Parce que la lecture est une passion qui se partage, il me fallait un univers bien à moi. Des livres, des Bandes dessinées, de jolies découvertes et quelques déceptions. Bienvenus dans la bibliothèque de Marion.
J'ai continu ma passe de "je relis les livres qui m'ont marqués"... Après Fahrenheit 451, l'envie m'a prise de relire Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, offert par mon petit colocataire (oui restons dans l'anonymat), il y a quelque temps déjà, à l'occasion de mes 17 ans? de notre premier Noël? ... Je ne sais plus exactement. Il m'a souvent demandé, depuis que j'ai créé mon blog, pourquoi ce livre ne figurait pas dans mes chroniques... La réponse est simple, je ne chronique que les livres que je viens de terminer... Sinon ma mémoire me fait défaut... J'ai eu cet envie de faire figurer un livre remplit d'amour et d'espoir, offert par une personne qui m'est chère dans mon petit bazar...
Autrement dit, c'est l'un des livres dont je ne pourrais réellement me séparer...
Mathias a une trentaine d'année lorsqu'il perd sa mère, suite à une très longue maladie. Il redevient alors un petit garçon. Il est perdu, souffre de l'absence de sa mère, se sent impuissant. Mais tout bascule, lorsque dans les affaires personnelles de sa maman, il retrouve une petite horloge, arrêtée à l'heure même du décès derrière laquelle il est inscrit "Pour vous aider à combattre la mort: Giant Jack, passeur entre les mondes, médecine par les ombres, spécialiste des problèmes de vie malgré la mort" et puis un peu plus bas, "Contact: chantonnez Giant Jack is on my Back...". Mathias s'exécute, et il apparait alors devant lui un géant de quatre mètre cinquante, avec de jambes longues, en accordéon et des bras qui trainent au sol. Après avoir fait connaissance, Giant Jack propose à Mathias une ombre (qui sert de cocon), mais également des livres, une amitié, et un espoir de vivre encore même après la douleur...
Petit à petit, Mathias réapprendra alors à vivre, à croire, malgré le vide.
Malgré une second relecture, je retombe immédiatement sous le charme de cette écriture, de cette belle histoire, mais je retrouve également la même mélancolie que la première fois.
Dès les premières phrases, j'ai été émue aux larmes, une seconde fois, parce que l'auteur nous donne ses premières impressions, sans fioritures...Et puis après, il m'était difficilement possible de lâcher ce livre tant qu'il n'était pas terminé.
Selctionner quelques phrases qui m'ont touchées, émues, plues, se révèle être difficile... A vrai dire, il faudrait selectionner le livre entier tant l'écriture de Mathias Malzieu est poétique, tant les mots sonnent justes, et glissent avec une facilité et une douceur déconcertante... Pourtant, son écriture s'évère être assez proche de celle du langage parlé...
Mais ce livre ne se limite pas à une écriture qui touche... On passe très souvent du rire aux larmes... J'ai d'ailleurs éclaté de rire plus d'une fois alors que j'étais seule, ou bien entourée de personnes inconnues dans le tram (bon là, je me suis contentée de sourire...).
Le personnage de Mathias est très touchant... On perçoit aisément son désarroi, ce vide, cette tristesse, cette colère... Et puis, on voit aussi au bout d'un an, cette envie de revivre, de continuer à partager des moments avec son père... Cette sorte de renaissance...
Le personnage de Giant Jack quant à lui, apporte beaucoup de fantaisie à ce roman, que l'on pourrait qualifier de conte pour adultes. Il apporte des pointes d'humour, mais aussi des passages poétiques...
C'est assez déroutantde voir aussi que ce sont typiquement les même questions que je me suis posée lorsque j'ai perdu mon Papy... Où est tu maintenant? Est-ce que tu vas bien, mieux, maintenant? Et comment on fait pour imaginer la vie sans toi? A quoi elle ressemble la vie sans ta bonne humeur? sans ton sourire? Sans toi? Avec ce vide?
Sans forcément partager cette tristesse, on peut la comprendre, la sentir...
Le vide revient sans cesse... Comme ces moments dans le cimetière on l'on remplit le temps pour ne pas rester devant ce marbre qui nous reflète la triste réalité... Les mêmes envies apparaissent, sans qu'on puisse jamais vraiment les réaliser... La même colère qui nous pousse à dire "Allez revient quoi!"...
En bref
Même si ce n'est pas mon genre de relire deux fois un livre, celui la, tout comme très peu d'autres, je pourrais le lire et le relire, et le rerelire... J'aime cette poésie, cette douceur, cette triste réalité auquel l'auteur nous confronte... J'ai encore passé un très bon moment avec ce roman...
"Est-ce que ça va mieux, est-ce que c'est léger comme une bulle de laisser son corps juste là, tel un vêtement abîmé que l'on ne peut plus porter? C'est fini ce poids qui écrasait ton sourire? qui écrasait ton ventre, qui t'écrasait? Tu as pu t'échapper, dis? Avec ton sourire en poche maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi?"
J'ai lu, 151 pages, 2009