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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 11:07

Souvenez-vous, il y a un mois de cela, je vous parlais de cette seconde session de Livra'deux pour Pal'addict (voir ici) organisée par Livraddict. Marie Juliet avait ainsi choisi trois livres dans ma PAL donc celui-ci...

 

Je trouve difficilement le temps de lire en cette rentrée… Ma PAL s’allonge, mes envies de livres aussi, et j’ai plusieurs livres à lire impérativement (entre le club de lecture, dont je vous parlerais sûrement, les livres de cours, les challenges, et les lectures communes)…  Voici donc un petit bilan catastrophique de cette rentrée et la raison pour laquelle je ne suis plus trop présente en ce moment… J’ai donc mis quelques semaines à lire La ballade de Lila K, livre dont Sarah m’a parlé et pourtant, je l’ai trouvé extraordinaire (dans tous les sens du terme !).

 

http://www.livraddict.com/covers/67/67530/couv29639658.jpgA l’âge de six ans, Lila est brutalement enlevée par des hommes en noir des bras de sa mère. Elle est alors conduite dans un centre à mi-chemin entre l’asile psychiatrique et la prison, dans un univers ou chacun de ses gestes est filmé par des caméras dissimulées derrière de grands miroirs et ce, jusqu’à son émancipation. Cependant, lorsque la petite fille arrive au centre elle ets polytraumatisée. Son passé est lourd : elle a été victime de maltraitance et de mal nutrition durant des années. Elle refuse ainsi de s’alimenter, est asociale, ne supporte pas la lumière et les contacts physiques, pique des crises de nerf effroyables… Lila est obligée de prendre des anxiolytiques et d’être nourrie par sonde. Son cas est complexe. Elle est donc prise en charge par le docteur Kauffmann, un professeur renommé mais provocateur, voire même anarchiste qui deviendra son tuteur. Avec le docteur Kauffmann, Lila réapprend petit à petit à vivre, et va à la découverte du monde. Le professeur lui donne également le goût des livres, le goût de la lecture, malgré les très fortes interdictions du ministère. Nous sommes, en effet, dans une société futuriste dans laquelle les livres sont formellement interdits ; on pense que le livre serait nocif à la santé car il serait porteur de germes, et donc, qu’il ne faut pas les toucher. Le papier est remplacé par des grammabook, sorte de tablettes tactiles.

Pourtant, à son émancipation, Lila choisi de travailler dans une bibliothèque… Elle pense que cet établissement serait le seul moyen de retrouver sa mère. Aidée de Justinien - un être hybride et employé de la bibliothèque - ils vont braver les interdits et Lila sera ainsi mise sur le chemin de sa mère.

 

Je ressors de cette lecture à la fois enthousiaste, car j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce livre et bouleversée par cette triste histoire… J’ai trouvé cette histoire tout à fait originale, même si, au premier abord, on peut penser que ce thème est déjà vu et revu. En effet, l’auteur intègre une dimension historique et sociétaire à son œuvre, ce qui le rend très innovent. Certes, je me suis fortement intéressée à l’histoire de Lila, mais je me suis également posé beaucoup de question sur cette société futuriste (l’histoire se déroule aux alentours de 2100). On entre en effet dans une société où chacun de nos gestes sont filmés, contrôlés un peu comme dans la société de « Big Brother ».  L’alimentation, la sexualité, la santé, le travail, les animaux de compagnie… Tout, absolument tout, est passé au peigne fin… Cette dimension sociétaire et historique m’a fait froid dans le dos… Est-ce qu’on est si loin de cette société hypothétique ? Je me pose des questions sur cet avenir.

Bon, je dois bien vous l’avouer, j’ai été, au début, un peu gênée par le fait que je ne savais pas quand cette histoire se passait, ni où… Oui, ça peut paraitre bizarre de s’accrocher à un petit détail comme celui-ci, mais j’avais du mal à comprendre le décalage entre la société dans laquelle vit la petite Lila et la nôtre. Je me demandais si l’auteur réinventait la société d’aujourd’hui, s’il s’agissait d’une société futuriste, et même si tout ceci de déroulait sur la planète Terre… Ca m’a d’autant plus gênée que les premières dates apparaissent loin, très loin du début du roman… Mais finalement, je suis arrivée à passer outre ce détail, pour me concentrer sur l’essentiel de l’histoire. Et heureusement…  

J’ai également trouvé que l’auteure a réussit avec brio à ne pas rendre son livre trop plombant. Seuls quelques passages sont vraiment difficiles à accepter, à lire, notamment lorsque Lila nous fait part de son dossier personnel, puis de celui de sa mère, ou lorsque l’on découvre que Lila a été nourrie à la nourriture pour chats. Je dois avouer que ces passages m’ont un peu rebutée, fragilisée. A côté de cela, on arrive parfois à sourire, voire même à rire des aventures de Lila. Il faut dire que, en grandissant, Lila devient de plus en plus cynique, ironique, face à la société dans laquelle elle vit et face à ses interdits. Elle considère ce monde de manière détachée, sans vraiment comprendre la manière de vivre des gens qui l’entourent. Elle ne fait que les imiter pour avoir l’air « normal », mais finalement où se trouve la normalité dans cette société ?

Le personnage de Lila, qui m’a au début rebutée par sa froideur, m’a finalement conquise. Très vite, je me suis attachée à cet être singulier, dotée d’une grande intelligence. Il faut dire que Lila est très touchante par son histoire, par ses inquiétudes, par ses angoisses. Les personnages secondaires qui l’entoure et qui l’épaule sont également très attachants, et amène une nouvelle dimension à l’histoire…

 

 

En bref

La ballade de Lila K est une petite merveille… Malgré certains passages délicats, le récit m’a enchantée par son aspect historique et sociétaire, mais aussi par l’histoire de la jeune protagoniste… Une belle découverte à lire sans modération !

 

 

« Je croyais toujours en lui, à sa promesse. Ca m’aidait à tout supporter : la vie dans le Centre, et celle qui m’attendait à la sortie. Lorsque je me tenais au bord du toit, à regarder la ville qui grouillait à mes pieds, vaste et multiple, presque infinie, je mesurais combien ce monde me terrifiait, combien je lui étais étrangère. Et j’avais le vertige à la seule pensée qu’il md faudrait un jour rejoindre cette vie qui n’était pas pour moi. Jamais je n’aurais eu le courage de l’affronter, je crois, si je n’avais eu ancré dans la poitrine, comme une fleur coriace aux racines puissantes, l’espoir de retrouver ma mère au milieu de tout ça. »

 

 

Le livre de poche, 355 pages, 2012

 

 


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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 10:51

La part de l’autre, c’est un livre que j’ai lu lorsque je devais avoir quinze-seize ans, par pur hasard. De là, je peux en dire plusieurs choses… Déjà, ce livre m’a profondément marquée. En effet, j’avais encore des cours d’histoire-géo et ceci m’a permis d’en savoir un peu plus que les autres sur cette période, sur cet Hitler. Ensuite, il a été l’un de mes préférés pendant des années. Je l’ai partagé, et recommandé un nombre de fois assez impressionnant. Et puis, c’est avec ce livre que j’ai découvert EES, et donc c’est à partir de là que je suis devenue « une fan ».

