Parce que la lecture est une passion qui se partage, il me fallait un univers bien à moi. Des livres, des Bandes dessinées, de jolies découvertes et quelques déceptions. Bienvenus dans la bibliothèque de Marion.
Souvenez-vous, il y a un mois de cela, je vous parlais de cette seconde session de Livra'deux pour Pal'addict (voir ici) organisée par Livraddict. Marie Juliet avait ainsi choisi trois livres dans ma PAL donc celui-ci...
Je trouve difficilement le temps de lire en cette rentrée… Ma PAL s’allonge, mes envies de livres aussi, et j’ai plusieurs livres à lire impérativement (entre le club de lecture, dont je vous parlerais sûrement, les livres de cours, les challenges, et les lectures communes)… Voici donc un petit bilan catastrophique de cette rentrée et la raison pour laquelle je ne suis plus trop présente en ce moment… J’ai donc mis quelques semaines à lire La ballade de Lila K, livre dont Sarah m’a parlé et pourtant, je l’ai trouvé extraordinaire (dans tous les sens du terme !).
A l’âge de six ans, Lila est brutalement enlevée par des hommes en noir des bras de sa mère. Elle est alors conduite dans un centre à mi-chemin entre l’asile psychiatrique et la prison, dans un univers ou chacun de ses gestes est filmé par des caméras dissimulées derrière de grands miroirs et ce, jusqu’à son émancipation. Cependant, lorsque la petite fille arrive au centre elle ets polytraumatisée. Son passé est lourd : elle a été victime de maltraitance et de mal nutrition durant des années. Elle refuse ainsi de s’alimenter, est asociale, ne supporte pas la lumière et les contacts physiques, pique des crises de nerf effroyables… Lila est obligée de prendre des anxiolytiques et d’être nourrie par sonde. Son cas est complexe. Elle est donc prise en charge par le docteur Kauffmann, un professeur renommé mais provocateur, voire même anarchiste qui deviendra son tuteur. Avec le docteur Kauffmann, Lila réapprend petit à petit à vivre, et va à la découverte du monde. Le professeur lui donne également le goût des livres, le goût de la lecture, malgré les très fortes interdictions du ministère. Nous sommes, en effet, dans une société futuriste dans laquelle les livres sont formellement interdits ; on pense que le livre serait nocif à la santé car il serait porteur de germes, et donc, qu’il ne faut pas les toucher. Le papier est remplacé par des grammabook, sorte de tablettes tactiles.
Pourtant, à son émancipation, Lila choisi de travailler dans une bibliothèque… Elle pense que cet établissement serait le seul moyen de retrouver sa mère. Aidée de Justinien - un être hybride et employé de la bibliothèque - ils vont braver les interdits et Lila sera ainsi mise sur le chemin de sa mère.
Je ressors de cette lecture à la fois enthousiaste, car j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce livre et bouleversée par cette triste histoire… J’ai trouvé cette histoire tout à fait originale, même si, au premier abord, on peut penser que ce thème est déjà vu et revu. En effet, l’auteur intègre une dimension historique et sociétaire à son œuvre, ce qui le rend très innovent. Certes, je me suis fortement intéressée à l’histoire de Lila, mais je me suis également posé beaucoup de question sur cette société futuriste (l’histoire se déroule aux alentours de 2100). On entre en effet dans une société où chacun de nos gestes sont filmés, contrôlés un peu comme dans la société de « Big Brother ». L’alimentation, la sexualité, la santé, le travail, les animaux de compagnie… Tout, absolument tout, est passé au peigne fin… Cette dimension sociétaire et historique m’a fait froid dans le dos… Est-ce qu’on est si loin de cette société hypothétique ? Je me pose des questions sur cet avenir.
Bon, je dois bien vous l’avouer, j’ai été, au début, un peu gênée par le fait que je ne savais pas quand cette histoire se passait, ni où… Oui, ça peut paraitre bizarre de s’accrocher à un petit détail comme celui-ci, mais j’avais du mal à comprendre le décalage entre la société dans laquelle vit la petite Lila et la nôtre. Je me demandais si l’auteur réinventait la société d’aujourd’hui, s’il s’agissait d’une société futuriste, et même si tout ceci de déroulait sur la planète Terre… Ca m’a d’autant plus gênée que les premières dates apparaissent loin, très loin du début du roman… Mais finalement, je suis arrivée à passer outre ce détail, pour me concentrer sur l’essentiel de l’histoire. Et heureusement…
J’ai également trouvé que l’auteure a réussit avec brio à ne pas rendre son livre trop plombant. Seuls quelques passages sont vraiment difficiles à accepter, à lire, notamment lorsque Lila nous fait part de son dossier personnel, puis de celui de sa mère, ou lorsque l’on découvre que Lila a été nourrie à la nourriture pour chats. Je dois avouer que ces passages m’ont un peu rebutée, fragilisée. A côté de cela, on arrive parfois à sourire, voire même à rire des aventures de Lila. Il faut dire que, en grandissant, Lila devient de plus en plus cynique, ironique, face à la société dans laquelle elle vit et face à ses interdits. Elle considère ce monde de manière détachée, sans vraiment comprendre la manière de vivre des gens qui l’entourent. Elle ne fait que les imiter pour avoir l’air « normal », mais finalement où se trouve la normalité dans cette société ?
Le personnage de Lila, qui m’a au début rebutée par sa froideur, m’a finalement conquise. Très vite, je me suis attachée à cet être singulier, dotée d’une grande intelligence. Il faut dire que Lila est très touchante par son histoire, par ses inquiétudes, par ses angoisses. Les personnages secondaires qui l’entoure et qui l’épaule sont également très attachants, et amène une nouvelle dimension à l’histoire…
En bref
La ballade de Lila K est une petite merveille… Malgré certains passages délicats, le récit m’a enchantée par son aspect historique et sociétaire, mais aussi par l’histoire de la jeune protagoniste… Une belle découverte à lire sans modération !
« Je croyais toujours en lui, à sa promesse. Ca m’aidait à tout supporter : la vie dans le Centre, et celle qui m’attendait à la sortie. Lorsque je me tenais au bord du toit, à regarder la ville qui grouillait à mes pieds, vaste et multiple, presque infinie, je mesurais combien ce monde me terrifiait, combien je lui étais étrangère. Et j’avais le vertige à la seule pensée qu’il md faudrait un jour rejoindre cette vie qui n’était pas pour moi. Jamais je n’aurais eu le courage de l’affronter, je crois, si je n’avais eu ancré dans la poitrine, comme une fleur coriace aux racines puissantes, l’espoir de retrouver ma mère au milieu de tout ça. »
Le livre de poche, 355 pages, 2012