Parce que la lecture est une passion qui se partage, il me fallait un univers bien à moi. Des livres, des Bandes dessinées, de jolies découvertes et quelques déceptions. Bienvenus dans la bibliothèque de Marion.
Rien de tel qu’une petite lecture commune entre belles-sœurs… Vous pourrez donc voir l’avis de Sarah sur Rien ne s’oppose à la nuit ici.
J’ai acheté ce livre à ma maman pour sa fête sans raison particulière… Juste parce qu’elle aime bien lire et que celui-ci faisait beaucoup de bruit…. Son avis était assez mitigé… Et aujourd’hui, je comprends pourquoi.
Parce que je ne pense pas que c’est livre vraiment résumable, je préfère me contenter d’une quatrième de couverture.
« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »
Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.
Mon bilan de cette lecture est plus ou moins mitigé, et je pense que je serai bien incapable de vous dire si j’ai aimé ou pas. Ce livre ne m’a pas laissée indifférente, non, loin de là. Mais pour tout vous dire, j’ai été tentée d’arrêter ma lecture en plein milieu tellement celle-ci me perturbait psychologiquement. Me voilà donc le soir en train d’expliquer à mon petit colocataire, d’une voix tremblotante, toutes les péripéties de cette famille allant de la mort des frères de Lucile, la dépression, les secrets de famille, les relations incestueuses et j’en passe…
Un passage m’a certainement donné une très forte envie d’abandonner : la première crise de folie de Lucile. Là, vraiment, ce passage m’a complètement bouleversée, je ne savais plus s’il fallait que j’aille plus loin, si je devais pleurer ou pas, comment réagir face à cela… Les propos étaient trop violents, trop durs pour moi.
Certaines fois également, je me suis demandée si ces propos n’étaient pas de la fiction tant cette histoire familiale me semblait énorme. Pourtant, je pense aussi que dans toutes les familles « rien n’est tout beau tout rose ». Il y a toujours des choses passées sous silence qui feront leur apparition plus tard, des malheurs que l’on ne peut expliquer, une suite (logique) de décès (illogiques), des drames, des cris, des pleurs, des tentatives de suicides, …
Malgré tout, je pense que c’est un livre courageux et nécessaire pour l’auteure. Nécessaire parce qu’il lui permet d’expliquer, de mettre au clair certains points de l’existence de Lucile. Il lui permet certainement aussi de raconter ce qu’elle a vécu en tant que fille.
Ce livre est également, je pense, une très grande preuve d’amour envers sa mère, car l’auteure cherche réellement à comprendre comment Lucile a pu en arriver là. Delphine de Vigan a fait beaucoup de recherches, et certains chapitres entiers expliquent comment elle a effectué sa démarche, les différentes documents qu’elle a pu analyser, lire, écouter, rechercher. Elle a interrogé ses oncles, ses tantes, les amis de Lucile, sa sœur (Manon), … Elle exprime également son ressenti et le ressenti des autres face à ce livre. Ces courts chapitres ont été pour moi comme des petites pauses intégrées au sein du récit et elles m’ont permises de « me reposer psychologiquement » de cette lecture intensive.
Je me suis également sentie parfois assez mal à l’aise à l’idée de lire cela. J’ai un peu eu parfois cette impression de « lecteur voyeur » qui s’immisce dans une vie qui n’est pas la mienne, et qui ne me regarde en rien, et c’est l’une des choses qui m’a réellement gênée dans ce livre. Finalement, quelle est vraiment la place du lecteur dans cette histoire ?
Malgré ce bilan pour le peu mitigé, j’ai été complètement happée par cette écriture, et il m’a très souvent été difficile d’en sortir et ce, dès les premières pages. Je crois que j’ai été complètement fascinée par Lucile, comme beaucoup d’autres d’ailleurs. Je me suis retrouvée à lire dans le tramway, dans le métro, le soir en rentrant des cours, le matin en attendant que mon prof arrive, … J’ai ainsi retrouvé ce rythme de lecture qui me convient tant où la télévision n’existe plus, ou seul le roman que je suis en train de lire me passionne.
C’est assez paradoxal, mais ce roman m’a complètement passionné ! Il m’a émue plus d’une fois, m’a fait versé quelques (beaucoup ?) de larmes, m’a également fait réagir ou même sourire. La première partie du roman (qui relate sur l’enfance de Lucile) est certainement la partie qui m’a le plus plu. Peut-être parce que la seconde partie a été trop assommante pour moi.
Encore une fois, l’écriture de l’auteure est belle, simple, va droit au but, mais elle est aussi puissante. Je pense que c’est l’une des particularités de Delphine de Vigan que j’admire par-dessus tout.
Malgré tout, je pense que Delphine de Vigan est réellement l’auteure qu’il me faut, même si ce livre n’a pas eu un avis aussi enthousiaste que les deux autres que j’ai pu lire.
En bref
Impossible d’avoir un avis réellement tranché sur ce livre, tant celui-ci m’a bouleversée, émue, mais aussi dérangée. L’écriture de l’auteure est touchante, juste, comme à son habitude. A découvrir néanmoins.