Quelques années plus tard, j’en reparle avec mon entourage et je me rends compte que j’ai une envie folle de relire ce livre dont les souvenirs sont de plus en plus flous… Chose faite, mes sentiments pour La part de l’autre restent inchangés, malgré un esprit critique qui pointe le bout de son nez…

 

http://www.livraddict.com/covers/38/38552/couv27962396.gifEn 1908, Adolf Hitler tente le concours d’entrée aux Beaux art de Vienne, sans succès… Que se serait-il passé s’il n’avait pas été recalé ? Est-ce que cet infirme incident aurait changé le cours des choses ? Eric-Emmanuel Schmitt imagine alors la vie d’un Adolf H. hypothétique qui aurait été accepté par l’école, et qui se serait épanoui dans la peinture, qui aurait été entouré d’amis fidèle, de plusieurs amours. Et de l’autre côté, il nous narre la vraie vie d’Hitler, Homme frigide et violent, aimant la guerre et le pouvoir…

 

En retraçant la vie d’Adolf Hitler, nommé Hitler dans le livre et en inventant la présupposée vie d’Adolf H. s’il avait réussi le concours d’entrée aux Beaux-Arts de Vienne, Eric-Emmanuel Schmitt arrive à faire naitre une petite pépite littéraire qui ne laisse pas son lecteur indifférent. Avec une plume simple, et fluide, EES retrace le parcours de cet Homme qui a marqué l’Histoire.

Entre ces deux parties bien distinctes, celle sur la vraie vie d’Hitler m’a le plus intéressée… D’ailleurs, on peut le lire comme une biographie plus ou moins romancée, car elle a été lue par des historiens qui n’ont rien trouvé à dire sur le livre d’EES. En ce qui concerne la vie inventée à Hitler par l’auteur, je l’ai trouvée intéressante, elle fait poser de vraies questions, mais je lui ai trouvé certaines longueurs, certains détails fantaisistes parfois inutiles… Malgré tout, ceci n’enlève rien à l’œuvre formée… C’est un roman superbe, nécessaire, à mettre entre toutes les mains.

Je n’avais pas lu lors de ma première lecture la postface « Le journal de la part de l’autre ». La seconde fois, j’ai hésité, et finalement, je me suis lancée… C’est un cours journal qui retrace les doutes de l’entourage de l’auteur concernant l’écriture de ce livre, ses propres inquiétudes à lui, ses lectures, … J’ai trouvé ce cours journal très intéressant car il permet de comprendre les raisons qui ont poussées Eric-Emmanuel Schmitt à écrire un livre comme celui-ci, qui permet de comprendre comment il s’est organisé dans son travail… Et finalement, je trouve que cette partie un petit plus enrichissant à cette lecture…  

La part de l’autre reste pour moi un livre passionnant et dérangeant. Passionnant, parce qu’on en apprend des choses sans être ennuyé, lassé, épuisé d’entendre rabâcher des choses vues et revues comme c’est le cas dans certains cours d’histoire-géo. On apprend des choses qui vont au-delà des leçons, sans pour autant avoir sous nos yeux une biographie bête et méchante. J’ai ainsi été surprise de découvrir qu’Hitler s’est révélé antisémite après la défaite allemande lors de la Première Guerre Mondiale… Pour lui, la défaite a été causée par les Juifs. Avant cet Homme entretenait des rapports entièrement pacifistes avec les Juifs et ne comprenait pas les idées antisémites de son maitre : Wagner. On apprend également qu’Hitler a connu la misère, la vraie, avant d’accéder au pouvoir… C’est la guerre qui a sorti Hitler de la rue. Et là j’en arrive au côté dérangeant : on arrive parfois à éprouver une certaine compassion pour cet Hitler, à voir autre chose que le monstre sommeillant en lui… J’ai éprouvé une certaine pitié pour Hitler devenu SDF, pour cet Hitler incapable d’éprouver un quelconque sentiment, pour cet Hitler devenant fou, comme possédé… C’est dérangeant d’éprouver des sentiments comme ceux-ci pour quelqu’un qui a commis autant de mal. C’est dérangeant et inquiétant…

Et puis, je dois bien avouer qu’au début, cette vie inventée à Hitler ne m’a pas trop convaincue… Là encore, comment est-ce possible d’accepter qu’en Hitler il n’y ait pas que du mal ? Comment peut-on penser qu’Hitler aurait pu être quelqu’un de « normal », quelqu’un de bien, quelqu’un altruiste ? Au début, c’est dur d’accepter la version d’Eric-Emmanuel Schmitt… Et puis, petit à petit, en entrant pleinement dans le livre, j’ai accepté, j’ai compris, j’ai fini par y croire… Et finalement, je me suis dit « pourquoi pas ? ». Est-ce que notre vie n’est-elle pas déterminée de petits éléments déclencheurs qui font que l’on devient ce que l’on est ?

 

 

En bref

Avec simplicité et fluidité, Eric-Emmanuel Schmitt retrace la vie d’Hitler et invente une vie hypothétique à cet Homme qui a marqué l’Histoire. Le tout forme un ensemble superbe, grandiose, nécessaire, à mettre entre toutes les mains…

 

 

« Qu'est-ce qu'un monstre ? Un homme qui fait le mal à répétition.

A-t-il conscience de faire le mal ? Non, la plupart du temps. Parfois oui, mais cette conscience ne le change pas. Car le monstre se justifie à ses yeux en se disant qu'il n'a jamais souhaité la mal. C'est juste un accident de parcours.

Alors que tant de mal se fait sur cette planète, personne n'aspire au mal. Nul n'est méchant volontairement, même le plus grand trompeur de promesses, le pire des assassins ou le dictateur le plus sanguinaire. Chacun croit agir bien, en tout cas en fonction de ce qu'il appelle le bien, et si ce bien s'avère ne pas être le bien des autres, s'il provoque douleur, chagrin et ruine, c'est par voie de conséquence, cela n'a pas été voulu. Tous les salauds ont les mains propres. »

 

 

Les avis de Céline, Lasardine, Un chocolat dans mon roman, ...

