prise à cœur, même si j’avoue reconnaître quelques bémols au livre. Entre jeux de pouvoir et de cruauté pour arriver à prendre le trône, le lecteur se retrouve au milieu d’intrigues bien ficelées et de personnages bien brossés. Pour l’instant, j’attends avec impatience la sortie de la saison 4 en image, mais quelque chose me dit que je ne pourrais pas attendre beaucoup…

 

 

«Que pèse l'honneur, contre l'amour d'une femme ? Que pèse le devoir, contre un nouveau-né qu'on étreint… , ou contre le souvenir d'un frère qui sourit ? Du vent, des mots. Des mots, du vent. Nous ne sommes que des créatures humaines, et les dieux nous ont créées en vue de l'amour. C'est là notre auguste gloire, là notre auguste tragédie. »

 

 

J'ai Lu, 786 pages, 2011

 

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 08:35

http://www.livraddict.com/covers/27/27387/couv54229962.jpg

 

Malgré son titre, l’auteur nous parle d’amour et le lecteur est tout de suite averti: « Que celle - ou celui - qui ne veut pas - ou plus- entendre parler d'amour repose ce livre. » car dans ce livre, il est bien question d’amour, de rencontres, d’adultères…

Thomas, Anna, Louise, Yves, Stan et Romain sont des personnages seuls ou en couples, qui vont bientôt tous être liés les uns aux autres.

Lors d’une soirée, Louise va tomber sous le charme de Thomas, le psychanalyste.

Anna, elle va rencontrer Yves, l’écrivain et va tomber amoureuse de cet Homme. 

Alors qu’Anna et Louise sont mariées à Stan et Romain, et mère de familles, alors qu’aucun problème notoire ne soit présent dans leur couple, elles vont vivre ou revivre le coup de foudre.

Et le lecteur va se retrouver plonger dans le destin de ces couples qui basculent, qui naissent…

 

Découvert, encore une fois, sur le blog de Moka, ce roman m’a intrigué par son titre, son résumé… Et très vite, par son écriture atypique, par ces histoires belles à en mourir, abordées avec délicatesse, humour et précision.

Ces femmes vont faire la rencontre d’homme qui vont bouleverser leur vie, leur vision de l’amour, leur vision d’elle-même. Elles vont faire la rencontre d’un amour dévastateur, puissant, elles seront prêtes à tout pour celui qu’elle aime.

J’ai particulièrement aimé la manière dont l’auteur dépeint le sentiment amoureux. Tous les thèmes de l’amour sont d’ailleurs abordés : la jalousie du mari, l’effervescence face à la découverte de l’autre, la découverte des défauts qui n’étaient pas visibles au premier abord. Autant de thèmes qui forment un roman complet, précis.

J’ai aimé également l’écriture et le format très atypiques de cette lecture : au milieu de l’histoire de ces six personnage se glissent un roman entier écrit par Yves pour Anna (roman qui m’a fait pleurer plus que jamais), des images, des fragments de discours, des pensées entières… Chaque chapitre est consacré à un ou deux personnages, formant un enchevêtrement bien construit. Le tout forme un ensemble cohérent, très bien écrit, vous entrainant loin, très loin de tout ce que vous aviez pu lire avant.

Les personnages, je me suis bien sûr attachée à eux avec fougue, suivant leurs amours, leurs avancements, leurs mélancolies… Ces deux histoires racontées en parallèle sont d’une beauté certaine, et sans vouer un culte à l’adultère, on comprend très vite ce qui a poussé ces femmes à franchir le pas, à aller à la découverte de l’inconnu.

A partir d’un thème plutôt banal, Hervé Le Tellier réussit à faire de ce livre un culte à l’amour, à éveiller des sentiments profonds, puissants.

Assez parlé d’amour est un coup de cœur, un livre bouleversant à mettre dans toutes les mains pour un beau moment de lecture…

 

 « Les êtres qui vont prendre place dans notre vie sont toujours, à la veille de leur rencontre, des inconnus, et l'écrire est moins une naïveté qu'un émerveillement. »

 

Le livre de poche, 254 pages, 2010

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