Parce que la lecture est une passion qui se partage, il me fallait un univers bien à moi. Des livres, des Bandes dessinées, de jolies découvertes et quelques déceptions. Bienvenus dans la bibliothèque de Marion.
Margaret Prior est vieille fille de la haute société anglaise, portant le deuil de son père. Au sein de sa demeure, il ne reste plus qu’elle, sa mère et leurs domestiques. Ainsi, afin de pallier à son ennui, elle rend régulièrement visite aux détenues de la prison de Millbank afin de leur apporter du réconfort, afin qu’elles puissent s’exprimer librement et afin qu’elle-même puisse se détacher petit à petit des jupons de sa mère. En effet, celle-ci ne lui laisse que très peu de liberté, et l’oblige à assumer sa vie de femme célibataire.
La prison détient des voleuses, des criminelles, des mères maquerelles, des femmes qui ont tué leur bébé… Alors bien sûr, ces visites font désordre chez les Prior qui ne comprennent pas les visites de Margaret et notamment l’intérêt qu’elle porte aux femmes incarcérées. Tous pensent que ces visites ne font qu’accentuer le profond mal être de la protagoniste. Très vite, cependant, Margaret se lie d’amitié avec la très renommée spirite Selina Dawes. Au fil des visites, Margaret et Selina deviennent de plus en plus proche et cette dernière est alors plus à même à parler de son histoire. Margaret découvre alors le spiritisme, se passionne même pour cette « science ». Elle entre petit à petit dans le monde de Selina et prend part à des séances de spiritisme, assiste à des apparitions d’objets et redécouvre le sentiment amoureux…
Cette lecture est très particulière puisque ce n’est pas le genre de livre que j’ai vraiment l’habitude et l’envie de découvrir… Cependant, avec notre petit « club lecture », le thème de l’Angleterre victorienne est tombé et il a bien fallu faire face. J’ai dû proposer un livre mais aussi en lire un, ce qui n’est pas vraiment simple lorsqu’on ne connait rien sur ce thème-là. Le bilan est mitigé…
Le roman fait alterner le récit de Selina Dawes retranscrit dans un journal intime, et celui de Margaret Prior, également retranscrit dans un cahier intime. Le style est très intéressant car on découvre les pensées les plus profondes des personnages. On en apprend également un peu plus sur la vie qu’elles mènent, sur la vie à l’époque victorienne (même si on en a qu’un vague aperçu). Le lecteur est enfermé dans trois espaces clos : la maison de Margaret (et plus particulièrement sa chambre), la prison de Millbank et l’ancien lieu d’habitation de Selina. Le tout forme quelque chose de très prenant, crée une ambiance très intrigante, voire même effrayante… Cependant, même si j’ai trouvé le style intéressant, j’ai mis un temps un temps inouï à entrer dans le livre à trouver une quelconque envie de le lire. J’ai trouvé le début de cette histoire très, très longue et je pense qu’un certain nombre de passages auraient pu être sautés, supprimés… Finalement, il arrive que le personnage de Margaret narre des choses qui n’ont aucun intérêt pour le roman, comme par exemple ses journées, ses errances. Du coup, la progression est longue, lente… Par contre, je dois reconnaître que la fin s’accélère, devient de plus en plus prenante. Au final, les deux cent dernières pages ont été plus que dévorées, lues en apnées. C’est bien dommage ! Il m’aura fallu près de 300 pages afin d’entrer pleinement dans ce roman.
J’ai particulièrement aimé le personnage de Margaret qui est réellement attachant. Mal dans sa peau, visiblement malade et au passé flou, on a très vite envie d’en savoir plus de comprendre réellement ce qui se passe dans sa tête. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’initiative de retranscrire le journal intime de Margaret est très intéressante. J’ai eu l’impression de découvrir une personne bien réel, avec ses problèmes, ses inquiétudes, ses sentiments… J’ai également aimé connaître le point de vue de la protagoniste concernant le monde qui l’entoure, concernant le milieu mondain. Les autres personnages qui entrent en scène dans ce roman son également bien brossés, bien détaillés.
J’ai trouvé l’écriture de l’auteur très impressionnante. Avec une plume assez soutenue et très bien menée, Sarah Waters offre à son lectorat des descriptions de taille sans trop s’attarder pour autant. Ainsi, j’ai eu l’impression de me promener moi-même dans cette prison, de la connaître dans le moindre de ses détails. J’ai apprécié également les descriptions concernant les costumes, les coutumes de l’époque... Sans grande hésitation, je dirais que l’écriture de l’auteur reste le point fort d’Affinités.
En bref
Avec une écriture foisonnante et bien menée, l’auteure nous entraîne dans le monde carcéral du XIXe siècle. Elle brosse ainsi le portrait de femmes dont l’histoire est tout à fait prenante, intrigante. Cependant, Affinités regorge de longueurs et ainsi, je n’ai vraiment apprécié que la fin que j’ai trouvé magistrale.
« Je n’ai jamais eu peur comme en ce moment. On m’a laissée dans le noir, avec rien que la lumière de la rue pour écrire. »
10/18, 522 pages, 2006