 

Le livre de poche, 503 pages, 2003

 


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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 17:57

Encore un petit livre dont je serais passée à côté sans la blogosphère, car pour ma part je n’en avais jamais entendu parler. Je l’ai découvert grâce au blog de Violette et je dois dire que le résumé m’a tout de suite attiré. Un coup de cœur assuré !

 

http://www.livraddict.com/covers/44/44414/couv69360886.jpgPhilippe vit avec sa femme Sandrine et sa fille Claire. Pour eux, la vie suit son cours, avec ses hauts et ses bas. Mais la relation que mène Philippe et Sandrine devient de plus en plus conflictuelle et très vite, la séparation pointe le bout de son nez. Sandrine laisse alors un délai d’un mois à son mari pour quitter le domicile conjugal. Malgré ses recherches, Philippe semble au bord du précipice. Avec un petit CDD de commercial en poche, il a du mal à trouver un appartement. Sandrine met alors son ex-mari à la porte et pour Philippe, il s’agit d’une longue descente aux enfers… Son permis de conduire lui est retiré pour cause d’infractions, son patron lui fait part de son mécontentement car Philippe n’arrive pas à remplir ses objectifs, son ex-femme refuse qu’il voit sa fille…. Et pour finir, lors d’une dispute entre lui et son patron, Philippe démissionne. Au début, ce dernier se contente de dormir dans des hôtels grâce à ses quelques économies, mais la situation devient vite instable : il n’a presque plus d’argent et finit à la rue. Là commence alors un dur calvaire, une spirale sans fond qui le tire toujours plus vers le bas. Il connait les difficultés à se nourrir, à trouver une place au chaud, à trouver un foyer, à résister à la tentation de l’alcool, à supporter le regard des gens... Il connait ainsi la galère de quelques milliers de personnes que sont les SDF. Jusqu’au jour où il rencontre Baudelaire, un chien qui le défend alors qu’il se fait agresser par d’autres sans abris. Il décide de le garder, de le nourrir. Baudelaire et lui se protègeront l’un l’autre. Grâce à son animal de compagnie, Philippe rencontre également Bébère et sa femme qui seront d’un immense soutien, d’une immense générosité… Bébère est un mordu de Baudelaire et prête l’un de ses ouvrages à Philippe. Ces poèmes lui parlent, lui donnent des idées. Il va alors faire la lecture aux utilisateurs des transports en commun. D’abord renfermés, ils finissent par éprouver un certain plaisir à écouter de beaux textes ? Philippe gagne de l’argent grâce à cela. Bébère et sa femme lui proposent également d’intégrer le Fleuron Saint-Jean, une péniche qui accueille les sans-abris, et qui leur propose une assistante sociale et un avocat. Philippe commence alors à voir le jour…

 

 

Non mais quel livre ! Je suis ressortie de cette lecture bouleversée et pleine d’espoir à la fois. Pleine d’espoir, car Un hiver avec Baudelaire propose une fin pleine de positif, d’optimisme, d’espoir, d’envie de s’en sortir. Je me demande aussi comment en parler avec des mots justes, et comment vous donner envie d’ouvrir ce livre… C’est un énorme coup de cœur, qui réchauffe l’âme…

La drôle de coïncidence est qu’il y a un mois de cela, je me suis posée la question de « Comment peut-on devenir ainsi ? ». Comment est-ce possible de n’avoir rien ni personne ? Et j’ai très vite compris comment il est possible de se retrouver sans foyer, sans famille, sans amis, sans rien… Un sentiment de honte malmène le personnage et l’empêche de demander de l’aide à sa famille. Son meilleur ami, quant à lui n’a pas le temps et le courage de s’occuper de son cas… Un bébé arrive et il ne faudrait pas perturber l’équilibre familial… Et surtout, une ex-femme qui semble ne pas soucier du sort de son ex-mari….Voilà on comprend comment c’est possible. C’est une fatalité réellement effrayante ! Je me suis aperçue que la vie dans la rue est bien plus dure que ce que je le pensais, bien plus dangereuse, bien plus tragique. C’est un livre qui a l’audace de faire prendre conscience à ses lecteurs les difficultés éprouvées par les SDF.

Peu de pages m’ont suffi pour entrer et être comme hypnotisée par le destin poignant de Philippe. Chaque émotion, chaque détail sont transmis avec une réalité à couper le souffle, avec des mots forts, justes. Au début, l’auteur use un vocabulaire assez neutre et puis, au fur et à mesure que la situation de Philippe se dégrade, au gré de la dépression qui guette le protagoniste, les mots sont de plus en plus durs, le vocabulaire de plus en plus dégradé, vulgaire, dur. On traverse les différents stades de la vie de Philippe : la fatalité, la colère, la dépression, l’optimisme, la résignation, le courage… Un hiver avec Baudelaire, c’est un mélange confus et organisé à la fois de sentiments, de couleurs plus ou moins sombre… C’est un livre a l’écriture poétique, fluide et dur à la fois.

Bien sûr, le personnage de Philippe est attachant, touchant, émouvant. On a parfois envie de lui donner notre force, de l’encourager à s’en sortir. On vit ses émotions, on a envie de l’aider. J’ai compris ses maux, ses émotions tant l’écriture est réaliste.

 

 

En bref

Un hiver avec Baudelaire est un livre réellement poignant, tellement beau, avec une force inouïe et une note d’optimisme importante. Un coup de cœur ! Si vous hésitez à l’acheter, je vais vous donner un point très positif : une partie des revenus perçus par l’auteur est reversée à la péniche du Fleuron Saint-Jean. 

 

 

"Le discours décline la même litanie de la misère : fin de droits, enfants à charge, invalidité, rester propre, dormir au chaud, manger, survivre. Souvent, la voix fatiguée et brisée ne parvient pas à s'élever au-dessus des crissements métalliques stridents des roues sur les rails et se dissout dans l'indifférence générale. D'autres, enfin, ont définitivement franchi le point de non-retour. Gueules burinées de bitume, grêlées rouge vin, mains calleuses et striées de crasse, élocution gluante, borborygmes verbaux incohérents, odeurs de sueur acide et de pieds fermentés qui agacent et imprègnent fortement l'air, encore après leur passage. Dans tous les cas, les réactions sont les mêmes : les regards se dérobent, fuient, plongent dans un livre ou un journal resté fermé jusque-là, le grésillement des baladeurs monte en régime, des demi-sourires crispés et embarrassés déforment les visages comme pour barricader une porte ou parer un coup de poing. Les plus tolérants et les moins exaspérés changent de wagon, soit avant de monter, lorsqu'ils identifient suffisamment vite le danger depuis le quai, soit à la station suivante si l'importun s'assoit ici ou là comme le parasite s'incruste sous la peau."

