Parce que la lecture est une passion qui se partage, il me fallait un univers bien à moi. Des livres, des Bandes dessinées, de jolies découvertes et quelques déceptions. Bienvenus dans la bibliothèque de Marion.
A la fin du premier tome, Abélard rencontre Gaston, un ours un peu bourru, ne croyant plus en l’amitié et qui désire, lui aussi aller en Amérique. Malgré les quelques réticences de Gaston, c’est ensemble qu’ils ont décidé d’effectuer ce périple.
Le second tome s’ouvre donc sur ce voyage que nos deux protagonistes s’apprêtent effectuer. Après avoir traversé le pays ensemble, Abélard et Gaston doivent se séparer. Gaston décide de travailler comme marin dans le navire. Mais pour Abélard, les ennuis commencent. Très vite, notre petit protagoniste prend conscience que cette traversée sera loin d’être tranquille. Ayant de grandes difficultés à embarquer, Gaston le prend à nouveau sous son aile et le fait embarquer clandestinement. A l’intérieur du bateau et durant toute sa traversée, Abélard et Gaston partagent la même chambre. Bien que ces personnages soient complètement opposés, une profonde amitié nait entre les deux personnages.
Abélard réussira-t-il à cueillir un bouquet d’étoiles ?
J’étais tombée sous le charme du premier tome… La danse des petits papiers avait été un coup de cœur, une petite révélation. Le second tome est tout aussi réussit !
Dans les premières pages, l’atmosphère est globalement poétique et légère et semble dans la parfaite continuité du premier tome. Gaston apporte une petite touche de gaité et de rires à cet univers, grâce à son tempérament bougon et nonchalant. Abélard, quant à lui, a su encore me toucher par ses questions, par son caractère candide. Bref, Abélard continue assez paisiblement sa quête initiatique.
Et puis, sans crier gare, c’est la désillusion, la fin de toute cette douceur, cette gaité, cette poésie. C’est la fin d’une fable optimiste. Abélard découvre le monde tel qu’il est, seul. La bêtise de l’Homme, mais aussi sa lâcheté, ses tromperies, son injustice, sa violence lui saute aux yeux. Il découvre leur profond mal-être, cette envie de trouver toujours mieux sans jamais y parvenir. Et notre petit poussin perd très vite sa gaité, sa joie, cette envie de partir à la découverte du monde. La moitié de l’album m’a d’ailleurs émue aux larmes. J’ai tourné les pages la gorge serrée, essayant de comprendre au mieux chaque leçon qu’il y a à tirer dans cette BD. Oui, Abélard est un concentré d’émotions qui nous fait passer des larmes aux rires, de l’optimisme au pessimisme, de l’espoir au néant.
Ces dessins épurés m’ont subjuguée par leurs couleurs, par leur réalisme. Le texte est encore meilleur dans ce second tome et je n’ai pas pu m’empêcher d’en noter quelques extraits tant ces phrases m’ont touchée, m’ont fait réfléchir.
En bref
Fable sombre, profonde et émouvante, Abélard me restera longtemps gravé en mémoire. Tout, absolument tout m’a plu dans ces deux albums. Un gros coup de cœur.
Chez Mango
Top BD de Yaneck : 20/20
Editions Dargaud, 64 pages, 2011