 

 

Le livre de poche, 278 pages, 2011

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 14:22

Un peu de changement s’impose… En effet, les polars disposent d’une minuscule place dans ma bibliothèque, pourtant, il s’agit là de lectures que j’apprécie de temps à autre. En me promenant au hasard je suis tombée sur ce livre à la couverture intrigante. Le bilan de cette lecture est très positif.

 

http://www.livraddict.com/covers/76/76757/couv49079204.gifLors d’une promenade, Erica Falck, trentenaire et auteure de biographies, se fait interpelée par un voisin à l’air affolé. En effet, cet homme a découvert le cadavre d’Alexandra Wijkner dans une baignoire, les poignets tailladés, alors qu’il s’occupait d’entretenir sa demeure. Alexandra était la meilleure amie d’Erica lorsqu’elles étaient encore au collège, mais celle-ci s’est subitement volatilisée au milieu d’une année scolaire. Cette histoire la touche et la travaille énormément. Erica est persuadée qu’il ne s’agit pas d’un suicide, tout comme Patrik Hedström, l’amoureux transi de notre protagoniste. Les indices parlent d’eux-mêmes et prouvent que ce n’en est pas un : aucun objet tranchant n’a été trouvé proche du corps. Lors de l’enterrement d’Alex, elle rencontre alors les parents de son amie, qui lui demandent d’écrire un article sur leur fille. Mais très vite, Erica se rend compte qu’elle souhaite réaliser un projet tout autre : elle veut écrire son premier roman et ce thème semble être fait pour elle. Pour avancer, Erica cherche des indices, fouille dans le passé de son amie, et avance dans l’enquête, plus vite même que la police. Erica et Patrik s’entraident et progressent dans l’enquête ensemble…

 

Je suis vraiment une amatrice de polars, mais j’ai quand même trouvé un réel plaisir à lire ce roman… Je dois même dire que j’ai trouvé ça génial, superbement bien mené, car durant tout le long du livre, je me suis demandée et redemandée qui était le meurtrier et pourquoi… Et puis la fin m’a énormément plu elle aussi, car elle est très surprenante, intrigante. C’est une véritable chute dont je ne me serais jamais douté…

Je n’ai eu aucun mal à entrer dans l’histoire. Quelques pages ont suffit pour que je comprenne que ce livre serait, très certainement, une très bonne lecture… Et puis bien sûr, j’ai été totalement happée par l’histoire… Entre fausses pistes, rebondissements, nouveaux meurtres, relations spéciales,… tout y est pour que l’histoire devienne prenante. Ajoutons à cela le fait que Camilla Läckberg dispose d’une écriture très fluide, très simple à lire, parsemée par-ci, par-là d’humour.

Même si l’essentiel de l’histoire tourne autour de l’histoire du meurtre d’Alex, j’ai énormément apprécié la périphérie de l’histoire : Erica et son flirt avec Patrik, l’histoire d’Anna - la sœur d’Erica -, la vie de l’entourage d’Alex, … Ceci m’a permis de m’attacher aux personnages, de trouver une certaine proximité avec eux, de comprendre aisément ce qu’ils vivent, ce qu’ils pensent… Bon, j’avoue que ceci crée certaines longueurs, mais permet aussi une petite pause dans tout cet univers proche du gore. Je me suis attachée aux personnages, et notamment à Anders, un peintre alcoolique. Son histoire m’a touchée à haut point et j’ai eu beaucoup d’estime pour ce personnage haut en couleur…. Ce livre m’a aussi, sous certains aspects (n’oublions pas qu’il s’agit d’un policier), assez amusée. Même si on tombe un peu dans la caricature à la Desperate, avec une Erica qui se pose des questions sur son poids, sur la manière dont elle doit s’habiller lorsqu’elle a rendez-vous avec Patrik,… Finalement, ce sont des personnages « normaux », avec leurs problèmes qui ressemblent de près aux nôtres…

 

 

En bref

Entre humour, intrigues, suspens, fausses pistes, et découvertes macabres, La princesse des glaces fut pour moi un très bon moment de lecture. J’espère que la suite sera tout aussi prometteuse ! 

 

 

« Il regarda ses mains. Comme il les haïssait, ses mains. Elles véhiculaient la beauté et la mort avec une incompatibilité qu'il avait dû apprendre à côtoyer. Seulement quand il l'avait caressée, elle, ses mains avaient été bonnes. Sa peau à lui contre sa peau à elle avait repoussé tout le mal, avait obligé le mal à se retirer pour un moment. En même temps, ils avaient réciproquement nourri la corruption cachée qu'ils portaient en tous deux. Amour et mort, haine et vie. Des contraires qui avaient fait d'eux des papillons de nuit décrivant des cercles de plus en plus près de la flamme. Elle avait été la première à brûler. »

 

 

 

Les avis de Livrons-nous, perdre une plume et Mrs Pepys.

 

 

Babel noir, 509 pages, 2012

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 22:06

Voilà un livre qui était depuis bien longtemps dans ma PAL, mais que je n’ai jamais eu le courage de sortir… Parce que, même si ce livre était de partout en tête de gondole, j’ai pu lire des avis très divers sur ce roman et du coup, j’ai un peu perdu l’envie de le lire. Heureusement, Livraddict est là. Lors du challenge proposé par le forum (voir article ici), Carnet de lecture m’a proposée cette lecture parmi deux autres… C’était son heure. Et finalement, je n’en suis pas mécontente car j’ai passé un doux moment de lecture.

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv111420.jpgA la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, se retrouvent dans la maison de famille située à Bootshaven pour de la lecture du testament. A leur grande surprise, cette fameuse maison revient à la fille de Christa, Iris. Cette dernière est face au mur et doit se décider assez rapidement pour savoir ce qu’il adviendra de la maison familiale. Seulement voilà, Iris est jeune, elle bibliothécaire à Fribourg. Elle aime son métier et ne souhaite pas le quitter de ci peu. Elle semble donc décider à ne pas garder cette maison. Cependant, en se promenant dans les diverses pièces, dans le grand jardin, dans le poulailler, ou bien même dans Bootshaven, Iris doute car cet endroit lui est cher, lui offre plein de souvenirs. Et puis, au sein de ce village habite Max, le frère de son amie Mira. Ce dernier est également l’avoué de la famille, mais entre eux une seule relation professionnelle n’est pas envisageable…

 

 

J’ai trouvé le début de ce récit très mou, parfois même ennuyeux. En effet, il ne se passe pas grand-chose. On entre dans une profusion de souvenirs, mais de façon si rapide qu’on ne sait pas vraiment de qui il est question, ni de quoi il est question. Ces souvenirs arrivent de partout, en vrac, et m’ont parfois égarée de ma lecture. L’écriture de l’auteure n’aide pas non plus à comprendre l’enchaînement de l’histoire car les phrases sont très lourdes, et parfois, je pense, mal traduites.

Et puis, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je me suis laissée prendre au jeu et j’ai aimé découvrir l’histoire de cette famille dans laquelle les femmes jouent un rôle primordiale, entrer dans cette histoire qui narre la vie de femmes sur trois génération. Ces souvenirs, qui au début me laissaient de marbre m’ont finalement beaucoup intriguée, m’ont moi-même apportés quelques souvenirs à coucher sur une feuille de papier. On entre dans la vie de ces femmes de manière discrète, mais précise, on apprend à les connaître très succinctement, sans trop s’y attacher et on découvre des histoires, des secrets de famille. La narratrice glisse, avec malice, beaucoup d’indices, de suspens dans sa narration, si bien qu’on a très vite envie de savoir, d’aller jusqu’au bout. Ce livre offre également beaucoup de détails sur l’environnement de la narratrice, si bien que le lecteur a presque l’impression de suivre Iris dans les moindres recoins de la maison ; on a l’impression d’entendre le bruit du bois qui grince, de sentir cette bonne odeur de compote sur le feu, d’assister au déguisement d’Iris et de ses amies, de se promener dans le verger... Ces descriptions se font sans lourdeur, avec beaucoup de délicatesse, et avec un grand sens du détail qui impressionne.  

Le tout prend donc une forme douce, nostalgique, mélancolique avec une écriture poétique et bien menée. Finalement, on regretterait presque de ne pas aller plus loin dans tous ces souvenirs, que l’histoire se termine si vite, que l’épilogue soit si rapide…   

 

 

En bref

Le goût des pépins de pomme est un livre à l’écriture touchante, sensible, qui nous amène au cœur des souvenirs de la narratrice, Iris. La profusion de détails donne l’impression au lecteur d’être tout prêt de cette dernière. C’est un livre avec lequel on passe un moment plein de douceur.  

 

 

"A partir d’une certaine quantité de souvenirs, chacun devait finir par en être saturé. L’oubli n’était donc lui-même qu’une forme de souvenir. si l’on n’oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit. Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l’océan de l’oubli. Il y a dans cet océan des courants, des remous, des profondeurs insondables. Il en émerge parfois des bancs de sable qui s’agrègent autour des îles, parfois quelque chose disparaît. Le cerveau a ses marées. Chez Bertha, les îles avaient été submergées par un raz-de –marée. Sa vie gisait-elle au fond de l’océan ?"

 

 

 

Le livre de poche, 285 pages, 2011

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 15:17

Hé non, je n’ai pas abandonné la blogosphère… J’ai juste eu beaucoup, beaucoup de mal à venir à bout de Cent ans de solitude, et comme je n’aime pas abandonner mes livres au beau milieu d’une histoire, comme je n’aime pas non plus commencer deux livres en même temps, j’ai continué… Il faut dire que le temps me manque beaucoup en ce moment aussi… Bref, j’espère être un peu plus présente maintenant que cette lecture est terminée.

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv3847352.jpgA Macondo, un petit village isolé d’Amérique du Sud, vit la famille Buendia, condamnée à cent ans de solitude par la prophétie du gitan Melquiades. Au sein de ce village, plusieurs familles vivent, survivent, et meurent, mais ce village est principalement mené par José Acardio Buendia et Ursula Iraguàn. Durant six générations, on suit l’évolution de Macondo et de ses habitants, touchés par les révolutions, les guerres civiles, les fléaux, les destructions, …

 

Les deux cent premières pages m’ont passionnée. On découvre la  vie de ce petit village, ses habitants, leurs croyances, leurs mœurs  et coutumes. Très vite, on se sent bien dans l’histoire, on a presque l’impression d’y être, de vivre avec tous ces habitants. L’auteur nous livre également de grandes descriptions concernant le paysage, la faune et la flore, qui m’ont donné envie d’aller découvrir ce village (qui existe en fait sous le nom d’Aracataca). J’ai aimé également cette écriture légère et poétique, et ce, du début jusqu’à la fin. Cette plume, elle est parfois surréaliste voire même surnaturelle, mais pourtant ça ne m’a pas gêné (généralement j’aime les histoires réalistes) puisqu’il s’agit là d’une description de croyances partagées par une population. Pour moi, c’était un début très prometteur qui m’a donner envie de voyager, d’aller voir le monde.

Et puis, et puis, tout d’un coup, je me suis ennuyée de cette lecture car j’y ai vu trop de descriptions, de précisions qui ne m’ont pas toujours parues utiles, si bien que je n’arrivais plus à avancer… Certains passages sont très longs, sans aucune ponctuation, avec un fil conducteur alambiqué… Il y a également beaucoup de passages qui nous expliquent les multiples guerres d’Aureliano Buendia, le fils de José Acardio Buendia et d’Ursula Iraguàn, qui m’ont profondément ennuyée, agacée… Je pense que, pour cela, une certaine connaissance de l’histoire de l’Amérique Latine est nécessaire pour comprendre les guerres qu’entreprend le colonel Aureliano Buendia, connaissance qui m’a énormément manquée et m’a fait perdre le fil de l’histoire. C’est dommage, car je pense que l’auteur cherchait à nous faire connaitre l’histoire de son pays, mais aussi de l’Amérique Latine par ce récit.

Gabriel Garcia Màrquez met également une certaine distance entre le lecteur et ses personnages, si bien qu’on ne s’attache à aucun protagoniste. Ce détail m’a un peu déconcertée, car j’aime généralement avoir le sentiment de comprendre, ou d’être émue par certains aspects de la vie des personnages. Là, non. On suit simplement leur vie sans aucune émotion. Ceci est peut-être dû aussi au fait qu’il y a un nombre de personnages considérable dans Cent ans de solitude. Pour comprendre qui était qui, j’ai dû faire un arbre généalogique, que j’ai mis dans mon livre et que j’ai ressorti très, très souvent au fil de ma lecture pour ne pas me perdre. D’ailleurs, j’aurais dû détailler encore plus l’arbre que j’ai réalisé en mettant qui a fait quoi, car même avec cela je me suis perdue, j’ai dû faire des retours en arrière. Il faut rajouter à cela le fait que tous les personnages ont le même prénom puisque les fils s’appellent comme leur père ou leur grand-père… De plus, les personnages du même nom ont généralement une personnalité ainsi que des destins très similaires. Bref, ma lecture a été laborieuse, saccadée, lente…

 

 

En bref

Malgré un début très prometteur, je me suis très vite perdue dans cette histoire. Les prénoms des personnages se confondent, mes connaissances étaient insuffisantes… Au final, je ressors de cette lecture frustrée et déçue.

 

 

"Elle lui parlait de Macondo comme du village le plus lumineux et le plus paisible du monde, et d'une gigantesque maison qui sentait bon l'origan, où elle aurait aimé vivre jusqu'à ses vieux jours aux côtés d'une mari fidèle et deux garçons rusés qui s'appelleraient Rodrigo et Gonzalo, et en aucun cas Aureliano ni José Arcadio, et d'une fille qui aurait nom Virginia, et en aucun cas Remedios."

 

 

Points, 461 pages, 1968

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 10:33

Il y a presque un an de cela, je découvrais Quand souffle le vent du nord, grâce à la toile. J’avais été conquise, je voulais lire la suite, très vite… Il faut dire j’étais vraiment restée sur ma faim. Cette fin ne me satisfaisait pas, il m’en fallait plus, encore plus. J’avais besoin d’une réelle conclusion. Cependant, j’ai su me faire patiente, car j’ai attendu la sortie en poche du second tome (ce n’est pas joli, dans une bibliothèque, d’avoir un grand format et un petit format !)… Ce livre m’a plu mais sans plus…

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv50601180.jpgLéo a fui à Boston afin de se libérer de la relation épistolaire qu’il entretenait avec Emmi. Mais lorsqu’il rentre de son exil, tout semble avoir changé… Tout d’abord, il ne revient pas seul, car au cours de son voyage, il a rencontré Pamela, « Pam », avec qui il envisage de construire une relation sérieuse, voire même d’aménager avec elle. Et puis, l’échange de mails entre Emmi et Léo semble de plus en plus épars. Et surtout, Emmi souhaite mettre fin à cette relation. Pour cela, elle veut rencontrer Léo, au moins une fois. Ce rendez-vous a bel et bien lieu… Mais que va-t-il advenir de leur relation ?

 

 

On ne peut pas dire que je n’ai pas aimé ce livre puisque je l’ai dévoré… J’ai encore, une fois, tourné les pages avidement afin de connaitre le fin mot de cette histoire… Mais je ne sais pas… Je me suis un  peu plus ennuyée dans ce second tome. Le charme n’a pas opéré de la même manière… Finalement, je me demande même si je n’aurais pas dû m’arrêter au premier tome, car même si La septième vague n’est pas une déception, on ne peut pas dire que ce récit a connu le même enthousiasme que Lorsque souffle le vent du nord.

En fait, j’ai trouvé certains passages un peu mous, un peu vides… Il faut dire que les premiers mails sont des échanges de phrases de quelques mots, dans lesquels on trouve des banalités dont on se serait bien passées. Malgré ces lenteurs passagères, le livre se lit toujours bien, voire même très bien. Il est facile de se replonger dedans, de se remémorer l’histoire, même avec une pause d’un an, car les deux personnages reviennent sur leur passé commun, cherchent des explications, des indices.

L’échange épistolaire n’a pas eu le même effet sur moi lors de la lecture du second tome. Dans le premier, j’avais apprécié cet effet de rebondissement, cette modernité. J’avais trouvé amusant le fait que les personnages cherchent à tout analyser. Avec La septième vague, j’ai parfois eu cette impression de lire un échange entre deux adolescents qui se cherchent, s’envoient des piques, jouent avec les mots, cherchent à analyser chaque mots, chaque phrases. Et puis, Emmi, Emmi est « si, si, si, » agaçante, fatigante… Fidèle à elle-même, elle reste indécise, insatisfaite, égoïste, limite peste parfois. Mais, heureusement, Léo, lui m’a beaucoup plus touchée, parlée. Il reste timide, écrit de beaux messages à son Emmi, souffre de cette relation, se questionne. Bref, heureusement que Léo est bien, reste bien Léo, sinon j’aurais été profondément déçue par ce second roman.

Et puis, je dois bien le reconnaitre, j’ai enfin eu une fin, nette, définitive, tranchée. Cette fin que j’attendais tant est arrivée. C’est peut-être d’ailleurs ce que j’attendais le plus dans cette « saga Emmi et Léo ». Je n’ai pas eu besoin de faire marcher mon imagination pour comprendre ce qu’il adviendra de Léo et Emmi, tout est dit, enfin. Pour cela, on ne peut pas dire que j’ai été déçue, au contraire. Même s’il n’y a pas vraiment de surprise, j’ai eu ce que j’attendais.

 

 

En bref

Un bilan très mitigé en ce qui concerne la Septième Vague. J’ai aimé le roman, ça oui, mais il m’a beaucoup moins charmée que Quand souffle le vent du nord. Ce second tome connait certaines lenteurs, certains passages m’ont agacée… Je ne sais pas si je peux vous dire de le lire ou pas… C’est à vous de voir si vous avez envie de connaitre la suite de cette saga…

 

 

« Je pense à cette Emmi qui, du bout de doigts si délicats qu’ils semblent lui échapper, enlève toutes les trente secondes de ses yeux des mèches imaginaires pour les remettre derrière son oreille, comme si elle cherchait à délivrer son regard d’un voile, pour pouvoir enfin observer les choses avec autant d’acuité qu’elle sait les décrire depuis longtemps. Et je me demande sans cesse si cette femme est heureuse. »

 

 

Les avis de Laeti, Perdre une plume, June, lasardine, Enigma, Doucettement, ...

 

 

Le Livre de poche, 280 pages, 2012

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 20:22

Intriguée par plusieurs avis sur ce roman, je me suis empressée de l’acheter, d’autant plus qu’il s’agit du premier roman de l’auteur que je lis. Mais malgré tout, je suis passée totalement à côté de ce livre…

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv48916476.jpgSamuel est instituteur, mais les samedis après-midi, il passe son temps libre au sein d’une prison afin de discuter avec de jeunes filles délinquantes. C’est ici qu’il rencontre Lili, quinze ans. Le jeune homme fera son possible pour la sortir de prison. Plus tard, il l’accueillera chez lui. Lili partage désormais sa vie avec Samuel. Ce dernier souhaite fonder une famille mais la jeune femme ne semble pas prête à devenir mère. Un beau jour, alors qu’elle se promène au zoo, elle aperçoit une ombre. Cette ombre, c’est celle de Yoïm, l’homme qui l’a entrainée dans le déclin et la délinquance, l’homme qui l’a initiée au sexe, à la drogue. Mais Yoïm est aussi son premier amour et son sauveur. Car la jeune Lili n’a pas eu une enfance facile, elle a même eu une enfance morbide. Alors qu’elle n’avait que quatorze ans, sa mère décède et la jeune fille et son petit frère sont laissés aux mains de leur père. Ce dernier est membre du « Parti », et un fervent adorateur de « Dodolphe ». Il doit partir de longues semaines pour remplir des missions inconnues, et enferme ses enfants à l’intérieur de leur petit appartement. Il est aussi paranoïaque et hypocondriaque : il fait croire à ses enfants que le monde extérieur est méchant, contaminé de maladies diverses. Bref, les deux enfants n’ont pas le droit d’ouvrir la porte, de sortir, de regarder la télévision, … Bien que Lili n’aie que quatorze ans, elle souhaite mettre fin à ses jours afin de ne pas subir les bizarreries de son père. Après une tentative qui échoue, elle retrouvera espoir auprès de Yoïm…

 

Je me demande un peu ce que je vais pouvoir vous dire à propos de ce livre. Je ne saurais même pas vous dire si celui-ci m’a plu ou pas. Je déteste cette sensation. Je suis incapable de montrer un quelconque enthousiasme, mais malgré tout, je saurais trouver des qualités non négligeables à ce livre…

J’ai mis un temps fou à lire ce roman, à entrer dedans. Je n’arrivais pas vraiment à lire plus de 3 pages à la suite (donc un chapitre, car ceux-ci sont très courts). D’ailleurs, j’ai envisagé de l’abandonner pour le reprendre plus tard… Mais le livre était présent depuis si longtemps dans ma bibliothèque… La lecture a donc été laborieuse.

Disons que le récit m’a énormément dérangée. Le passé de la jeune Lili est extrêmement dur, glauque, déprimant. Les bizarreries de son père m’ont fait rire jaune, mais elles m’ont permis de comprendre le mal-être qui ronge la jeune fille. Son histoire d’amour avec Yoïm est elle aussi dérangeante. Yoïm semble être un homme, mais Lili n’a que quatorze ans, lorsqu’elle le rencontre, lorsqu’elle est initiée au sexe. La jeune fille a aussi des pensées dérangeantes, torturées. Elle m’a semblée parfois proche de la folie. Et puis, cette quatrième de couverture, ainsi que le titre ne sont pas du tout représentatifs du contenu. Je crois que je ne m’attendais pas vraiment à cela du coup, je crois que je suis sérieusement passée à côté de cette histoire. La vie n’a pas épargnée Lili, mais malgré tout, cette histoire m’a touchée, m’a émue.

L’écriture est, elle aussi, très spéciale car il s’agit d’un flot incessant de paroles, de pensées, plus ou moins décousues, plus ou moins fluide. Parfois, il est difficile de les suivre, de comprendre ce que pense vraiment la protagoniste. Malgré tout, je dois dire que cette plume m’a plu, et je dois reconnaitre le talent de l’auteure. De plus, je trouve que cette plume représente assez bien l’esprit torturé voire malsain de la jeune Lili. Par contre, je n’ai pas apprécié ces mots crus, durs, glissés au beau  milieu de phrases poétiques à souhait…

 

 

En bref

Le bilan est très mitigé en ce qui concerne la lecture de ce roman. Certains aspects de ce livre m’ont dérangée, d’autres m’ont émue… Je relirais Véronique Ovaldé plus tard…

 

 

"Samuel saurait-il me consoler?, et m'endormant finalement sur le canapé, avec la voix de Samuel répétant à sa mère l'itinéraire de l'expédition imaginaire dont je revenais, sa voix, comme la pluie de mars, qui me pénétrait et me promettait une floraison tardive."

 

 

Edition Babel, 134 pages, 2005

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 16:09

Il y a quelque temps, Malika nous informait de la sortie en poche d'un roman de David Foenkinos. On ne peut pas dire que ce soit le genre d'information qui passe inaperçu parce que, chaque livre de ce monsieur m'a plu, m'a transportée. Même si le style est très différent des autres romans de l'auteur, celui-ci m'a beaucoup intéressée. Encore un vrai bonheur!

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv23234936.jpgEn 1975, à l’âge de 35 ans, John Lennon décide de mettre un terme à sa carrière d'artiste afin de s’occuper de son jeune fils Sean. Pendant cinq années, il s’est retiré de la vie médiatique et n’a sorti aucun album. David Foenkinos entre alors en scène et imagine un témoignage inédit du père des Beatles. Ce dernier en profite alors pour revenir sur son incroyable carrière et pour suivre plusieurs hypothétiques séances de psychanalyse (18 au total). Il s’exprime alors librement la terrible enfance qu’il a vécue, sur sa célébrité précoce, sur ses années d’errances, de solitude totale qui l’a conduit à la drogue, sur sa vie avec Yoko Ono… Son existence sera interrompue le 8 décembre 1980, jour de son assassinat par un déséquilibré.

 

 

J’aime beaucoup les Beatles. Je ne suis pas une fan non plus, mais j’apprécie leur musique, j’aime écouter un CD ou un titre d’eux de temps en temps (d’ailleurs, j’écris cet article en écoutant les meilleures chansons des Beatles !). Et je dois dire aussi qu’ils constituent pour moi une sorte de mythe imaginaire, même si je ne me suis jamais vraiment penchée sur la vie de ces artistes. Bref, ce livre m’a permis d’en apprendre un peu plus sur ce groupe, mais aussi de désenchanter un peu. Parce que sous leur allure de garçons bien élevés, gentils et serviable, ils sont en fait des hommes comme les autres, et notamment Lennon, puisque c’est sur lui que le livre est centré. Sous cette apparence calme, et pacifiste, l’homme cache en fait une grande violence, qui m’a beaucoup émue. S’il chante des chansons pacifistes, c’est pour essayer de trouver lui-même une paix intérieure. Il faut dire aussi qu’il n’a pas vraiment eu la vie facile. Entre une mère absente et un père qui l’a abandonné, John Lennon a dû se construire seul ou presque. C’est un homme très égocentrique, qui pense être plus populaire que Dieu, mais sous cet aspect négatif, on peut voir que l’homme est sans cesse à la recherche d’amour, de soutien. Bref, on sort un peu de cette image sublime, mythifiée, et on se rend aussi compte qu’il fait aussi parti du commun des mortels.

 

La forme du livre est tout à fait intéressante, et évite ainsi de tomber dans une biographie trop conventionnelle, voire même plombante. Tout est raconté à la première personne et permet au lecteur d’entrer dans cette séance imaginaire. Le style de Foenkinos est plutôt discret par rapport à ces anciens livres. En effet, on ne rencontre pas cette pointe d’humour qui fait tout le charme de ses livres (bon d’accord, il aurait été difficile dans un roman comme celui-ci), ainsi que ses petites notes de bas de page qui m’ont souvent fait sourire… Malgré tout, j’ai aimé la plume de l’auteur. Elle reste très simple, très fluide, comme si on assistait réellement à une conversation. C’est un roman très intéressant qui permet de découvrir, je dirais même d’apprendre, quelques évènements marquant de la vie du groupe, de la vie de Monsieur John mais aussi quelques anecdotes plus ou moins intéressantes. C’est peut-être la seule critique que je pourrais me permettre : j’ai trouvé parfois quelques longueurs, quelques fioritures, mais ceci n’altère en rien la lecture.

 

 

En bref

David Foenkinos relève avec brio le pari fou de faire parler, revivre même, John Lennon à travers dix-huit séances de psychanalyse imaginées. Un retour dans le passé des Beatles, une pure merveille !

 

 

« C’est surement dans ces orgies qu’est né en moi le fantasme absolu d’une femme qui anéantirait de sa puissance toutes les autres femmes. Une femme qui dominerait mes désirs par un amour suprême. Une femme qui deviendrait la seule et l’unique. J’ai vue des filles drôles, piquantes, étonnantes, mais elles se mélangeaient toutes dans une multitude qui prenait l’allure du rien. Avec cette consommation excessive du néant, j’allais accumuler la frustration nécessaire qui ferait l’apparition de Yoko un ravage. »

 

 

J'ai lu, 222 pages, 2012

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 20:42

Ce livre, j'aurais pu passer devant des milliers de fois sans jamais le prendre simplement parce qu'il connait un tel engouement que j'en ai eu peur... Et puis ma meilleure amie me l'a vivement conseillé et j'ai craqué (encore!). Et finalement, je ne peux que la remercier pour ce très bon choix de lecture. Un jour est un coup de coeur... 

 

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv9745690.jpgDexter et Emma se rencontrent le 15 juillet 1988, après avoir fini leurs études. Ils arrosent leur nouvelle vie et finissent par passer une nuit ensemble. Et pourtant, tout oppose les deux jeunes protagonistes. Dexter est un jeune homme issu d'un milieu aisé, il est séduisant, arrogant et sûr de lui. Emma, elle, est d'origine modeste, engagée politiquement et peu sûre d'elle.

Le lendemain, au moment de se quitter, Emma et Dexter ont des difficultés à se séparer. Ils se rendent compte qu'ils sont certainement en train de passer à côté de quelque chose. Ils promettent donc de se revoir, le plus vite possible.

Pendant vingt ans, chaque année, ils vont se croiser, se séparer, s'attendre... Ils seront des amis, des amis hors du commun. Ils s'entraideront, s'épauleront, passeront des moments inouïs, difficiles... Ils vont aussi se détester, s'ignorer pendant des années... Mais jamais ils ne seront vraiment unis...

Et si cette date, cette rencontre marquait le début d'une grande histoire?

 

 

J'ai tout simplement dévoré ce livre, j'ai adoré, j'ai eu un véritable coup de foudre littéraire pour ce roman! 

Je dois avouer que l'écriture de l'auteur n'est pas grandiose. Elle ne m'a pas fait chavirée, elle ne m'a pas émue aux larmes. J'ai trouvé que ce roman présentait également quelques longueurs, parfois très inutiles (comme des descriptions de nourriture mexicaine)... Mais malgré tout, ce roman m'a complètement happée par son histoire. Il faut dire aussi que dans une période de partiels comme c'est le cas en ce moment, j'ai besoin d'un livre qui m'offre un moment de détente sans prise de tête. Avec Un jour, le pari est réussi! 

 

Les protagonistes du roman sont terriblement attachants malgré leurs défauts respectifs. Dexter est un garçon arrogant, trop sûr de lui, de son charme, trop fier. Malgré tout, sous ses apparences, Dexter va souffrir terriblement, et finalement, son tempérament va aussi permettre de le protéger.

Emma, elle, est une jeune femme trop peu sûre d'elle, très moraliste, un peu "pince sans rire". Mais malgré tout, on peut aussi voir que c'est une fille avec un coeur immense. Ses questions, ses contestations politiques m'ont parfois parlées. Et je dois dire aussi que parfois je me suis reconnue en elle, sous plusieurs apects.

Vous l'aurez compris, je me suis énormément attachée aux personnages, qui finalement ne semblent pas vraiment être des personnages sortis d'un livre. J'ai eu l'impression de voir des gens évoluer sous mes yeux, à chaque page. 

 

J'ai aimé également la forme de ce roman. Chaque 15 juillet, le lecteur a le droit à un bref résumé de leur journée, de ce qu'il s'est passé durant un an. Il s'agit là d'un procédé très novateur, très prometteur aussi, mais parfois un peu frustrant. Parfois j'aurais aimé en savoir plus... Mais on évite ainsi certaines choses inutiles, certaines longueurs. 

 

L'histoire, elle, est absolument magnifique. Je ne me suis jamais lassée de leur histoire, j'ai pleuré avec eux, j'ai rit avec eux. C'est un livre terriblement réaliste, prenant, émouvant. Mais attention, il ne s'agit pas pour autant d'un livre niaiseux, à l'eau de rose. Un jour est aussi un livre fortement additif: parfois, il m'était impossible de m'arrêter, malgré les heures qui passent, des choses à faire... Et une fois le livre fini, je ne peux pas vous expliquer la déception que j'ai connue... J'ai eu cette impression de quitter des personnes réelles et finalement, j'aurais voulu en avoir encore et encore...

 

 

En bref

Vous l'aurez compris, Un jour est un véritable coup de coeur, et ce malgré les grandes réticences que j'avais au départ. Le roman m'a happée par son histoire, par ses personnages qui semblaient si réels... Ne passez pas à côté d'Un jour.  

 

 

"Écrire des choses magnifiques. Chérir mes amis, rester fidèle à mes principes, vivre passionnément, totalement. Sans trop de difficultés. Essayer pleins de nouveaux trucs. Aimer et être aimée-si possible. Manger correctement. Ce genre de choses quoi."

 

 

10/18, 520 pages, 2012

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